« Les yeux dans les yeux », quand le mensonge de Jérôme Cahuzac éclabousse la profession de communicant.

Un nouveau scandale politique fait la une en France. Jérôme Cahuzac, ancien ministre délégué chargé du Budget (il a démissionné le 19 mars dernier) est passé contre toute attente aux aveux. Il était au cœur d’un scandale politico-financier: depuis plusieurs mois, accusé par le site d’information Médiapart de détenir des comptes en Suisse. Très dérangeant pour un gouvernement qui promeut une République irréprochable, d’autant plus quand une partie importante de la mission du ministre consiste à lutter contre la fraude et l’évasion fiscale.

M. Cahuzac a surpris tout le monde en avouant car depuis des mois il parlait de calomnie, assurait les yeux dans les yeux aux journalistes n’avoir jamais eu de comptes en Suisse. Choses encore plus surprenantes, ses aveux ont été publiés sur son blogue (son choix est par ailleurs intéressant, pourquoi ne pas avoir accordé une interview ?) et précèdent sa mise en examen.

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Que nous apprend ce nouveau rebondissement ?

D’abord et avant tout, on peut souligner la victoire d’un journalisme indépendant, incarné par Médiapart.

Mais les critiques envers les « gourous de la comm’ » n’ont pas tardé à pleuvoir. Comme cet article du site rue89 pourtant plutôt situé politiquement à gauche. Pour leurs détracteurs, si Jérôme Cahuzac s’est « enfermé dans cette spirale du mensonge », c’est à cause de la pression des conseillers en communication. Ces derniers auraient fait le pari que les preuves ne pourraient jamais être apportées et que le mensonge était une option possible et même meilleure !

En tant que relationniste (ou en devenir !), nous ne pouvons qu’être choqué par un tel comportement, s’il est avéré. Le mensonge est une chose prohibée « point ». C’est la base de notre métier et déroger à cette règle est un grave manquement à notre éthique.

Ces accusations vont, une nouvelle fois, ternir notre image et ramènent la question au cœur de l’actualité le problème de l’éthique en communication. D’autant plus que si les conséquences judiciaires sont inévitables pour Jérôme Cahuzac, qu’en sera-t-il pour ses anciens conseillers ? Outre les éventuelles conséquences sur leurs activités professionnelles, ils semblent à l’abri de toute mise en cause judiciaire. Mais est-ce bien juste, quand on pense aux conséquences pour le gouvernement Ayrault et pour les hommes et femmes politiques en général ?

On entend souvent que toute vérité n’est pas bonne à dire, cette règle ne s’applique pas à nos activités. Toute la vérité doit-être dite, ce qui importe c’est la forme.

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