La culture à tout prix

billet photo 1C’est le 19 août 2013 à Québec que se tenait la commission parlementaire sur le prix unique du livre. Commission visant à évaluer la possibilité d’instaurer un règlement de «prix plancher» afin d’augmenter la rentabilité des librairies indépendantes du Québec, qui se trouvent de plus en plus menacées par les grandes surfaces, tels que Costco et Wal Mart.

Pourquoi un prix plancher? 

Il est de plus en plus difficile pour les librairies indépendantes du Québec de survivre. Écrasées par les grandes surfaces pouvant vendre une nouveauté 30 % moins cher que le prix fixé par les éditeurs, les librairies indépendantes n’arrivent pas à faire partie de la compétition. C’est pourquoi ils demandent au gouvernement d’instaurer un «prix plancher» de 9 mois suivant la publication du livre. Cette loi permettrait aux libraires de tenir en inventaire les best-sellers, majoritairement vendus par les grandes surfaces, ce qui aurait pour effet d’assurer :

  • La découverte de best-sellers, québécois et étrangers
  • La découverte d’auteurs et de livres moins populaires
  • L’accessibilité à tous les types de littératures
  • Le maintien de la culture
  • L’augmentation de leur rentabilité

Pour plus d’information :

http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&sqi=2&ved=0CDQQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.assnat.qc.ca%2FMedia%2FProcess.aspx%3FMediaId%3DANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_72753%26process%3DDefault%26token%3DZyMoxNwUn8ikQ%2BTRKYwPCjWrKwg%2BvIv9rjij7p3xLGTZDmLVSmJLoqe%2FvG7%2FYWzz&ei=AP1bUsb9LMKIqgHFyoD4Dg&usg=AFQjCNFyID1ul0SEb-vstsBWv9S_DO4UQg&bvm=bv.53899372,d.eW0

L’ombre au tableau

librairie

Bien que je sois totalement en accord avec l’instauration de cette règlementation, j’y vois de nombreux problèmes de positionnements de la part des petites librairies. :

  • Un manque d’identification d’un objectif clair
  • Un manque d’identification d’un public cible
  • Un manque d’identification de stratégies pour arriver à l’objectif
  • Des difficultés de communication

En se basant sur une intervention à la commission parlementaire de deux copropriétaires d’une librairie montréalaise, Rina Olivieri et Yvon Lachance, l’élaboration des trois premiers principes (objectifs, public cible, stratégies) a été fort nébuleuse :

  • La part de marché qu’ils souhaitent gagner avec un prix plancher n’est pas clairement définie. Je crois qu’il serait favorable d’établir une visée, telle que : «d’ici deux ans, nous voulons gagner 2 % du marché des grandes surfaces».
  • La mise en place d’un plan d’action serait par le fait même plus facile, puisqu’ils auraient un objectif précis à atteindre.
  • Il est serait également important de définir un public cible afin d’adapter l’environnement en conséquent. Vouloir parler à tous les lecteurs serait l’équivalent de ne s’adresser à personne.

Au niveau des communications, il est difficile pour les librairies indépendantes de bénéficier d’une couverture médiatique dans la presse populaire,comme le Journal de Montréal,  notamment parce que le débat a perdu de sa saveur, mais aussi, car il y a un conflit d’intérêt pour Quebecor. (Simplement rappeler que Quebecor possède Archambault) C’est pourquoi les médias sociaux sont des outils indispensables. Bien que Twitter soit majoritairement absent, la plupart des librairies ont une page Facebook qui devrait être utilisée dans le but de faire la promotion de leurs produits / événement, mais surtout pour :

  • Apprendre à connaitre leurs communautés (Qui sont-ils? Qu’est-ce qu’ils aiment?)
  • Ajuster les contenus et événements en fonction des intérêts de leurs communautés
  • Observer les heures de trafic sur la page afin d’être vu par la majorité
  • Faire de leurs communautés des influenceurs

Je crois sincèrement que d’instaurer une loi sur un prix plancher est une très bonne idée afin de préserver le développement de la culture au Québec, mais ce n’est pas l’unique solution. Un travail important de recherche, d’analyse et de communication doit être effectué afin d’adapter les librairies à un environnement continuellement en changement.

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7 commentaires pour La culture à tout prix

  1. roxannedap dit :

    Très intéressant comme sujet surtout que hier, à Tout le monde en parle, Marie Laberge s’est prononcée sur le sujet. Elle disait que c’était difficile, comme tu dis, pour les petites librairies de concurrencer les gros joueurs et qu’il serait important d’instaurer un seul prix. De plus, elle apportait un point intéressant : peu importe le prix du livre, l’auteur reçoit la même cote. Donc, les prix plus élevés des petites libraires seraient en fait pour les aider à survire face aux magasins à grande surface. Je suis totalement d’accord d’instaurer ce règlement du prix plancher puisque le prix n’influence pas la cote et donc, les auteurs ne sont pas touchés mais nous voulons aider nos petites librairies locales … plutôt que les Walmart de ce monde!

  2. bourquecaroline dit :

    Oui moi aussi j’ai écouté Tout le monde en parle et je dois avouer que l’intervention de Marie Laberge, m’a pratiquement fait douter. Elle ne savait plus si elle était pour ou contre finalement. Mais c’est lorsqu’elle a dit qu’elle craignait que cette loi n’aide personne en bout de ligne que j’ai réalisé que l’unique solution pour que cette loi aide notre province, c’est un bon plan de communication pour les petites librairies. Si elles ferment, Wal Mart ne tiendra pas des livres de Molière, par exemple, et bien que l’on en doute, il y a encore des gens qui lisent ces types de livres. Les librairies indépendantes veulent dissuader leur clientèle déjà existante d’aller acheter leurs nouveautés dans les grandes surfaces sous prétexte qu’elles sont moins dispendieuses. Tout ça au profit non seulement de leurs poches, mais surtout de la préservation de la culture.Je crois juste que puisque ces librairies sont tenues par des gens passionnés de lecture, les relations publiques, la communication et le marketing, ne sont donc pas des domaines qu’ils maîtrisent vraiment et ça parait dans leurs interventions…

  3. mecantin1989 dit :

    Au mois d’août, un livre que j’attendais avec impatience est enfin arrivé sur les planchers de nos magasins grandes surfaces et nos librairies. Ma sœur se l’était procuré dans une librairie et le livre lui avait coûter environ 40$. Je désirais moi aussi me le procurer et un jour au Walmart, je l’ai aperçu, il était moins dispendieux et en plus nous avions 30% de rabais à l’achat du livre. J’ai pu avoir le livre pour environ 10$ de moins que celui de ma sœur. En étant une consommatrice assidue, il est clair que j’ai préféré acheter mon livre à rabais. Mais en y repensant et si j’avais lu ton billet avant, il se peut que j’aurais changé d’avis et que je sois allée me le procurer dans une librairie. J’ai presque lu tous les livres de l’auteur en question et je veux continuer à le lire longtemps. Alors, je suis d’accord pour l’imposition d’un prix plancher qui ferait la grande différence dans nos librairies. Je trouve également que le point que Marie Laberge a apporté à Tout le monde en parle sur le fait que l’auteur recevrait la même cote peu importe le prix du livre, est intéressant et je dirais que cette solution me semble être la meilleure.

  4. cbujold dit :

    Comme on peut le constater, malgré que le sujet n’obtient pas une aussi grande attention médiatique que voulu, on se rend compte que les consommateurs ont tout de même un avis partagé puisque cela les touche directement. Je suis tout à fait d’accord avec toi lorsque tu dis que les libraires indépendants auraient besoin de clarifier leurs objectifs et d’améliorer leurs stratégies communicationnelles. Si leurs buts ne sont pas clairs, ils auront beaucoup de difficulté à rallier la population derrière leur volonté.
    De plus, les consommateurs en veulent toujours plus pour leur argent et je peux le comprendre totalement. Toutefois, si on veut éviter de se faire dicter ce qu’on doit lire par des grandes bannières, il faut assurer la survie des librairies indépendantes qui ont déjà beaucoup de difficulté à survivre. Personnellement, j’aime bien me rendre dans ces petites librairies où le personnel connaît réellement la littérature et qui est capable de nous faire découvrir d’autres oeuvres que des bestsellers. En outre, je crois qu’on y gagnerait à prendre en considération cette imposition d’un prix plancher pour le livre pas seulement pour maintenant, mais aussi pour les répercussions futures sur la culture.

  5. bourquecaroline dit :

    Merci beaucoup pour vos commentaires tous aussi pertinents les uns que les autres. Je crois que nous souhaitons tous que l’enjeu soit aussi clair pour l’ensemble des consommateurs. Avec l’adoption de cette loi, comme on dit, la balle sera dans le camp des librairies!

  6. cotemartine2013 dit :

    Les librairies indépendantes ferment les unes après les autres depuis quelques années et ce constat est tellement désolant. Le prix plancher me semble être une des pistes de solutions les plus efficaces afin de préserver ces commerces. Je ne crois pas que les gens cesseront d’acheter des livres, surtout les best-sellers, lors des premiers neuf mois de la sortie parce que le prix est un peu plus élevé que ce à quoi ils sont habitués. En plus, je suis peut-être idéaliste, mais l’instauration de ce prix plancher pourrait peut-être pousser la clientèle à revenir vers les libraires pour des suggestions de lecture peut-être un peu différentes de ce à quoi ils sont habitués. Établir une relation de confiance et de partage avec son libraire, ça n’a pas de prix.

    • bourquecaroline dit :

      J’aime bien les mots «semble être une des pistes de solutions». En effet, il s’agit là d’une piste. En écoutant les témoignages des libraires à la commission parlementaire, ces derniers semblaient misés énormément sur cette loi afin de modifier le comportement des consommateurs. Je crois qu’un important travail d’amélioration de l’image des librairies est nécessaire pour y arriver. Rendre à nouveau, les librairies indépendantes «trendy» serait une des stratégies à considérer, à mon avis.

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