La nouvelle campagne de publicités du Guide Restos Voir

Nouvelle campagne publicitaire

Le Guide Restos Voir, un des plus coté à Montréal dans l’industrie de la restauration, fête ses 18 ans cette année. Dans le cadre de leur campagne publicitaire soulignant cet anniversaire, le Guide a opté pour le mythe qui, populairement, entoure l’âge d’une dix-huitième année. La majorité.

En faisant appel à Publicis Montréal, leurs publicités desquelles on parle à présent partout à travers le monde, ont pris la tournure suivante : on fête nos 18 ans? On devient majeur? Bienvenue dans le monde de la sexualité! La bouffe c’est cochon, on revient à nos instincts! Le concept est le suivant : prendre des aliments et les montrer sous des aspects d’organes génitaux.

Guide Resto voir 1Guide Resto voir 2

Peut-on dire que Le Guide Restos Voir aurait opté pour la facilité de l’œil-accrocheur de la sexualité pour faire parler d’eux?


En parler en bien ou en mal, mais en parler à tout prix?

Cette campagne avait clairement un objectif qui mènerait à des ventes : « parlez-en en bien ou en mal, mais parlez-en ». En quelques recherches rapides, vous trouverez des articles sur ce sujet même au niveau international dans des médias comme Express.fr et Grazia.fr. Objectif : atteint!

Qu’est-ce que cette expression de vouloir en parler à tout prix? À notre époque, on voit cela de plus en plus souvent dans le domaine de la publicité. Et le pire c’est que ça semble fonctionner. Mais avec le bien vient (peut venir) le mal et celui-ci peut atteindre l’image de l’entreprise. Est-ce le cas pour le Guide? D’après ce qui circule sur le web – blog, articles, etc. – les esprits seraient mitigés. Certains trouvent que la sexualité a été utilisée brillamment et d’autres considèrent que certaines limites ont été dépassées.
Cependant, comme le relate Infopresse dans son article sur le sujet, Nicolas Massey (vice-président et directeur de la création de l’agence Publicis) affirme que l’on ne devrait pas « s’étonner de cette décision [d’utiliser la sexualité comme concept] si l’on se fie aux résultats ». En effet, « peu importe les critiques, bonnes ou mauvaises, notre mission est accomplie: un client heureux qui vend des Guides Resto comme des petits pains chauds

Dans ce cas où les ventes s’accumulent, il faut quand même se poser la question suivante : est-ce vraiment l’image que l’entreprise veut projeter? Nous nous doutons bien que le Guide ne veut pas être associé à un caractère sexuel, mais ce qui en ressort c’est qu’ils sont prêts à tout pour faire parler d’eux.

La place de l’éthique et les limites

Sans vouloir généraliser, le domaine publicitaire en est-il rendu là? Il faudrait définir les limites entre vouloir vendre et l’éthique. Dans l’ordre d’un autre type de publicités, avec les Miley Cirus et les Rihanna (pour ne nommez qu’elles) de ce monde et leurs vidéoclips qui sont sorti récemment, la surutilisation de la sexualité est-elle nécessaire pour vendre et faire parler?

Dans le cadre de la campagne du Guide Restos Voir, l’approche de la sexualité qu’ils utilisent restent très basique, légère, ni cru ni vulgaire considérant que c’est de la nourriture sur image. Celles-ci abordent un contenu qui reste fortement suggérant, mais c’est tout de même que de la nourriture. Sans mimer un acte sexuel comme plusieurs autres campagnes publicitaires de d’autres entreprises ont fait par le passé et feront dans l’avenir, certains affirment que celle du Guide est, sommes toutes, originale et tape-à-l’œil sans tomber dans l’hypersexualité.

Aussi, nous le savons bien, toutes publicités ont un public cible. Dans le cas de la campagne du Guide Restos Voir¸ on pourrait croire que leur public cible est celui des jeunes branchés qui sortent. Est-ce que cette campagne leur plaît réellement? Oui c’est tape-à-l’œil et l’attention est pratiquement automatiquement tournée vers ce type d’image, mais faut-il à ce point sortir de la pudeur et du traditionnel pour arriver à vendre « comme des petits pains chauds»? Voilà ma question. Les clients sont contents, l’objectif a été atteint, les ventes sont fulgurantes, mais où se trouve la place de l’éthique à présent dans ce domaine où la concurrence est foudroyante?

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8 commentaires pour La nouvelle campagne de publicités du Guide Restos Voir

  1. laurenceyanakis dit :

    Je me considère vraiment dans le public-cible visé par cette publicité et, pourtant, je la trouve épouvantable.
    J’ai eu l’occasion d’en parler avec certaines personnes de mon entourage et d’entre une discussion à ce sujet à l’émission Médium Large d’ICI Radio-Canada Première et j’en arrive à la conclusion qu’aujourd’hui, l’utilisation du sexe dans la publicité est une tactique « trop facile » pour arriver rapidement à une fin.
    Je partage également ton analyse quant à l’hyper-sexualisation de notre société… c’est un peu comme la gâteau au chocolat. On aime bien manger un morceau, mais tout le gâteau ? Pas certaine!
    Au final, si la stratégie de communication était d’inciter les jeunes professionnels qui sortent à acheter le Guide Resto Voir, il faudra gagner mon adhésion en utilisant d’autres moyens (j’espère qu’ils y ont pensé dans leur plan de communication!)

  2. valeriegravel dit :

    Je crois que cette campagne est vulgaire et que l’image projetée par le Guide Resto voir n’est pas des plus positive dans ce contexte. Le Guide a déjà fait ses preuves en terme de qualité, pourquoi désirer faire parler à ce point, même en mal? Ce n’est vraiment pas une stratégie adéquate selon moi, au contraire. La campagne aurait dûe miser sur la pérénité de la notoriété du guide plutôt que sur une campagne de mauvais goût qui tombe dans les clichés sexuels. Quant à l’hypersexualisation, son étendue dans les médias n’est plus à prouver mais si maintenant, même la nourriture doit être sexualisée, je rend mon tablier.

  3. fleo009 dit :

    J’adore cette campagne publicitaire, surtout celle avec l’huître, parce que bien que subtile, elle fait allusion à une ressemblance qui fait partie de nos remarques populaires. Juste assez pour nous sortir de notre zone habituelle.
    Toutefois, je ne sais pas si le public visé est vraiment celui des « jeunes branchés qui sortent ». Mon impression était plutôt portée vers les adultes plus matures qui cherchent à ajouter un peu de piquant à leurs sorties « chics ».
    Le concept est uni et cohérent. Bien qu’explicite, je ne le trouve pas vulgaire ni dénigrant, Au contraire, c’est une ode aux plaisirs sensoriels qui va de pair avec les motifs de base d’une sortie gastronomique et surtout avec la célébration de leur 18e anniversaire.

  4. myriamlarabie dit :

    Étonnament, je n’avais pas vu la publicité du nouveau guide… Après lecture de ce billet, je résume ma pensée en une phrase: ce n’est pas parce qu’on peut le faire que c’est une bonne idée…

    Personnellement, je trouve cette tactique de mauvais goût et désespérée… La nourriture a-t-elle vraiment perdu son intérêt intrinsèquement, de sorte à ce qu’on doive la déguiser de façon sexuelle pour capter l’attention du public?? On sait bien que le sexe vend, mais est-ce que ce serait possible de ne pas appliquer cette notion partout?

    À mon sens, cette campagne envoie le mauvais message… Le contenu du guide parle de restos raffinés, « classes », recherchés… La publicité envoie un message très « cru » et grossier. Je crois également que l’agence n’a pas fait une bonne analyse des publics, et s’est concentrée strictement sur le 18e anniversaire du guide. On peut pensé que les publics sont les jeunes adultes, mais à mon sens, les restaurateurs sont une partie importante des publics. Les 18-25 ans ne sont pas les seuls publics, et j’ai l’impression que l’agence n’y a pas pensé…

    • sarahdecc dit :

      Je suis d’accord avec ton analyse du public cible. Du moins, ils ont peut-être essayé d’aller rejoindre un public cible plus jeune avec cette campagne. Est-ce que ça l’a marché? Je suis du même avis que toi!

  5. joellepayette4 dit :

    Je seconde myriamlabrie car je n’avais pas vue la publicité du nouveau guide avant la lecture de ce billet. Je la trouve très grossière cette publicité, car ce n’est pas seulement la tranche d’âge 18-25 qui tombera sur cette obscènité. Les jeunes d’aujourd’hui, déjà hyper-sexualisés ne reçoivent pas un très bel exemple de la cour des grands. Je suis complètement d’accord avec le fait que l’agence aurait pu réfléchir plus profondément sur le comment-rejoindre-vraiment-son public cible d’une façon acceptable au niveau de la société. Ce n’est pas parce que nous sommes les « jeunes branchés » que nous associons directement la gastronomie à la sexualité et que cette campagne nous fera sortir davantage dans les restos pour aller manger du pain en forme de paire de seins.

  6. longrivard dit :

    Vulgaire ou non, selon moi l’objectif recherché n’est pas atteint. Après tout, le Guide vise à rendre accessible le luxe de la bonne bouffe. Je ne sais pas pour vous, mais moi je n’ai pas du tout l’eau à la bouche.

  7. sarahdecc dit :

    En fait, l’objectif de cette campagne était de vendre, et comme j’ai souligné dans l’article, l’objectif a supposément été atteint. Cela dit, je suis en accord avec vos commentaires affirmant votre désaccord avec cette campagne. Je suis complètement contre l’hypersexualisation que nous retrouvons dans la société d’aujourd’hui et en effet, encore une fois, la sexualité est utilisée pour vendre. Trop facile, trop souvent.
    Merci de vos commentaires 🙂

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