Crowdsourcing : quand la foule devient le public

crowdsourcingCela fait déjà quatre ans que Starbucks réalise son initiative My Starbucks Idea  afin de susciter des idées pour améliorer ses produits, ses services et sa performance en général.

My Starbucks Idea  fonctionne comme une boite où tous les clients de Starbucks peuvent partager leurs idées. C’est un mini réseau social qui compte actuellement plus de 180,000 utilisateurs enregistrés. Plus de 80,000 idées ont été soumises, dont plus que 500 ont été réalisés.

Dell Idea Storm a commencé encore plus tôt, en 2007. Cette initiative a suscité des idées pour améliorer les produits Dell. Dans les cinq ans, IdeaStorm a reçu près de 15 000 propositions qui ont conduit Dell à faire environ 500 améliorations. L’idée la plus célèbre qui s’est produite de cette initiative est le système opérationnel Linux. Ce printemps, Dell a modernisé la plate-forme et a annoncé son engagement à maintenir en place l’initiative.

Le «crowdsourcing» est donc devenu une réalité de notre vie,  de la même façon que les réseaux sociaux.

Franchement, je suis douteuse par rapport aux valeurs des idées générées par crowdsourcing. Selon moi, crowdsourcing est tout d’abord un outil des relations publiques qui sert à mener les publics vers ton entreprise. En tout cas, les avantages ne peuvent pas être sous-estimés. Dans le monde du web 2.0, c’est devenu plutôt une méthode d’interagir avec le public et de l’engager.

Il y a quelques techniques de crowdsourcing qui peuvent animer l’interaction des entreprises avec ses publics sur le Web et qui aident à transformer les foules en publics.

  • Crowdvoting

Crowdvoting est un vote en ligne qui permet de collecter les avis et les jugements du public sur un sujet donné. Les différents palmarès sont similaires aux sondages, mais sont beaucoup plus légers et amusants pour le public à participer.

  • Creative Crowdsourcing/ Un concours des idées

En ce moment, sur la page Facebook de Heineken une compétition de design se développe pour la nouvelle bouteille. En sollicitant les nouvelles idées, Heineken encourage un sentiment d’appartenance parmi sa clientèle.

  • La sagesse de la foule (the wisdom of the crowd)

Ce type de crowdsourcing est similaire à une discussion dans un groupe focus. Il aide à solliciter des idées et de les affiner par une discussion en ligne. Cette méthode est bien pratique par les organismes sans but lucratif qui peuvent utiliser cette technique pour sensibiliser le public, en l’engageant dans une discussion.

Publicités
Cet article, publié dans Travaux étudiants, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour Crowdsourcing : quand la foule devient le public

  1. mathildecondrainmorel dit :

    Personnellement, je trouve le crowdsourcing très intéressant. C’est tout d’abord un outil extrêmement efficace pour les entreprises qui est, de surcroît, peu coûteux et qui leur permet de mettre à contribution la communauté dans le développement de leurs affaires. C’est tout à fait dans l’ère du temps et cela crée une communication bidirectionnelle avec les publics. La question que je me suis toujours posée par rapport à cette méthode concerne les « droits d’auteur » autour d’une idée, d’un concept, provenant d’un consommateur. Je me doute que les entreprises utilisant le crowdsourcing avertissent toujours que les idées mises à leur disposition par les internautes deviendront leur propriété et que l’organisation sera libre d’en faire ce qu’elle veut. Cependant, cela freine peut-être les individus à partager leurs meilleures idées pour ne pas se faire voler leur propriété par la suite. Comment un consommateur peut-il développer des stratégies pour une entreprise sans en récolter le moindre crédit? Ça me chicote un peu…

    • annsimonyan dit :

      Merci pour ton commentaire, Mathilde. Je suis d’accord avec toi, il y a un élément manipulatoire dans le crowdsourcing. De l’autre côté, toutes les interactions des entreprises avec sa clientèle peuvent être considérées comme manipulatoires, elles ont toujours le but lucratif. Les entreprises veulent gagner de l’argent, c’est leur raison d’être.

      Le « crowdsourcing » ne suscite que des idées ; leur élaboration, le développement de la stratégie d’implantation et l’implantation elle-même restent toujours la responsabilité des entreprises, et je suppose que ce processus d’élaboration est assez exigeant. Donc, même si les entreprises choisissent une idée générée par un membre de public, elles doivent faire leur partie de travail, et il me semble que cette partie est assez substantielle et sérieuse.

      En plus, normalement les entreprises qui proposent à leurs publics de s’engager dans le crowdsourcing doivent prescrire les conditions de cette collaboration. Par exemple, ici, tu peux trouver les conditions de Starbucks http://www.starbucks.com/about-us/company-information/online-policies/msi-terms-of-use . Entre outre, ces conditions s’agissent des droits d’auteur. Les entreprises sont prudentes, elles savent comment se protéger légalement.

  2. gablarue dit :

    Je suis impressionnée par la technique ! Et ton article la rend bien.

    Je trouve qu’une manoeuvre semblable tend à démontrer une ouverture réelle envers le consommateur ; chose qui n’a pas de prix.

    En effet, dans une ère où le consommateur préfère se sentir « part de l’entreprise » plus que « simple acheteur », la technique vaut son pesant d’or.

    J’ai moi même utiliser l’application développée par Starbucks et je l’ai trouvé particulièrement amusante. Elle permet d’échanger et de créer. Elle fait même sentir le consommateur comme un mini-entrepreneur ; chose fort agréable pour les fans de la marque (et les accros de la caféine).

    Développer des formes de concours comme le faisait Kleenex est également une technique intéressante afin d’impliquer le client et ainsi implanter une comm bidirectionnelle. En effet, la marque lançait des concours de design de boîtes recevant systématiquement des milliers de candidatures.

    Finalement, je te remercie pour ton explication sur les questionnements de ma collègue. Cet aspect me chicotait également compte tenu des sagas « droits d’auteur » de plus en plus communes.

    Merci encore pour cette lecture intéressante !

    • annsimonyan dit :

      Merci de ton commentaire, Gabrielle, et merci de partager ton expérience de participation à crowdsourcing. Moi, je n’ai jamais participé à crowdsourcing comme utilisatrice, mais j’ai participé au lancement de quelques initiatives sur les comptes Facebook des entreprises où j’ai travaillé. Il y avait toujours des commentaires sceptiques, disant que c’était une manipulation et un vol des idées. Mais en général, les internautes ont bien reçu ces opportunités pour manifester leur créativité. Et pour nous à l’entreprise, c’était une bonne méthode de connaitre notre public.

  3. cathlafreniere dit :

    Je trouve aussi le crowdsourcing très intéressant. Cet outil démontre un changement important sur le marché. D’ailleurs, lors d’un entretient avec le magasine Infopresse, Douglas Bensadoun, directeur de création et vice-président, marketing d’Aldo mentionnait qu’«avant, les marques menaient la conversation. Elles déterminaient les sujets devant être abordés. Le contenu, c’était elles. Aujourd’hui, le consommateur décide, et c’est notre responsabilité en tant qu’entreprise de l’écouter.» Je trouve que ce nouvel outil répond tout à fait à ce nouveau besoin. Il permet aux entreprises d’être en dialogue avec leurs consommateurs, et par le fait même de comprendre leurs besoins. De plus, crowdsourcing donne un pouvoir non-négligeable aux clients en leurs permettant de proposer de nouvelles avenues pour que les produits soient plus performants et mieux adaptés à leurs besoins.

    • annsimonyan dit :

      Merci, Catherine, je suis tout à fait d’accord : le pouvoir de consommateur est très grand aujourd’hui. Quand même, il ne faut pas surestimer l’efficacité de crowdsourcing par rapport à la génération de nouvelles idées qui sont valides et viables. Cela peut sembler un peu cynique, mais je trouve que le crowdsourcing est tout d’abord un outil des relations publiques, un outil pour créer une communauté et pour établir une conversation productive. Évidemment, les entreprises ne peuvent pas toujours se fier aux souhaits et à la créativité de consommateurs, mais il est certain qu’elles doivent les connaitre.

  4. cathlafreniere dit :

    Voici le permalien de l’article auquel je faisais référence:
    http://www2.infopresse.com/blogs/actualites/archive/2012/11/21/article-41026.aspx

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s