Office québecois de la langue française: réaction à ses excès

Le 19 février passé, l’Office québécois de la langue française a demandé au propriétaire du restaurant italien Buonanotte de franciser son menu. En effet le mot pasta y apparait.

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Massimo Lecas, propriétaire du restaurant
(Photo : La Presse canadienne (photo) Graham Hughes)

Le propriétaire s’en est alors plaint et la nouvelle a fait le tour du Canada (et même de la planète). Rapidement sur les médias sociaux (exemples) et les blogues (exemple) plusieurs personnes  offusquées ont ridiculisé la demande de l’OQLF et l’ont jugée exagérée.

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exemple de compte satirique créé sur twitter suite aux évènements

Il ne faut pas oublier que depuis les élections de septembre dernier le Parti Québécois souhaite renforcer la loi 101 et les mécontentements de la population (pas seulement anglophone) se font entendre.

Suite au scandale, l’OQLF a publié un communiqué qui explique que c’est lorsqu’ils ont reçu une plainte que l’inspection a été faite, mais qu’en effet, dans ce cas-ci, il eut été question d’excès de zèle. L’organisme a aussi dit qu’elle était prête à revoir son jugement.

Finalement, considérant la situation tendue au Québec lorsqu’il en vient à la langue française, le communiqué de l’OQFL était très approprié puisqu’en peu de mots il vient expliquer les raisons dudit rapport, mais également accepter les torts de l’organisation. Toutefois, vu la situation au Québec, dans ce cas-ci, je crois qu’il est primordial que l’OQFL modifie ses jugements et soit en mesure de convaincre la population qu’il est un organisme sérieux qui vise à garder la culture québécoise intacte et non à venir sanctionner futilement certaines entreprises.

Pour devenir et rester une organisation respectée de tous, ils doivent accepter leur faute et promettre de remédier à la situation; ce qu’ils ont fait. Pourtant, je pense qu’ils devraient  aussi promettre de ne plus faire la même erreur et de ne pas seulement se concentrer sur les particularités de ce seul restaurant. Depuis l’incident, d’autres restaurants ont expliqué avoir vécu une situation similaire (pour des mots comme steak ou exit). Ainsi le communiqué aurait aussi du comprendre une promesse de changer quelques règles lorsqu’il en vient à des détails similaires, stipuler qu’ils vont tout faire pour éviter lesdits excès de zèle et, finalement, des excuses officielles aux restaurants et aux entreprises qui auraient en auraient été les victimes.

Toutefois, retrouver une image positive auprès de la population (surtout anglophone) du Québec risque d’être une tâche ardue. Quelle mesure l’OQLF devrait-il mettre en place selon vous?

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2 commentaires pour Office québecois de la langue française: réaction à ses excès

  1. pclavere dit :

    Comme l’article le souligne, c’est la crédibilité de l’OQLF qui a été mise en danger au cours de cette affaire. Les limites de la loi 101 vis à vis du maintien de la langue française sont, d’un aspect de relations publiques, un vecteur de périclité pour l’organisation. Si l’on ne se fiait strictement qu’aux exigences de l’OQLF, Apple devrait se nommer Pomme au Québec.
    La réalité est, je le pense tout cas, que l’OQLF est une organisation vétuste qui n’est plus en adéquation avec l’époque dans laquelle elle évolue. Or, une organisation en retard sur son temps ne peut qu’engendrer une perte de crédibilité auprès de ses publics; les québécois en l’occurrence. Dès lors, malgré une sortie de crise habile, l’opinion publique sera marquée et s’en tiendra désormais à ce qu’elle a expérimenté lors de ce « pastagate ».

    La question qui pourrait en découler serait la suivante: n’aurait-ce pas été la responsabilité des communicateurs – et donc des relationnistes – de faire évoluer l’organisation dans son environnement et ainsi d’éviter une crise aussi ridicule?

    • Salut,
      Je suis d’accord avec toi au sujet de la crédibilité mise en péril lors de cette crise et sur le fait que les exigences de l’OQLF peuvent être exagérée.
      Par contre, je ne pense pas que l’organisation n’est plus adéquate. Je pense plutôt que, comme tu l’as dit, elle aurait besoin d’évoluer avec les changements dans la société. Ce serait alors le rôle des communicateurs de modifier l’image et la perception de l’organisation.
      Ainsi, pour la réponse à ta question, oui, il y aurait fallu que les communicateurs fassent évoluer l’organisation avec le temps.
      Toutefois, il y aurait aussi fallu une réorganisation complète de l’OQFL pour éviter une crise, comme tu le dis, aussi ridicule.

      Merci pour le commentaire 🙂

      Camille

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