ASSÉ : y être ou ne pas y être, là est la question !

Au moment où j’écris ces lignes, nous ne savons toujours pas si l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ) participera ou non au Sommet de l’éducation.

L’ASSÉ joue particulièrement gros dans cette affaire : sa crédibilité ainsi que son positionnement dans l’espace publique sont en jeux.

Si elle se présente au Sommet, l’ASSÉ pourra soigner son image d’organisation ouverte au dialogue, capable de négocier de bonne foi. Le sommet sera également une occasion pour détailler sa vision de la gratuité scolaire et des moyens d’y parvenir. L’ASSÉ gagnera en notoriété si elle parvient, par exemple, à convaincre que la gratuité est possible sans alourdir la fiscalité des individus ou qu’il s’agit d’un incontournable pour développer la richesse collective.

Participer au Sommet c’est aussi de pouvoir … claquer la porte durant les travaux. Ainsi, en termes de relations publiques, ce geste offrira à l’ASSÉ une nouvelle opportunité d’exposer leurs idées sur la place publique, tout en décrédibiliser le Sommet et ses solutions.

Si l’ASSÉ refuse l’invitation du gouvernement, elle pourra se targuer d’être la seule organisation à (re)prendre le chemin de la contestation pour défendre les réels intérêts des étudiants. Cette défection risque également de décrédibiliser le sommet, de mettre à jour une incapacité du gouvernement à rassembler, malgré les promesses de campagne électorales.

Continuer d’exister dans l’espace publique
Peu importe si l’ASSÉ décide de participer au Sommet ou non, le ou les porte-parole joueront un rôle essentiel dans cette bataille pour l’opinion. Ils devront s’assurer que les lignes politiques, souvent complexes et nuancées, soient retransmisses de manière intelligible. Malgré des positions souvent qualifiées de radicales, les porte-parole devront présenter l’ASSÉ comme une organisation sérieuse, capable de défendre un projet de société réaliste.

Plus que jamais, la présence médiatique de ces porte-parole sera cruciale pour placer la gratuité scolaire et la marchandisation du savoir au cœur du débat publique et pour que l’organisation étudiante ne soit pas mise sur la touche.

L’ultimatum, une bonne stratégie de relations publiques ?
Dans le contexte actuel, il est également intéressant de se questionner sur l’ultimatum lancé par l’ASSÉ. Ce genre de stratégie dramatise les situations et accentue les antagonismes. Mais surtout, elle implique nécessairement un perdant et ce, sur la place publique. Reste à voir si cette stratégie sera payante pour l’ASSÉ ou si elle sera un cul-de-sac.

Références :
http://www2.infopresse.com/blogs/actualites/archive/2012/06/06/article-40071.aspx

http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201302/05/01-4618657-sortie-de-secours.php

Publicités
Cet article, publié dans Travaux étudiants, est tagué , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour ASSÉ : y être ou ne pas y être, là est la question !

  1. imainville dit :

    L’ASSÉ doit se rendre à l’évidence… Le momentum est passé. Une bonne part des étudiants et le reste de la société sont passés à autre chose. La preuve, on peut constater que des institutions qui ont pris part activement aux manifestations de l’été passé ont quitté le bateau tel que le Cégep de Valleyfield, pour ne nommer qu’eux.

    L’attitude de cette association, en particulier de son nouveau leader, qui soit dit en passant n’a pas la prestance et le leadership de son prédécesseur, ternit leur image et leur crédibilité en manifestant leur fermeture face à ce Sommet.

    Nous sommes à l’heure de la discussion afin de trouver une solution aux problèmes des frais de scolarité et l’ASSÉ doit être partie prenante de ce dialogue. Ces jeunes font partie de la société actuelle et doivent prendre leurs places… et le meilleur moyen est de faire partager leur point vue, de façon mature et responsable, afin d’arriver à des solutions gagnants-gagnants pour tous.

    De plus, il est important de mentionner que s’ils choisissent la rue et non la discussion pour obtenir ce qu’ils souhaitent, c’est leur crédibilité qu’ils perdront ainsi que l’exaspération d’une grande partie des citoyens de Montréal qu’ils gagneront.

    • salexpierre dit :

      Malgré leur choix discutable de ne pas participer au Sommet de l’éducation, je crois que l’ASSÉ a encore des cartes à jouer quant à son image : l’allure que prend le Sommet est en soi une opportunité. L’ASSÉ, qu’on soit d’accord avec eux ou non, a un discours articulé. À eux de le faire connaître, de le placer dans ce contexte où plusieurs acteurs (étudiants, recteurs, syndicats, professeurs, citoyens, etc.) sont mécontents et ne voit plus trop l’intérêt d’un Sommet où le gouvernement semble avoir tout décidé d’avance.

  2. Salut,

    En général, je suis pas mal d’accord avec le contenu et l’opinion du billet. Malheureusement, je pense aussi que l’ultimatum était pas mal la meilleure solution envisageable pour une organisation avec le fonctionnement de l’ASSÉ.

    En fait, comme on l’entend beaucoup depuis l’an passé, l’ASSÉ fonctionne par démocratie directe docn tout, tout, TOUT doit être voté et décidé ensemble. Ainsi, à chaque fois qu’une décision est prise, il faut que l’ASSÉ demande l’avis des représentants des associations étudiantes membres et que ceux-ci aillent demander l’avis de leurs membres pour ensuite pouvoir voter. C’est un très long processus, mais c’est un aspect primordial de l’ASSÉ et ce qui fait qu’elle aient autant de membre alors que personne n’est « obligé » d’y être membre (par exemple, pour ce qui est de la feuq et de la faecum, pour ce qui est de l’UdeM en tout cas, dès qu’on est étudiant, on paie des cotisations -ça ne s’applique pas à la FEP- et on ne peut les retirer de notre facture donc on ne peut pas ne pas être membres). Agir différemment, lui ferait donc perdre des membres et ce serait beaucoup plus fatidique qu’un article de journal de plus qui les traite de radicalistes et où Martine Desjardins est citée. Bien sûr le point de vue de la population est important, mais chez l’ASSÉ (qui, soyons clairs, n’a jamais vraiment eu d’appui de la masse) l’opinion de ses membres reste primordiale (bien oui la logique veut que pas de membre = pas d’ASSÉ). Les représentants doivent donc respecter les mandats qu’ils se voient donnés et s’ils avaient eu le mandat d’assister aux discussions, ils n’auraient pas pu partir en plein milieu car ils n’auraient pas eu l’avis des membres (et en deux jours, pas vraiment le temps de tenir d’assemblée).

    De plus, pour les membres, l’ultimatum était la meilleure solution (après maintes propositions et plusieurs amendements) parce que certaines associations avaient des mandats en faveurs du sommet de l’éducation clairs et d’autres des madants de boycott encore plus clairs. Ce n’est donc en fait pas pour menacer quique ce soit selon moi que l’ASSÉ a donné cet ultimatum, mais bien pour satisfaire au maximum les membres de l’association qui avaient des points de vue différents.

    Bon, on comprend par mon messge que j’étais membre d’une association membre de l’ASSÉ la session passée, mais ça me permet tout de même de clarifier certains aspects de l’ASSÉ. Ainsi, même si l’idée de claquer la porte pendant le débat semble alléchante, personne de l’ASSÉ n’aurait pu se le permettre sans voir la foudre des membres s’abattre sur elle. Qui plus est l’ultimatum n’est pas la meilleure solution, là-dessus je suis d’accord avec cela, mais vu la situation, c’était la décision qui semblait la plus juste et favorable à tous les points de vue des membres de l’association.

    Je suis bien d’accord avec le point de vue de ton billet, mais l’ASSÉ est une association un peu différente où bien que son fonctionnement est le plus juste et égalitaire, ça peut parfois mettre des batons dans les roues. En tout cas, c’est un super billet.

    Je pense que malheureusement, l’image de l’ASSÉ en prend un coup, mais cela, ce n’est pas différent à l’habitude. D’une part, dans les journaux, on ne voit pas beaucoup d’opinion favorable (même dans les articles qui se veulent neutres puisque Martine Desjardins, présidente de la FEUQ est toujours citée alors qu’elle est d’une organisation opposée à l’ASSÉ) et d’autre part, c’est une association dont le fonctionnement est très mal compris (on peut d’ailleurs le voir grâce au messge précédent où encore une fois on dénome un « porte-parole » de « leader » alors que, comme dans toute organisation, ce n’est pas du tout quelqu’un qui peut se permettre de prendre des décisions pour l’association). Après, que devrait-elle faire pour changer favorablement l’opinion publique? Bonne question.

    Bonne journée,
    Camille Dufour-Blain.

    PS: Pardon pour la longueur de mon commentaire hein 😛

  3. salexpierre dit :

    Ah! Pas facile d’être une organisation démocratique, surtout en temps de crise!
    Je saisis bien que l’ASSÉ est plus préoccupée par son bon fonctionnement et le respect de ses mandats (comme ASSÉ et comme CLASSE) que par les impératifs médiatiques. Cependant, il me semble que des petites choses pourraient améliorer leur image auprès des médias ainsi que leurs stratégies auprès du gouvernement. Je pense entre autres au fait de se donner des mandats plus larges et plus souples afin de s’adapter aux situations. Par exemple, vous dites que si l’ASSÉ « a eu le mandat d’assister aux discussions, ils n’auraient pas pu partir en plein milieu car ils n’auraient pas eu l’avis des membres (et en deux jours, pas vraiment le temps de tenir d’assemblée) ». Mais c’est possible d’avoir un mandat plus large qui permet, selon les réponses de l’interlocuteur, de choisir entre 2 ou 3 options. C’est d’ailleurs ce qu’a fait (maladroitement) l’ASSÉ avec l’ultimatum, non ? Cette pratique (mandat à options) aurait peut-être intérêt à être systématisée en temps de crise.

    Je suis bien consciente qu’il est facile de donner des « conseils » lorsqu’on n’est pas impliqué dans une organisation et qu’on n’a pas à gérer la crise ou les pressions internes. Mais bon, c’est le but de l’exercice…

  4. fccouture dit :

    Quelle erreur!
    Se retirer d’une participation au sommet sur l’éducation met l’ASSÉ à l’écart des négociations et surtout du public.
    Le message de solidarité où est-il dans tout ça? Les membres ont-ils été consultés ou est-ce encore une fois une interprétation autoritaire de ses multiples représentants.
    Malheureusement pour cette association, il semble que la pratique reprochée à l’ancien gouvernement de Jean Charest, le manque d’écoute, les a contaminés.
    En passant, en recrutant Léo Bureau-Blouin, le Parti Québécois aurait-il réussi à briser l’unité qui semblait faire la force du mouvement étudiant l’année dernière et inverser ainsi le rapport de force…

    Merci de raviver ainsi les passions, ça sent le printemps.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s