Lorsqu’une blague génère de l’emploi en relations publiques…

          

             À la suite d’une blague corrosive au sujet de Marie-Élaine Thibert, l’humoriste Guillaume Wagner a réalisé que les médias sociaux peuvent grandement influencer son métier. Une controverse sur la twitosphère, la blogosphère, sur Facebook et dans les journaux, s’est vite créée autour de cette blague, citée hors du contexte de son spectacle. Tout un chacun, y compris Mme Thibert, y donnait son opinion. L’humoriste a donc choisi de retirer sa blague.

L’affaire est intéressante à analyser du point de vue des relations publiques. Je vous invite d’ailleurs, à aller lire le billet de Mélanie Guénette qui se questionne, elle, à savoir si les humoristes devraient avoir recours à des relationnistes, avant de présenter leurs blagues. Si tel était le cas Mélanie, je proposerais alors que l’on nomme ce genre de nouveau poste : le « script-relationniste » ! Vive la création d’emplois !

Voici justement ce qui interpelle, de mon côté, la future relationniste en moi : les nouveaux emplois créés suite à ce genre de polémique web. L’impact des médias sociaux est tel que les humoristes se censurent et se rétractent de plus en plus souvent, après coup, sous la pression de la population en ligne. Est-ce que ce genre de controverse 2.0 sur les réseaux sociaux peut concrètement donner de l’emploi à des relationnistes ? La réponse est oui !

Expert en médias interactifs à la rescousse

Le 24 octobre dernier, Guillaume Brunet, spécialiste en médias interactifs, a été invité aux côtés de Louise Richer, directrice de l’École nationale de l’humour, à l’émission Salut Bonjour sur le réseau TVA. Ils y étaient à la suite de cet événement, pour discuter de la pratique de l’humour au Québec à l’ère des médias sociaux ; Wagner n’étant pas le seul humoriste ayant gouté à l’instantanéité du web dernièrement. Il y a eu également Laurent Paquin, Rachid Badouri et Étienne Dano.

Lors de cette entrevue, la discussion fut entamée grâce à un article paru dans le Journal de Montréal, faisant référence à l’impact des réseaux sociaux dans cette affaire. M. Brunet a affirmé que dans ce cas-ci, les médias sociaux ont à la fois desservi et servi l’affaire Wagner/Thibert, puisque le règlement de cette mésentente fût extrêmement rapide. En une journée, l’affaire a été résolue sur le web !

Se spécialiser en médias sociaux : une excellente idée

              Il y a quelques semaines, bien avant ces événements, un article sur le site Infopresse indiquait que l’École nationale de l’humour allait amorcer une collaboration avec Substance Stratégies, la boîte où travaille Guillaume Brunet, afin d’élaborer sa stratégie de médias sociaux. Signe que même les établissements artistiques feront de plus en plus appel à des experts en médias interactifs.

La leçon à en tirer pour nous ? L’impact grandissant et puissant des médias sociaux ouvre réellement la porte à de nouveaux emplois spécialisés. Le site Internet O1net.com, un site fort intéressant, donne des exemples détaillés de six nouveaux métiers en vogue, reliés au web. Choisir de se spécialiser en médias interactifs peut donc être une excellente idée pour un relationniste. De nouveaux postes continueront de se créer autour de la webosphère. Il y a déjà les gestionnaires de communautés, il y aura maintenant des experts-conseils qui seront même appelés à aller commenter à la télévision.

Précision importante

Loin de moi, l’idée qu’une telle controverse soit souhaitable, afin de nous créer de l’emploi. La chose étant qu’elles existent et que des spécialistes (nous) seront de plus en plus appelés à intervenir pour gérer et analyser ce genre de crises. Une blague peut donc réellement créer de l’emploi en relations publiques !

Est-ce que de vous spécialiser en médias sociaux vous a déjà traversé l’esprit ?

Est-ce une option envisageable dans votre plan de carrière ?

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A propos martinelecuyer

Étudiante en relations publiques à l'Université de Montréal en 2012.
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3 commentaires pour Lorsqu’une blague génère de l’emploi en relations publiques…

  1. LOUISE LESSARD dit :

    Concrètement, si tu avais été consultante auprès de Marie-Élaine Thibert, quelle stratégie aurais-tu avancée?

    • D’abord, sachez Mme Lessard, que je n’ai aucun parti pris dans cette controverse. Je crois que Mme Thibert a tout à fait le droit d’être touchée et que Guillaume Wagner a le droit de donner dans un style d’humour corrosif. Le but ici n’est pas de savoir si la blague était bonne ou mauvaise ou si monsieur Wagner est allé trop loin ou non.

      Je vais donc, suite à votre excellente question, tenter de me projeter un peu; j’accepte de jouer le jeu…

      Alors, en tant que « relationniste spécialisée en gestion de crise », voici le plan stratégique que j’aurais proposé en réunion, avant de publier la lettre de Marie-Élaine Thibert sur sa page Facebook :

      1.) Tout d’abord, comprenez que vous avez le droit d’être choquée, Mme Thibert. Une telle
      blague, hors de son contexte, fait effectivement de la peine.
      2.) On va maintenant prendre le temps d’analyser les choses. On va aller voir le spectacle en
      question pour entendre ladite blague dans son vrai contexte ou plutôt, envoyer quelqu’un
      voir le spectacle. Est-ce possible à l’interne de demander un extrait à l’équipe de Guillaume
      Wagner?
      3.) Vous êtes encore sous le choc? D’accord. Il serait préférable de se poser ensemble
      quelques questions avant d’agir publiquement.

      Exemples de questions à soulever :

      – Quel est le contexte réel de cette blague dans le spectacle de Guillaume Wagner?
      – En connaissant le vrai contexte de ladite blague, est-ce que c’est toujours justifié de réagir?
      – Doit-on absolument réagir publiquement, puisque l’affaire est sortie dans les médias suite à l’article de Sophie Durocher?
      – Ce n’est pas la première blague au sujet de Marie-Élaine Thibert de la part d’un humoriste; pourquoi celle-ci dépasse les limites acceptables?
      – Cet humoriste fait-il souvent des blagues sur Marie-Élaine Thibert?
      – Quelle est la définition d’intimidation?
      – Ne devrions-nous pas contacter tout d’abord, l’équipe de Guillaume Wagner et nous entretenir avec le principal intéressé?
      – Est-ce préférable de réagir à l’interne plutôt que de réagir publiquement et d’alerter toute la population en ligne?
      – Y a-t-il un moyen de s’entendre à l’interne avec M. Wagner pour qu’il retire sa blague?
      – Est-ce que d’écrire une lettre d’indignation sur le web fera avancer l’affaire ou l’envenimer?
      – Est-ce qu’en dénonçant cet acte sur le web, on le fait en tant que porte-parole de tous les artistes qui font rire d’eux?
      – L’affaire fera-t-elle couler encore plus d’encre si nous y réagissions?
      – Quel est notre souhait ultime? Des excuses et le retrait de la blague du spectacle?

      Peut-être que tout cela a été fait avant la publication, je ne le sais pas. C’est toutefois le genre d’actions que j’aurais proposées. Il est selon moi, primordial de se poser toutes ces questions avant d’agir publiquement sur les réseaux sociaux, puisqu’on le sait, ils sont très puissants. C’est réglé et on en parle encore! Comme je ne connais pas tous les détails internes, je ne peux pas réellement me prononcer sur la décision finale de l’équipe. Cela semble juste de la part des deux parties. Il y a eu des explications et une entente. Le point positif de cette lettre dénonciatrice sur la page de Mme Thibert est sans doute la rapidité à laquelle l’affaire fût réglée. Les médias sociaux auront servi à cela dans cette histoire. (*Voir les propos de Guillaume Brunet, spécialiste en médias interactifs, à Salut Bonjour dans mon billet ci-haut.)

      Les personnalités publiques sont susceptibles de faire parler d’elles en bien, mais malheureusement en mal aussi. Leur nom est facile à citer. Ce sont des têtes de Turc faciles. L’émission Piment Fort a surement fait mal à l’égo de plusieurs artistes québécois. RBO a certainement fait verser quelques larmes à des artistes dans leur salon. Les artistes imités lors des « Bye-Bye » ont sûrement tous des petits pincements au coeur, lorsque le jour J arrive. Il faut en prendre et en laisser; j’imagine que c’est le contrepoids du succès. La blague de Guillaume Wagner concrétise au moins une chose de positive : effectivement, Marie-Élaine Thibert est très, très aimée du public… et par moi la première!

  2. Emilie Dumas dit :

    Il s’agit-là d’une question bien intéressante à soulever. Il est effectivement possible que ce genre de polémiques pousse les artistes à chercher à réellement bien comprendre l’impact des médias sociaux sur la pratique de leur métier. Ils ont tout avantage à développer de fines connaissances quant à l’utilisation de ces nouvelles plateformes afin d’en tirer profit au maximum. Il serait assurément bien pertinent qu’ils s’adjoignent les services de relationnistes qui sauront les guider dans leurs démarches. J’abonde donc dans le même sens que vous, Mme Lécuyer.

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