Pierre Lapointe n’en revient pas du PLQ

PHOTO: OLIVIER JEAN, LA PRESSE

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La semaine dernière, dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, Pierre Lapointe s’est insurgé que sa chanson, Je reviendrai, a servi d’« hymne patriotique » lors du congrès à la direction du PLQ à l’Auditorium de Verdun, et ce, sans son consentement. En réponse à la lettre, le PLQ a précisé que ladite chanson faisait plutôt partie d’une liste de chansons choisies pour combler de longs moments durant la soirée. D’ailleurs, son œuvre était la seule chanson québécoise qui faisait partie de la liste. Qu’en est-il du consentement d’un artiste quant à l’utilisation de ses œuvres par les partis politiques?

Lettre ouverte et silence

Pierre Lapointe, dans sa lettre, dit « avoir été profondément écorché par le printemps érable » et par la vision du PLQ durant celui-ci. Il ne souhaite aucunement être affilié à ce parti politique et déplore qu’on n’ait pas demandé son consentement pour utiliser sa chanson. À noter que plusieurs salles de spectacles détiennent une licence de la SOCAN qui leur permet de diffuser des chansons canadiennes, et ce, en payant une redevance aux artistes.

À la suite de la réponse du PLQ, Pierre Lapointe n’a pas tenu à ajouter quoi que ce soit en lien avec sa lettre. Sait-il fait conseillé par les relations publiques de son agence de ne pas commenter sa lettre ni la réponse du PLQ? De plus, a-t-il consulté quelqu’un des relations publiques avant même de publier cette lettre? Qu’il le veuille ou non, il a ouvert une discussion sur le consentement de l’utilisation d’une œuvre par un parti politique.

Message clé, chanson clé?

De plus, Pierre Lapointe déclare qu’« Une chanson, c’est un objet vivant qui se doit de voler de ses propres ailes, c’est un objet libre. » Il ajoute que son mécontentement est relié à des raisons éthiques et morales en ajoutant que sa chanson pourrait rester associée au parti politique. A-t-il raison?

Un message clé a pour but de s’adresser à un public cible tout en tenant compte des parties prenantes. Dans ce cas-ci, si la chanson avait été utilisée en tant qu’« hymne patriotique » comme le croyait Pierre Lapointe, est-ce que la chanson devenait ainsi un message clé? Est-ce que cela change ce qu’elle était à l’origine, soit une œuvre musicale destinée à être écoutée? Si tel est le cas, le fait de demander le consentement de l’artiste serait de mise afin d’éviter toute ambiguïté.

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3 commentaires pour Pierre Lapointe n’en revient pas du PLQ

  1. François Couture dit :

    Bonjour Josée

    Ton article me rappelle un débat qui s’est éteint avant d’être réglé. Comme tu le fais dans ton article, je me suis posé beaucoup de questions lorsque c’est arrivé, car j’écoutais en direct, à RDI, l’élection du chef du parti libéral du Québec.

    Contrairement à monsieur Lapointe, je me suis dit : « tiens, le DJ n’a pas consulté les organisateurs de l’évènement avant de faire passer une chanson de quelqu’un qui a ouvertement critiqué ce parti ». Il faut préciser que c’était une pièce de musique qui a joué une fois pour animer la foule, comme beaucoup d’autres et non un hymne patriotique qui galvanisait les troupes.

    Pour moi, c’était plutôt une bourde commise par les personnes responsables de l’organisation de l’évènement, qui n’avaient pas su prévoir des directives (ex. : vérifier les choix musicaux d’avance) et les communiquer à qui de droit.

    Mais le traitement public de cette histoire est sans doute une erreur bien plus grande et je crois que c’est la raison pour laquelle monsieur Lapointe a décidé d’y mettre un terme.

    Comme l’a déjà dit Robert Charlebois : « un artiste ce n’est pas un drapeau », si Pierre Lapointe impose des instructions quant à la façon dont on doit écouter son œuvre et qui y a droit, il met de côté le principe selon lequel l’art pour exister doit être diffuser, vu et partagé.

    S’il faut porter un drapeau pour l’écouter, alors, très peu pour moi!

    Merci,
    François Couture

  2. Salut François,

    Je suis d’accord avec ce que tu énonces. Il s’agit probablement d’une bourde des organisateurs de l’événement. Une bourde qui aurait sans doute pu être évitée, comme tu l’indiques dans ton commentaire.

    Par contre, cette situation suscite tout de même une réflexion puisque le débat n’a pas été réglé. Est-ce que les partis politiques devraient faire approuver les choix de chansons utilisés lors de leurs activités afin d’éviter des conflits avec les artistes? Ceci ajouterait une complexité pour l’organisation d’événements et de campagnes. Il faudrait développer une politique pour gérer le consentement des artistes et leurs oeuvres. Bref, la tâche ne serait pas simple.

    Pierre Lapointe s’est fait entendre et je crois que le PLQ a saisi le message. Est-ce que d’autres artistes le suivront dans leurs intentions de ne pas être associé à un parti politique? Ceci reste à voir.

    Merci pour ton commentaire!
    Josée

  3. Si cela avait été joué lors d’une réunion péquiste, jamais il n’en aurait parlé. Point final. Les droits de la chanson ont été payés, il n’a plus rien a dire.

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