Tourner sa langue sept fois avant de tweeter

Depuis la création de Twitter en 2006, plusieurs personnalités publiques ont appris à leurs dépens qu’un simple tweet peut attirer de vives critiques et affecter leur réputation. Dernièrement, c’est Denis Coderre qui s’est mis à dos les Canadiens de Montréal après avoir publié un tweet désobligeant à l’endroit de David Desharnais.

Allo? Un billet simple pour Hamilton pour David Desharnais svp…. #HabsDC

Coderre s’est pourtant bien gardé de fournir des excuses en affirmant qu’il est un fan du Canadien tout autant qu’il est maire de Montréal : « On n’enlèvera pas le fan en moi. »

Réputation et image de Denis Coderre

Denis-CoderreL’image de Denis Coderre n’a peut-être pas souffert autant qu’on pourrait le penser. Pourquoi? Parce que Coderre s’est construit une image d’un politicien direct, près de la population, qui n’a pas sa langue dans sa poche, et qui ne parle pas la langue de bois. Même si ses propos ont été largement critiqués, ils cadraient tout à fait avec l’image calculée par Denis Coderre. En ce sens, le tweet – ce qu’il traduisait implicitement en termes d’image et de réputation – n’était pas si sensationnel. Coderre a réussi à faire parler de lui (en bien ou en mal) sans toutefois altérer sa réputation.

Après les reproches, les félicitations

Coderre n’a peut-être pas offert d’excuses à Desharnais ou aux autres membres de l’équipe, mais le tweet publié le 15 novembre a satisfait plusieurs personnes offensées précedemment: « Yesssss! Bravo David 🙂 #HabsDC« . Simple, mais efficace.

Beaucoup plus prudent cette-fois ci, Coderre a réussi à se faire pardonner, tout en restant fidèle au partisan en lui. Le tweet, partagé plus de 500 fois, montre que Coderre a appris qu’il valait mieux tourner sa langue sept fois avant de tweeter

Ce qu’on peut en retenir

Les médias sociaux sont une arme à double tranchant et montrent plus que jamais que les écrits restent. Les politiciens, entre autres, ne doivent pas oublier qu’aux yeux de la population, ils sont une personnalité publique avant tout. Il devient de plus en plus difficile de justifier une opinion qui n’engage que la personne (dans ce cas-ci, Denis Coderre, partisan des Canadiens de Montréal) et non sa profession dans l’espace public (Denis Coderre, maire de Montréal). La rapidité et l’instantanéité des communications ne pardonnent pas une affirmation irréfléchie. Une brève analyse des conséquences possibles d’une affirmation publique est toujours conseillée.

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4 commentaires pour Tourner sa langue sept fois avant de tweeter

  1. roxannedap dit :

    Très intéressant comme billet. Je suis d’avis qu’un tel commentaire n’a pas sa place vu la position actuelle de Denis Coderre pour les montréalais. Suite à cet événement, nous avons pu entendre les commentaires des joueurs, qui étaient visiblement tous du côté de Desharnais. Par exemple, Pacioretty, qui est un bon ami de David Desharnais, y est allé avec une touche de sarcasme en disant : ‘est-ce qu’il (Denis Corderre) pense qu’il pourrait diriger notre équipe (mardi soir)?’ Il ajoute aussi que c’était un commentaire gratuit qui ne se voit pas dans d’autres villes. L’entraîneur des Canadiens aussi défend ardemment Desharnais en disant que c’est un commentaire inapproprié. Desharnais n’a pas voulu répondre aux questions des médias, ce que l’on comprend totalement. Coderre est suivi par beaucoup de montréalais et ce commentaire désobligeant, que tous les suiveurs ont lu, fait en sorte que Desharnais a perdu sa confiance en lui. Nous savons tous à quel point le psychologique est important au hockey. En tant que maire et en tant que fan, Coderre se doit de toujours encourager ce qui représente, ne nous le cachons pas, Montréal. Heureusement, Desharnais a cloué le bec à Coderre avec son but…!

  2. catherinefrancoeur1 dit :

    Dès ses premières heures comme candidat à la mairie de Montréal, M. Coderre faisait déjà parler de lui à cause d’une flèche envoyée aux médias traditionnels. Ce Denis Coderre 2.0, comme Patrick Lagacé l’a surnommé dans sa chronique intitulé Mon cher Denis…, se veut plus proche de la population grâce à sa présence dans les médias sociaux (comme Twitter et Facebook), ce qui peut être une bonne chose dans notre société d’aujourd’hui. Par contre le fait d’entraîner son poste de maire dans ses propos personnels n’est peut-être pas la meilleure stratégie de relation publique pour son image de maire débutant… Je pense que sa crédibilité sera grandement touchée s’il ne réussit pas à ajuster son image et contrôler ses propos sur les médias sociaux en fonction des nouvelles responsabilités qui lui sont accordées.

    Et dans le même sens que le dernier point du billet, je crois qu’il reste que les limites à respecter, quand il vient le temps de s’exprimer sur les réseaux sociaux lorsqu’on occupe une profession dans l’espace public, ne sont pas claires pour tout le monde.

  3. myriamlarabie dit :

    Roxanne – Le monde du sport n’est effectivement pas allé avec le dos de la cuillère en réaction au commentaire de M. Coderre! On peut bien comprendre que le maire de Montréal commentait « en tant que fan », il n’en demeure pas moins que son importance dans la sphère publique décuple la portée de ses affirmations… En ce sens, la réaction des membres de l’équipe est tout à fait compréhensible. Que M. Untel de Boucherville dénigre la performance d’un joueur, personne n’en fait de plat… Mais lorsque le nouveau maire de Montréal se positionne, peu demeurent indifférents.

    Catherine – M. Coderre semble effectivement vouloir adopter une image 2.0, mais on voit qu’il est encore en mode « beta », n’ayant peut-être pas saisi les répercussions qu’un tweet (même à titre personnel) peut avoir… D’un autre côté, je pense que la population de façon générale ne sait pas ce qu’elle veut… D’un côté, on réclame le renouveau, mais de l’autre, on vote pour « l’expérience » et on s’offusque d’un tweet maladroit… Bref, je pense tout de même que plus un individu est visible dans la sphère publique, plus il doit penser les conséquences de ses « tweets » (ou toute autre publication sur un réseau social)

  4. Manon dit :

    Selon moi, ce qui a le plus ébranlé tout le monde dans ce tweet, c’est qu’un maire se prononce sur son équipe de hockey. Jamais le maire de Montréal ne s’est prononcé sur les performances d’aucune équipe de la ville. Le premier commentaire qui m’est venu à l’esprit lorsque j’ai entendu parler de cette histoire c’est : « commence donc par régler les problèmes concernant la ville au lieu de gérer l’équipe de hockey ». Il est vrai que ce n’est pas la première personne à passer un commentaire du genre pour le Canandien de Montréal, en tant que fan, il peut dire ce qu’il veut à son entourage, mais il devrait en effet se garder une petite gêne sur ce qu’il dit en public étant donné son poste. Je crois qu’en effet, monsieur Coderre doit revoir sa stratégie 2.0 pour conserver sa crédibilité.

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