Autoroute de la malbouffe

Alors que Québec tente de faire la lutte à l’obésité chez les jeunes, un nouveau projet de construction, sur la Rive-Sud de Montréal, sème la colère chez des enseignants du niveau secondaire.

Le projet commercial dont il est question est situé en bordure de l’autoroute 30 dans la région de Châteauguay. Attendu depuis plus de 40 ans, ce projet d’envergure laisse miroiter aux citoyens une importante croissance économique pour la région. Outre la cinquantaine de magasins qui y ouvriront leurs portes, de nombreux restaurants-minute y seront logés. À première vue ce projet peut paraître sans faille, or le problème réside dans le fait que plusieurs écoles se trouvent à proximité de ce qui devrait s’appeler Le Faubourg Châteauguay.

Alors qu’un jeune sur quatre souffre d’obésité et que la chasse à la malbouffe bat son plein dans les cafétérias, il est insensé de voir des restaurants de fast food élire domicile à proximité d’écoles secondaire. À défaut d’avoir une poutine à l’école, les élèves de la polyvalente n’auront qu’à traverser la rue afin d’en savourer une. N’est-il pas contradictoire d’exposer les jeunes aussi gratuitement à des temples de la malbouffe à moins d’un kilomètre à la ronde?

  • Selon une étude américaine, la présence de restaurants rapide à moins de 160 mètres d’une école engendre une hausse de 5,2% du taux d’obésité chez les élèves.
  • Dans le grand Montréal, y compris les banlieues sud et nord, 75% des écoles primaires et secondaires ont au moins un restaurant qui offre du fast food à moins de 1 km.

C’est ce que plusieurs enseignants, dont un éducateur physique de l’école secondaire Louis-Philippe-Paré, tentent de dénoncer auprès des instances concernées. Ils y voient un étrange paradoxe et craignent qu’en libérant le réseau routier de la métropole, on contribue à bloquer davantage les artères des jeunes. À cet effet, plusieurs études font un lien entre l’exposition au fast food et l’absorption de gras calorique.

Rappelons qu’il y a quelques années, le ministère de l’Éducation du Québec a exigé le retrait des frites et de tout autre aliment graisseux dans les cafétérias des établissements scolaires. Les dirigeants de ces mêmes cafétérias voient l’arrivée de ces chaînes de restauration rapide comme de la concurrence déloyale. Déjà qu’ils peinent à offrir des repas santé à prix modique, et que le nombre de repas servi dans une journée a drastiquement chuté, l’approche de ces restaurants n’augure rien de bon.

Si on veut que les jeunes gardent de bonnes habitudes alimentaires, ne devrait-on pas leur donner l’exemple et les encourager à se tenir loin de la tentation?

http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201210/21/01-4585547-ecoles-ciblees-sur-lautoroute-de-la-malbouffe.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_education_563_section_POS1

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4 commentaires pour Autoroute de la malbouffe

  1. Un billet qui porte sur l’obésité chez les jeunes est toujours intéressant car il oblige le lecteur à se questionner, voir à se positionner sur un sujet qui touche particulièrement les sociétés riches contemporaines. Néanmoins, il n’est pas évidemment, ici, de déceler le(s) lien(s) avec les relations publiques.

    Parmi les questions qui pourraient être soulevées pour rétablir le lien avec les RP, on retrouve :
    – De quelle manière les écoles réagissent-elles face à ce problème ? Comment l’intègrent-elles dans leurs communications (internes et externes) ?
    – Quelle méthode est utilisée par le gouvernement du Québec pour rassurer la population face au problème de l’obésité chez les jeunes ?
    – Quels moyens le gouvernement utilise-t-il pour faire passer ses messages ? Est-ce efficace ?

    Il faut savoir qu’une Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 menée par l’Institut de la statistique du Québec vient d’être rendue publique : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/eqsjs.htm
    Malheureusement cela n’a pas eu beaucoup d’écho dans les médias. Une dernière question : pourquoi ce désintérêt des médias et de quelle manière un relationniste pourrait agir pour « renverser la vapeur » ?

  2. Pour répondre à votre dernière question Michel, je dirais que nous devrions encourager les jeunes à adopter de bonnes habitudes alimentaires en commençant par bien les éduquer sur le sujet et en leur donnant l’exemple à la maison. Selon moi, que l’adolescent ait accès plus facilement à la malbouffe n’est pas la source du problème. Si le jeune comprend bien pourquoi c’est préférable de s’alimenter sainement, il sera moins tenté d’aller manger dans ce type de restaurant, et ce, malgré leur proximité.

    Cependant Michel, je suis en accord avec les propos de Virginie. Avez-vous une question encore plus précise concernant les relations publiques et la construction de cet établissement à proximité d’une école secondaire à nous poser ?

    Comment par exemple, « L’agence de la santé publique du Canada » pourrait-elle élaborer une nouvelle stratégie de communication, afin de mieux gérer ce grand débat public ? Comment faire pour que le message clé de cette nouvelle « démarche fictive » soit bien reçu par toutes les parties en cause ? Les villes peuvent-elles agir autrement ? Les restaurateurs peuvent-ils mieux faire entendre leurs opinions ? Les écoles peuvent-elles élaborer des campagnes de sensibilisation à l’interne et à l’externe, pour contrer le problème de la malbouffe ? Comment aider stratégiquement le porte-parole de chaque partie appelé à témoigner publiquement, à mieux défendre ses arguments ?

    Voici deux autres articles intéressants parus dans « La Presse » au sujet de ce débat :

    http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201210/22/01-4585575-malbouffe-et-ecoles-les-villes-peuvent-agir.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4585547_article_POS1

    http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201210/22/01-4585582-malbouffe-et-ecoles-les-restaurateurs-se-defendent.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4585575_article_POS2

  3. michelelava dit :

    Au Québec la lutte à l’obésité est entamée depuis quelques années déjà. Autant la population, le gouvernement que les institutions scolaires sont impliqués dans l’apprentissage d’une meilleure alimentation chez les jeunes. Bien que l’apprentissage des bonnes habitudes alimentaires commence à la maison, les jeunes fréquentent l’école cinq jours par semaine, et ils n’ont pas toujours un ‘’lunch’’ qui contient les quatre groupes alimentaires…
    Je crois que dans cette situation il existe plus d’un élément susceptible d’interpeller un relationniste, les points que tu soulèves, Virginie, sont effectivement des enjeux relationnels.
    Pour répondre à votre question les filles, pour ma part l’enjeu qui m’interpelle le plus, est de savoir si on va favoriser le développement économique d’une ville au détriment d’une éducation alimentaire chez les jeunes qui seront exposé à de la malbouffe à tous les jours. Le côté relationnel qui m’intéresse, est de savoir comment les promoteurs, les dirigeants de la municipalité et les écoles en viendront à trouver un terrain d’entente tout en gardant en tête l’enjeu central de ce conflit, soit le maintient d’un programme gouvernemental instauré depuis près de 10 ans. Les bonnes habitudes alimentaires sont très difficiles à inculquer aux jeunes, les écoles ont dues se ranger du côté du gouvernement en ce qui à trait à la lutte à l’obésité. Des programmes d’apprentissage concernant de saines habitudes alimentaires ont été implantés dans les écoles, mais est-ce suffisant? La ville de Châteauguay fait face à un enjeu de taille, comment gèrera-t-elle cette crise? Préconisera-t-elle son développement économique, ou se rangera-t-elle du côté d’une politique gouvernementale? Voilà ce qui est, selon moi, un enjeu relationnel dans cette problématique.

    MICHÈLE

    • Merci Michèle pour ta réponse à nos commentaires. J’insiste sur le fait que le programme gouvernemental de lutte à l’obésité, bien que mis en place depuis près de 10 ans, ne semble pas suffisant pour minimiser le problème. Les questions que tu soulèves concernant plus spécifiquement la ville de Châteauguay m’apparaissent ici beaucoup mieux axées sur les RP. Il est indéniable que les informations qu’elle diffusera à ce propos auront un impact sur ses priorités : santé publique ou économie ? voilà bien un dilemme difficile à trancher pour nos dirigeants …

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