DAMocracy ou l’entreprise éthique de l’eau

« L’hydroélectricité, énergie propre et verte… », cette salade empoisonnée longtemps véhiculée au Québec, semble désormais faire des ravages en Amazonie , en Mésopotamie, dans le Mékong et au Congo, là où plusieurs peuplades séculaires la combattent pour protéger leurs rivières et leurs modes de vie ancestraux.

http://damocracy.org/?page_id=1259

Je me suis attardée à cette merveilleuse entreprise qui m’a fait ressentir des torrents de culpabilité par rapport à l’hydroélectricité pourtant l’emblème et l’orgueil de tous les Québécois !

C’est en 1989 que le mouvement international DAMocracy voit le jour, engendré par la colère et l’inquiétude des peuples indigènes vivant sur les berges du fleuve Rio Xingu au Brésil.

Le chef RAONI du peuple des Kayapos, vivant sur une réserve protégée au coeur de l’Amazonie, vient à Paris défendre son peuple, sa rivière mais aussi sa forêt que les scientifiques qualifient de « poumon de la planète ». Le projet hydroélectrique  Belo Monte sera alors écarté. Mais en 2010, revirement de situation, le projet est accepté provoquant une vague de contestations au sein des populations locales.

La hache de guerre est déterrée. Un autre cri d’alarme et de désespoir se fait entendre de l’autre côté de l’Atlantique, en provenance de la Turquie, là où le Tigre s’écoule dans des plaines alluviales si riches qu’elles ont bercé l’humanité depuis le néolithique jusqu’à nos jours. Le grand barrage Ilisu gagne du terrain !

DAMocracy est l’oeuvre d’artistes engagés et visionnaires dont James Cameron, producteur et réalisateur du film AVATAR I. Des sommes d’argent considérables permettent de financer ce mouvement que j’estime être l’un des plus importants de l’heure en raison de la perdition des cultures indigènes mais aussi grâce à l’effort de préservation des dernières grandes rivières d’eau douce dans le monde.

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2 commentaires pour DAMocracy ou l’entreprise éthique de l’eau

  1. Allo Anne-Marie, ton billet m’a touché et je n’ai pas eu d’autre choix que d’aller m’informer sur ce barrage qui détruira une partie de l’Amazonie. C’est une situation controversée, car ce projet permet au Brésil d’accéder au niveau de consommation des pays du nord, selon l’Express, Actualité française. En revanche, du côté des indigènes, il ‘agit d’un sacrilège. Alors, comment plaire à ceux qui sont en faveur du développement et à ceux qui sont contre? Les indigènes, dans ce cas-ci, même s’ils représentent une plus petite partie des opposants.

    Outre l’organisme DAMocraty qui lutte déjà en faveur des groupes indiens, les entreprises d’hydroélectricité devraient prendre la situation en main et appliquer des mesures dans le respect des deux parties. Les relationnistes devraient apparaître en premier plan afin de dédramatiser la situation, car elle semble vraiment dramatique à mon point de vue. La communication doit se faire de manière bidirectionnelle afin d’obtenir les opinions des influenceurs et du public. Peut-être pourrait-on trouver un porte-parole qui serait un influenceur et un motivateur dans la situation. C’est un cas difficile, car au bout du compte le barrage sera construit et les indigènes seront en colère. Il serait préférable de trouver une solution à l’amiable pour ne pas rabaisser les gens des tributs qui se sont battus pour leur rivière. Il ne faut pas qu’ils pensent que les entreprises d’hydroélectricité se foutent de leurs opinions.

    • annemarie500 dit :

      Bonjour Élyse, il ne s’agit pas ici de commenter l’effort de progrès commercial du Brésil mais bien de constater que si tous les pays adoptent cette valse de destruction de l’eau, la vie disparaîtra sur terre à moyen et à long terme. Ceci inclut la disparition de la race humaine.
      Lorsque des forêts sont inondées sur des centaines de kilomètres, il se produit un phénomène naturel qu’on appelle « bioamplification». Le mercure que l’on retrouve naturellement dans les sols forestiers, se transforme après l’inondation et devient le méthylmercure, un composé organique 6 fois plus absorbable par le corps humain que le mercure inorganique, contenu dans le sol forestier non inondé.
      Lorsque la colonne d’eau est contaminée par le Méthylmercure, toute la chaîne alimentaire se retrouve contaminée elle aussi: les poissons, les oiseaux et les mammifères se nourrissant de poissons dont l’être humain, le deviennent également.
      La raison est que ce mercure s’absorbe plus facilement par les parois cellulaires de notre cerveau et même du placenta chez les femmes enceintes. Donc, les habitants de l’Amazonie et de la Mésopotamie et tous les autres, aux prises avec le même problème dont nos autochtones du Québec, ont tout à fait raison de scander dans la presse internationale que l’hydroélectricité n’a rien du développement durable bien au contraire. L’argument de base en est un de santé publique et de survie des espèces endémiques, rien de moins. La démarche de DAMocracy est fondamentalement légitime !

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