Les conseils d’une relationniste en herbe

Dans un contexte de restrictions budgétaires, les Centres de Santé et des Services Sociaux (CSSS) doivent trouver comment soigner toujours plus de gens avec moins de personnel. La firme Proaction propose l’implantation de nouvelles méthodes de travail. Mais les employés se plaignent que leur travail devient inhumain.

Dans le journal La Presse du 3 novembre dernier, la journaliste Sara Champagne présente deux mondes en opposition : celui des affaires (contrats de 12 millions de dollars, temps maximal alloué à une tâche, division du travail) et celui des hommes (professionnels dévoués, personnes âgées).

Le contraste est frappant et il menace l’image de Proaction.

En répondant aux questions de la journaliste, Denis Lefebvre, président de l’entreprise, a peut-être oublié qu’il s’adressait aussi à ses publics : les gestionnaires de CSSS et leurs employés. En tant que future relationniste, j’ai relevé quatre points que je qualifierais d’erreurs :

• Parler ouvertement du manque de formation des cadres de CSSS en matière de gestion de personnel. Ces propos peuvent être humiliants. Or, M. Lefebvre a besoin de l’appui de ces mêmes gestionnaires pour que les changements qu’il propose aboutissent à un succès.

• Évoquer ce manque de formation juste après avoir souligné la bonne volonté du personnel de première ligne. Le contraste entre personnel dévoué et gestionnaires incompétents risque d’alimenter les tensions dans le milieu.

• Accuser le personnel de « résistance au changement ». Il aurait été préférable d’utiliser des propos encourageants comme « période d’adaptation nécessaire ».

• L’expression « courbe émotionnelle à la hausse » laisse une impression de mépris. « Je comprends que le virage que nous proposons représente tout un défi » me semblerait plus adéquat.

Les propos du président de Proaction manquent d’empathie. J’y vois plus qu’une simple maladresse. Cela sème le doute sur la pertinence de la méthode qu’il propose d’appliquer à un secteur où on s’occupe de personnes vulnérables. Assez pour que le nouveau ministre de la santé, le Dr Réjean Hébert, promette d’étudier la question.

Cet article, publié dans Travaux étudiants, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s