Bilinguisme essentiel et non un atout pour la première ministre du Québec

Ce n’était pas la première fois que l’anglais de Pauline Marois faisait honte aux Québécois au début du mois, à la BBC Scotland, lors d’une entrevue en marge du sommet organisé conjointement avec le premier ministre souverainiste d’Écosse, M. Alex Salmond. Cependant, cette performance « anglaise » de Mme Marois fut des plus mémorables et a fait place à la diffusion d’un clip viral sur les médias sociaux.

Pauline Marois

Preuves à l’appui

De plus, certains passages savoureux ont fait l’objet d’une couverture médiatique assez prolifique : « Scotland is a people with a strange identity… », traduit par « Les Écossais sont étranges! » À la question « quel était le but de cette rencontre avec le chef du Scottish National Party et premier ministre écossais, M. Salmond? », Mme Marois a répondu : « We will split our information… ». Est-ce que le peuple d’Écosse a bien saisi les intentions du gouvernement de Pauline Marois? Sûrement pas! Ce qui est certain, c’est qu’elle manque totalement de crédibilité, l’une des qualités premières d’un porte-parole efficace.

Pour visionner la vidéo de l’entrevue sur le site BBC, cliquez ici.

Vive les premières!

Est-ce qu’il pourrait s’agir du dernier malaise lié à la piètre qualité de la langue anglaise de la première première ministre du Québec? Mme Marois est en effet, non seulement la première femme du Québec à accéder à ce poste crucial de premier ministre, mais aussi la première à ne pas maîtriser, de façon satisfaisante, la langue anglaise. C’est ce qu’a d’ailleurs fait remarquer le chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé, dans son article du 4 février 2013.

Bases d’une communication efficace

Dans un contexte où le gouvernement multiplie les représentations du Québec à l’étranger, ne serait-il pas indiqué de trouver une solution à cette situation déplorable? Dans le secteur privé, en tant que relationniste, lorsque notre porte-parole ne maîtrise pas suffisamment la langue dans laquelle une entrevue se tiendra, on trouve des options afin d’éviter la mauvaise transmission de notre message et pour préserver la réputation de l’entreprise. Selon Claude Jean Devirieux, auteur du livre Pour une communication efficace : « Le PDG fait lui-même la promotion de son organisation, de ses produits et services. Il est alors indispensable que cette personne ait des qualités de porte-parole indéniables, sans quoi vaut mieux confier la tâche à un professionnel. » Je suis consciente que la première ministre elle-même est difficilement remplaçable, mais il y a sûrement une autre solution.

Pourquoi cette règle de base ne serait-elle pas appliquée pour la première ministre? Et vous, qu’en pensez-vous? Croyez-vous que l’équipe de Mme Marois saura remédier à la situation? À condition, bien sûr, que Mme Marois le veuille bien!

Isabelle Bouchard

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9 commentaires pour Bilinguisme essentiel et non un atout pour la première ministre du Québec

  1. Je ne commenterai pas si je suis ou non une « pro loi 101 » cependant, j’appuie totalement l’Office de la langue française dans toutes ses démarches de préserver notre précieuse langue au Québec.

    Ceci étant dit, pour ma part, je ne suis pas sans négliger que la langue anglaise ait été la 2e langue la plus parlée dans le monde en 2012. Je ne critiquerai pas les capacités de gestion politique de madame Marois non plus dans ce billet, où je veux en venir c’est simplement qu’une limite respectable de capacité linguistique en langue seconde lorsque vous représenter quelques 8 080 550 personnes internationalement, c’est non dérisoire. Je n’ai jamais porté de jugement hâtif, mais après avoir visionné cette vidéo de notre première ministre, alors chef du Parti québécois, il y a quelques années, mon idée à son sujet sur son anglais parlé était longtemps fixée. http://www.youtube.com/watch?v=tg4UlR9xhrU

    Encore aujourd’hui, j’apprends dans les médias que notre première ministre a eu des difficultés de communications avec le premier ministre souverainiste d’Écosse, M. Alex Salmond, du à ses lacunes en connaissances de mots anglais. Isabelle, le choix du mot «honte» dans votre billet est juste, car : j’ai honte!

    J’ai toujours pensé que la base d’une bonne entente c’est une bonne communication. M’as ton enseigné des faussetés ? Pour moi, la solution est simple, si madame Marois est indispensable à la chefferie, alors un interprète s’il vous plaît !

  2. audreyrg dit :

    Comme le mentionne Marie-Pierre, un(e) interprète est de mise! Probablement que Mme Marois n’est pas chaude à l’idée, peut-être pense-t-elle que cela nuirait à sa réputation? Pour ma part, je pense que la situation actuelle nuit davantage à son image que ne pourrait le faire l’utilisation d’un(e) interprète. Si elle se refuse à l’idée, on pourrait lui proposer des cours d’anglais privés peut-être? Une chose est certaine, un mouvement doit être fait rapidement!

    • isbouchard dit :

      Je suis bien d’accord avec vous deux, l’interprète semble la meilleur solution! Après tout, si Mme Marois avait eu des aptitudes pour apprendre l’anglais, elle serait probablement bilingue aujourd’hui, car son souhait (ou plutôt sa détermination) à devenir première ministre ne date pas d’hier. J’imagine que le fait de ne pas recourir aux services d’un interprète vise à démontrer sa bonne volonté ou plutôt l’effort qu’elle fournit pour s’exprimer dans sa langue seconde. Car elle s’est tout de même améliorée, il faut le dire. Voici un lien vers des extraits qui datent de 2007 : http://www.youtube.com/watch?v=tg4UlR9xhrU. Par contre, à la base, il faut livrer un message compréhensible!

  3. souzilleau dit :

    Je suis bien d’accord avec vous que notre Première Ministre fait piètre figure à l’international, mais je me garde une petite réserve.

    Elle n’est certainement pas la seule à vivre cette situation. Bien des chefs d’États ne parlent pas couramment l’anglais. Pensons aux représentants de la Chine ou autre culture éloignée de la culture anglo-saxon. On ne leur fait pas de procès pour autant. Le malheur de madame Marois est qu’elle nous représente comme peuple et qu’on comprend mal pourquoi elle n’a pas pris le temps d’apprivoiser l’anglais depuis tant d’années à le fréquenter. C’est incompréhensible! On peut aimer sa langue, la maîtriser et la défendre, mais il y a des fonctions qui ne permettent pas de bavures à l’anglais, 2e langue officielle chez nous, et la sienne en est une.

    Je serais d’avis que lors de ses déplacements, elle soit en tout temps accompagnée d’un(e) interprète. On ne s’en sort pas. Cette ressource peut faire toute la différence lorsqu’il s’agit de livrer un message à un auditoire anglophone. D’autant que sa présence constante lors de déplacements à l’étranger lui imposera une immersion totale dans la langue de Shakespeare. Il ne s’agira que de quelques mois pour surmonter cet obstacle plutôt gênant pour elle et pour nous tous. Que peut-on faire de plus, laissons-lui un peu de temps, autrement le temps la rattrapera!

  4. souzilleau dit :

    … culture anglo-saxonne…

  5. fccouture dit :

    Bonjour Isabelle, tu as choisis un sujet « a bit shoking »

    Fille d’institutrice, diplômée de l’UdeM et des HEC, plus de 35 ans de vie politique : plusieurs fois ministre, chef de partie, chef de l’opposition, première ministre, à 63 ans madame Marois n’a pas manqué d’occasions d’apprendre l’anglais et pourtant « nothing »… Je souhaite donc bonne chance à son équipe.

    On sait que l’électorat anglophone ne lui est pas favorable, mais dans ces conditions, comment peut-on envisager un dialogue lui permettant de remplir ses fonctions de représentante élue du peuple (en entier) québécois.

    Il est inquiétant, souverainiste ou pas, de penser que nous sommes gouvernés par un chef d’État qui a de la difficulté à échanger avec la majorité des cultures qui nous entourent…

    Il semble qu’elle n’est pas la seule dans ce club très sélect des chefs de partie qui ne savent pas s’exprimer dans la langue de Shakespeare. En effet son ancienne collègue au parti Québécois, madame Louise Harel chef de vision Montréal et chef de l’opposition officielle de Montréal a le même problème. J’espère que ce n’est pas contagieux.

  6. fccouture dit :

    Comme notre dame de béton j’ai fait un faute d’anglais… c’est « shocking » avec un « C »!
    Oui finalement je crois que c’est contagieux…

    Thank you concrete woman (non, ça sonne pas pareil)

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