La confiance, cette méconnue (1)

« La confiance est vue comme une attente de la part des individus, attente portant sur la fiabilité des paroles, promesses, dires écrits ou verbaux d’un autre individu »(2)

Le concept de confiance couvre un champ de recherche que je ne soupçonnais pas être si vaste. Antonio Genovesi (1713 – 1769) utilise le concept de fede publica – foi publique ou confiance publique. Et Genovesi de préciser que la fede publica est le point de départ pour toute activité économique et une condition préalable essentielle pour le développement des marchés.

Les RP mettent en jeu deux acteurs : le relationniste, trustee (du verbe to trust, faire confiance) et le public cible, trustor.

Toute l’activité économique repose sur cette notion de confiance, si difficile à obtenir ou à donner et si vite perdue ou enlevée. Par contre c’est l’essence même de notre subsistance : sans confiance, pas de survie. Faire confiance, c’est prendre un risque. Pour le trustee la confiance devrait être considérée comme une ressource sociale à acquérir et un prérequis essentiel à tout type d’échange (achat, vente, vote, service). Pour le trustor elle est toujours associée à un risque et à une attente. L’existence de la confiance ne peut jamais être présupposée ou être considérée comme définitivement admise.

L’action de chaque acteur est marquée par une certaine insécurité, en raison d’une incertitude quant au comportement des autres acteurs. La confiance ne produit pas de la certitude, de la sécurité, mais elle produit une réduction de l’univers du risque par une action sélective. La confiance est un mécanisme rationnel étant donné qu’elle rend possible la poursuite d’une action mais elle est basée sur une décision fondée sur une information incomplète (ce qui crée l’incertitude, le risque).

L’empathie est une condition primordiale de la confiance, en ce sens ou sans écoute, sans compréhension des sentiments de l’autre, sans identification avec les désirs et les intentions de l’autre (le public cible concerné) il est impossible d’espérer une relation de confiance. (3)

Et enfin pour vous divertir un peu, une petite histoire à méditer sur l’importance vitale de la confiance :

Tzeu koung interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître répondit : « Celui qui gouverne doit avoir soin que les vivres ne manquent pas, que les forces militaires soient suffisantes, que le peuple lui donne sa confiance. » Tzeu koung dit : « S’il était absolument nécessaire de négliger une de ces trois choses, laquelleconviendrait-il de négliger ? – Les forces militaires », répondit Confucius. « Et s’il était absolument nécessaire d’en négliger encore une seconde, dit Tzeu koung, quelle serait-elle ? – Les vivres, répondit Confucius, car de tout temps les hommes ont été sujets à la mort, mais sile peuple n’a pas confiance en ceux qui le gouvernent, c’en est fait de lui. » (Lun yu, les Entretiens de Confucius XII.7.)

1)     Texte inspiré de : Économie et confiance La confiance : un facteur indispensable, mais complexe Par Guy Schuller.

2)     Anne-Marie Gagné, « La confiance et le soupçon. Faire des relations publiques à l’ère de l’entreprise « responsable » (paragraphe 15, p.7) http://communication.revues.org/index2451.html

3)     Au-delà de l’empathie, cultiver la confiance : clés pour la rencontre interculturelle de Gérard Marandon.

A propos rigotier

Retraité administrateur dans plusieurs Organismes sans but lucratif (OSBL)
Cet article, publié dans Travaux étudiants, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s