Le 22e Marathon de Montréal : une organisation rock’n’roll

Le 23 septembre dernier a eu lieu le 22e Marathon de Montréal, dans le cadre des Rock’n’Roll Marathon Series, un événement de la rentrée de plus en plus couru (!) puisque l’édition de cette année a rassemblé 27 000 coureurs. Malgré ce chiffre impressionnant, la réputation de cette manifestation a été entachée par le dossier des dossards.

Marathon Montréal 2012

« Le marché noir des dossards » tel qu’évoqué dans les médias, a mis en lumière le phénomène grandissant de la revente de dossards de participants. En résumé, les coureurs inscrits au 10 km, au demi-marathon ou au marathon qui, pour diverses raisons, ne pouvaient participer à l’événement, décidaient alors de revendre leurs dossards. Au-delà du caractère frauduleux de la démarche, les conséquences pouvaient être bien graves. Pour Bernard Arsenault, instigateur du Marathon de Montréal : « L’échange de dossards et de courir sous un faux nom, je ne dis pas que c’est illégal, je dis que c’est extrêmement dangereux » (archives vidéo TVA Nouvelles, le 21 septembre 2012, Marathon Oasis: des dossards désirés à la min 1:26).

C’est en effet un acte dangereux car le participant inscrit signe une décharge précisant d’éventuels problèmes de santé. Pour pallier à cette difficulté, une carte d’identité était donc exigée, cette année, à la remise des dossards. Une réponse bien faible pour contrer le problème.

Dans l’émission radiophonique de Radio-Canada, Désautels, le chroniqueur Jean-Patrick Balleux analysait le phénomène (Le marché noir des dossards, émission diffusée le 21 septembre 2012). En entrevue avec Dominique Arsenault, la porte-parole du comité organisateur du Marathon de Montréal, celle-ci confirmait que « pour cette année, on ne fait rien mais on va se pencher sur le problème bientôt (…) mais je ne pense pas que jusqu’à un certain point cela va pouvoir être réglé totalement ».

Du point de vue des communications, la réponse est un peu simpliste. Comment la porte-parole d’un événement de si grande envergure peut-elle admettre l’inaction de son équipe alors que le phénomène n’est pas nouveau et qu’il existe des solutions ?

Pour leur défense, Dan Cruz, responsable du marketing à Competitor Group, promoteur de la course, indiquait « nous faisons de la surveillance sur l’Internet. Nous essayons de cibler les vendeurs (sic) [comprendre les coureurs] pour les sensibiliser lorsqu’ils viendront s’identifier le jour de la course ». Au-delà, les moyens sont limités. « Nous sommes victimes de notre succès », reconnaît-il. Je vous invite à lire, en ce sens, l’article publié dans La Presse, sous la plume de  Gabrielle Duchaine, Le marché noir du marathon (le 21 septembre 2012).

Même si les organisateurs n’ont pas de solution immédiate, cela ne signifie pas qu’il n’en existe pas. Le Marathon d’Ottawa, par exemple, permet les annulations d’inscriptions et dispose d’une liste d’attente pour les participants retardataires.

En conclusion, il est clair que la revente des dossards n’est pas apparue, aux yeux des organisateurs du Marathon de Montréal, comme un enjeu ou une difficulté à laquelle il fallait impérativement trouver une solution ; leurs communications nous l’ont démontré. Il faut espérer que cela s’arrangera en 2013 car il en va de la réputation de cet événement…

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2 commentaires pour Le 22e Marathon de Montréal : une organisation rock’n’roll

  1. ksusel dit :

    Ton billet est intéressant et a piqué ma curiosité à l’égard des règlements actuels qui régissent le Marathon de Montréal et la communication de ces derniers. J’ai été surprise de ne trouver aucune mention sur le site web de l’événement. Je crois qu’il aurait été bénéfique pour les organisateurs du marathon d’élargir leur veille aux pratiques mises en place dans ce type d’événement ailleurs dans le monde. Les règlements entourant le Marathon de Paris, par exemple, sont publiés sur leur site web. Ils sont clairs quant à la revente de dossard, il s’agit d’une pratique prohibée. Il en va de même pour le Marathon de New-York, où les règlements stipulent qu’un participant sera disqualifié, voire même exclu de toute participation future, s’il utilise le dossard assigné à un autre coureur.

    • Merci Karine pour ton commentaire ! Il est vrai que les organisateurs du Marathon de Montréal n’ont pas complètement assuré leur responsabilité. Bien qu’ils aient admis ne pas être en mesure de trouver une solution immédiate (la franchise et l’honnêteté a un petit goût de fraîcheur en ces temps de Commission Charbonneau), ils n’ont, semble-t-il, pas cherché à trouver une solution préalable au problème. Si Montréal veut se montrer à la hauteur des grandes villes (New-York et Paris étant de bons exemples) dans l’organisation d’un tel événement, il va falloir qu’elle fasse sérieusement ses devoirs …

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