Le génie québécois, notre fleuron national

LE GÉNIE QUÉBÉCOIS PERD PLUSIEURS DE SES DIRIGEANTS

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Après les cas de collusion avec les entreprises de construction, nous assistons depuis quelques semaines au passage de plusieurs firmes de génie conseil devant la Commission Charbonneau afin de mettre en lumière un système de collusion et de corruption avec plusieurs villes de la région métropolitaine. Une grande partie des audiences s’est attardée à la Ville de Montréal et à ses principaux intervenants auprès des firmes de génie. Devant l’ampleur du système, les travaux de la Commission seront prolongés de dix-huit mois pour mettre à l’étude d’autres cas de collusion pour les villes de Laval, de la couronne nord et de la rive-sud de Montréal.

Au cours des dernières semaines, plusieurs dirigeants et administrateurs de firmes de génie conseil ont démontré le fonctionnement d’un système collusionnaire orchestré par quelques individus responsables de l’octroi des contrats à la Ville de Montréal. Depuis ces déclarations, plusieurs ont démissionné de leurs fonctions en prenant tout le blâme à leurs dépends.

Selon Yves Boisvert, journaliste à La Presse, ces démissions ne cachent pas simplement une opération de maquillage ou de relations publiques, elles sont essentielles pour maintenir l’intégrité de l’entreprise. En effet, l’aspect juridique de ces démissions prend toute son importance puisque la nouvelle Loi sur l’intégrité en matière de contrats publics n’admet aucune infraction, apparence de corruption ni même de mauvaise réputation de ses dirigeants. Elle a le pouvoir de refuser l’autorisation par l’Autorité des marchés financiers (AMF) l’octroi de contrats publics.

Comment les relations publiques pourront-elles gérer les cas d’image et d’intégrité de ces entreprises exposées à la Commission et jugées sur les grands titres des quotidiens? Comment rediriger l’attention publique sur les valeurs de compétence de ces grandes firmes reconnues mondialement?

Dans la plupart des cas, on fera face à une gestion de crise puisque tout le personnel à l’emploi de ces entreprises se trouve au cœur du débat. Ce n’est pas seulement l’intégrité de l’entreprise qui est en jeu, mais l’image d’une profession qui est entachée par une minorité de ses membres.

Redorer le blason de la profession d’ingénieur après toutes ces malversations restera certainement le plus grand défi de relations publiques à relever pour bien plus longtemps que durera la commission d’enquête. Il faudra mettre à l’avant-plan la relève qui se pointe et une nouvelle vision basée sur l’éthique qui sera, tant qu’à moi, une des plus grandes valeurs à promouvoir pour mettre un terme à ce système de collusion.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/01/25/004-ingenieurs-charbonneau-image.shtml

Assisterons-nous à une transformation dans l’apprentissage et la pratique de la profession d’ingénieur? Personnellement, je crois que la prochaine génération profitera des améliorations des règles d’éthique et de pratique d’une profession noble.

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2 commentaires pour Le génie québécois, notre fleuron national

  1. annemarie500 dit :

    Bonjour,

    Tout ce branle-bas autour de la Commission Charbonneau, ne peut en effet, ne pas laisser de traces. Toutefois, je doute que la profession d’ingénieur(e) de façon globale soit entachée. En effet, il existe plus de treize (13) spécialisations dans le domaine de l’ingénierie et ce, au premier cycle universitaire. Effectivement, toutes ces démissions au sein de grandes firmes d’ingénieur(e)s peuvent servir davantage à blanchir la firme plus que les ingénieurs eux-mêmes.

    La profession d’ingénieur(e) embrasse un vaste secteur d’activités dont la recherche fondamentale et ce dans un large spectre de sujets ultra-spécialisés. Je doute fort que l’ensemble de la profession soit perçue comme suspecte dans cet ordre d’idées. Évidemment cela prend deux parties pour faire collusion. Je sais aussi par expérience, que ces stratagèmes de corruption, collusion nécessite une ÉQUIPE bien rodée composés d’élu(e)s à sa tête, tant du municipal que du provincial, deux entités bien redevables sur des contrats de ponts et chaussée !
    Les élus possèdent le pouvoir d’octroyer et les professionnels, celui de disposer.
    Le pouvoir et l’argent sont des armes à deux tranchants. L’exercice de relations publiques pour la profession d’ingénieur(e), à mon avis, repose sur un double mandat en lien avec le pouvoir politique et le respect des deniers publics.

    • souzilleau dit :

      Merci Anne-Marie pour ton commentaire,

      Je suis bien d’accord que tous les secteurs du génie ne sont pas affectés par les déboires que provoque la Commission Charbonneau. Cependant, d’un point de vue public, et en ce sens la Commission rejoint un très large public, ce dernier ne fait peut-être pas la différence entre le génie civil, le génie informatique, chimique ou métallurgique. À mon avis et de celui de bien des ingénieurs, mon conjoint entre autres, c’est justement l’image publique de la profession au sens large qui écope et qui risque d’être entachée par le spectre de la corruption. On s’entend qu’à la tête de ces malversations, des élus ont initié ces gestes ignobles, mais plusieurs têtes dirigeantes de grandes firmes sont tout de même grandement impliquées dans ces stratagèmes. Je crois qu’il y aura une bonne pente à remonter pour parfaire l’image du génie et ce sont les relations publiques qui devront prendre le relai comme visage public de ces entreprises.

      Voyons ça d’un oeil positif puisque selon Bernard Lapierre, coordonnateur de l’unité d’éthique de l’ETS, une bonne prise de conscience et des règles d’éthique plus strictes sont intégrées au programme de la profession d’ingénieur. Il affirme que «nos jeunes aujourd’hui, contrairement à leurs aînés, comprennent très bien que le bien commun n’est pas quelque chose à mettre dans leur poche… Il va falloir revisiter l’ensemble de la déontologie au Québec…». Des cours sur l’éthique et la formation continue sont d’ailleurs imposés depuis deux ans et ces mesures contribueront à regagner la confiance du publique.

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