Une publicité anti-avortement dans la Nouvel Observateur : autopsie d’une crise de valeurs.

En décembre dernier, bon nombre de lecteurs du Nouvel Observateur se sont retrouvés face à une publicité plus que surprenante : une page complète semblant porter un message anti-avortement. Œuvre de la fondation Jérôme-Lejeune, l’une des principales associations pro-vie en France, cette publicité visait plutôt à condamner la recherche sur l’embryon humain. La ligne était mince.

Publicité de la fondation Jérôme-Lejeune

Publicité de la fondation Jérôme-Lejeune

On peut y lire : «Vous trouvez ça normal? On arme des bateaux pour défendre des baleines alors qu’on laisse les embryons sans défense» Cette publicité fait partie d’une série de trois qu’on peut retrouver ici.

Sandrine Bajos, journaliste spécialisée médias, a été la première a publier la photo sur Twitter. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une vague dans la Twittosphère.

Réactions sur Twitter

Réactions sur Twitter

Les publicités publiées dans un journal devraient-elles respecter les valeurs de ce dernier?

En 1971, le Nouvel Observateur publiait le manifeste des 343 femmes, prenant ainsi position sur le droit à l’avortement alors que celui-ci était encore illégal. Plus récemment, on a pu voir le manifeste contre le viol signé par 313 femmes. Le lecteur était alors en droit de se demander la raison d’une telle publicité contraire aux valeurs du journal et contenant un message à l’opposé de sa ligne éditoriale. En effet, la question se pose : devrait-il y avoir un contrôle de la publicité avant publication afin de s’assurer que celle-ci respecte les valeurs du médias qui l’héberge? En France, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) s’occupe de mener toute action en faveur d’une publicité loyale, véridique et saine dans l’intérêt des consommateurs, du public et des professionnels de la publicité. Par contre, elle ne s’occupe pas de savoir si la publicité une fois approuvée cause des conflits de valeurs avec le média dans lequel il se retrouvera. Il revient donc aux organisations de bien surveiller leur contenu et de mieux se préparer à d’éventuelles erreurs comme celle qui s’est produite dans le cas présent.

Le Nouvel Observateur a-t-il bien réagi?

Après plusieurs interpellations d’internautes sur Twitter, c’est Renaud Dély, directeur à la rédaction, qui s’est finalement exprimé en premier: «La pub de ce lobby aux engagements contraires à nos valeurs n’aurait pas due être publiée. Toutes nos excuses à nos lecteurs. Nous reviendrons sur ce dysfonctionnement dans le journal de la semaine prochaine.» Chose promise, chose due; on retrouvait un communiqué explicatif portant la mention «Une publicité anti-IVG dans l’Obs : erratum.» où Laurent Joffrin, directeur, s’excusait de cette erreur de fonctionnement. Espérons que cette crise leur servira de leçon pour une prochaine fois.

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