Corno, le film ou la reconnaissance des pairs

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(c) 2012 Aetios Productions inc.

Québécoise d’origine et installée à New York depuis 20 ans, la peintre Corno (Joanne Corneau), vit de ses pinceaux en créant de grands tableaux sur des gros plans de visages et de torses nus. Les couleurs vibrantes de ses toiles choquent, paralysent et interpellent les amateurs d’art qu’ils soient professionnels ou novices.

Au-delà des limites

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Cependant, «les officiels» ne semblent pas lui accorder la reconnaissance souhaitée. Ses tableaux se vendent aux quatre coins du monde et sont en demande partout, New York, Paris, Londres, Dubaï, mais aucune de ses toiles n’entre dans les musées. On lui reproche de toujours utiliser les mêmes recettes alors qu’elle clame se renouveler et peindre par conviction. Corno fait présentement l’objet d’un film du réalisateur Guy Édoin «Corno, corps et âmes» où on peut suivre son parcours durant une année en pleine session de travail à son atelier de Soho. On reconnaît sa fougue et sa désinvolture en visionnant le film. Elle peint d’instinct comme une bête, se révélant sans artifices ni retenue. Corno ne parle pas le langage des musées, elle vit son art et elle bouscule les conventions:

«T’aime ça, t’aime pas ça, mais t’en as plein la gueule!»

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Moi-même fan de ses œuvres et ayant travaillé dans un musée montréalais, je me demande si une campagne de relations publiques pourrait renverser la «machine muséale», susciter l’intérêt et la sacrifier comme grand maître de la peinture contemporaine. Est-ce un mal nécessaire pour un peintre professionnel d’obtenir la reconnaissance de ses pairs en crevant de faim ou en se tailladant une oreille? Après combien d’années reconnaît-on la marque laissée par un artiste sur son passage et le nôtre? On doit s’en remettre aux experts pour connaître la réponse.

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Personnellement, je crois que la prise en charge de son image et de ses actions publiques, parfois même commerciales, par une bonne équipe de RP lui permettrait de franchir le plafond de verre au-dessus de sa tête. Le bruit médiatique bien orchestré contribuerait à lui ouvrir la voie à de grandes institutions qui la propulserait bien au-delà de son art. Combien d’artistes de nos jours peuvent se targuer de produire et de vendre autant de tableaux à très forts prix? Certains se vendent jusqu’à 70000$. C’est tout de même un coup de «maître» d’arriver à créer un si grand engouement pour son art, c’est même un exploit! Pourquoi ne pas miser là-dessus? Tout comme Warhol, fondateur du Pop Art, qui a su exploiter plusieurs formes de son art en provoquant souvent le chaos dans des événements publics, on l’a reconnu pour ce qu’il était, un artiste à part entière.

Corno possède l’art de toucher ses publics par ses toiles, mais gagnerait-elle davantage de reconnaissance en confiant son image à des experts de la marque?

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2 commentaires pour Corno, le film ou la reconnaissance des pairs

  1. valerienaud dit :

    Bonjour,
    Je me suis attardée à ton article en voyant ces superbes œuvres. Je suis moi aussi une grande admiratrice d’art et plus principalement de peinture. Incroyable qu’un si beau talent ne puisse se retrouver exposé dans les musées…Son art est unique et ne devrait pas être  »jugé » de quelques manières que ce soit. Mais c’est un domaine très difficile et gagner en reconnaissance n’est pas toujours évident.

    Pour répondre à ton questionnement, je suis également d’avis que Corno aurait avantage à confier son image à des professionnels en relations publiques. L’artiste pourrait faire connaitre son style d’art en misant sur les émotions et sa conviction. Bien exploiter son produit et le populariser sans lui faire perdre son cachet. Les possibilités sont si nombreuses de nos jours!

    Valérie

    • Sylvie Ouzilleau dit :

      Merci Valérie pour ton commentaire,

      Effectivement Corno ne récolte pas autant qu’elle le pourrait, je parle de sa notoriété auprès des grandes institutions muséales. D’ailleurs la Galerie AKA, qui la représente au Québec, expose ses œuvres en exclusivité depuis 2006.

      Mais encore… il lui faut une présence plus étoffée et mieux orchestrée pour lui reconnaître le statut d’ambassadrice de l’art contemporain. Il faut miser, sur sa démarche artistique et ses convictions, encore plus que ses toiles. Et c’est à mon avis le rôle des relationnistes de la propulser encore plus haut, beaucoup plus haut. Ensuite les spéculateurs feront le travail…

      Sylvie

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