Les bonus avant la faillite

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Le réseau de bicyclette publique nommé BIXI a été mis en branle en mai 2009. C’était un projet vert, qui encourageait l’activité physique et qui permettait de se déplacer plus aisément au centre-ville de Montréal. Beaucoup de gens voyaient ce projet comme une belle initiative de la part de la ville. Toutefois, une bonne idée n’est pas toujours un succès; en effet, le 20 janvier dernier, BIXI s’est mis sous la protection de la faillite. Ayant accumulé près de 50 millions de dettes, la Société de vélo en libre-service (SVLS) n’avait pas d’autre choix. C’est le manque de transparence de la part du SVLS qui est mis en cause.

De simples compléments de rémunération…

L’histoire a fait bien des remous lorsqu’une source anonyme a permis à Marc-André Gadoury, Conseiller de Projet Montréal, de rendre publics les bonus que BIXI a versés à ses employés un mois avant l’annonce où BIXI allait se mettre sous la protection de la faillite. Michel Philibert, Président Directeur Général de BIXI, confirme que le total versé aux 39 employés est d’environ 232 00$. De plus, une somme autour de 15 00$ aurait été attribuée en plus aux 5 hauts dirigeants dont Michel Philibert. Ce dernier justifie ces bonus en disant qu’ils sont plutôt des « compléments de rémunération » puisque les 39 employés ont tous atteint leurs objectifs de 2013 et que leur salaire de base était inférieur à la moyenne du marché. M. Philibert souligne que lorsque les sommes ont été distribuées, « il y avait encore de l’espoir pour BIXI ». Soulignons que les « compléments de rémunérations » ont été remis un mois avant l’annonce de la faillite de BIXI.

Le maire de la ville de Montréal, Denis Coderre, affirme que « ce sont des bonis indécents vu les circonstances ». Notons que la ville de Montréal avait investi plus de 30 millions dans ce projet. Le SVLS est accusé de ne pas avoir été assez transparent. En fait, les derniers états financiers de BIXI datent de 2012. Le chef de l’opposition, Richard Bergeron, dit que le SVLS a été d’une « opacité absolue ».

« Too Big to Fail »

Rappelons-nous, sur une plus grande échelle, le scandale créé par American International Group (AIG) en 2008. Plusieurs mauvaises décisions avaient été prises par les dirigeants d’AIG à l’époque. Le gouvernement américain est arrivé en dernier recours alors qu’AIG frôlait la faillite. L’État leur sauve la peau en injectant 182,3 milliards de dollars afin que les États-Unis ne tombent pas dans une grande récession. Immédiatement après, on voit les dirigeants s’offrir près de 162 millions de dollars en bonus. Tout ceci, en même temps qu’Occupy Wall Street était en effervescence. Lawrence Summers, Principal Conseiller économique de la Maison Blanche, stipule que les bonus faisaient partie des contrats auquel le gouvernement n’y pouvait rien, bien qu’il qualifie la conduite de AIG de « scandaleuse ». Edward Liddy, président de AIG mis en place par le gouvernement en septembre à l’époque, a avoué que ces bonus étaient de « mauvais goût et difficile à recommander » et qu’il n’avait eu aucun bonus pour lui. Il a été franc et à jouer la carte de la transparence contrairement à Michel Philibert.

La différence entre ces deux problématiques c’est que l’un des dirigeants a été le plus transparent possible tandis que l’autre a fait croire à tous qu’il y avait de l’espoir, et ce, même un mois avant de se mettre sous la protection de la faillite. Je serais bien étonnée de voir tous les états financiers de BIXI depuis 2012 et les objectifs qu’ils s’avaient fixés pour l’an 2013. Valaient-ils vraiment tous ces « compléments de rémunération »?

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Un commentaire pour Les bonus avant la faillite

  1. vlalondeqc dit :

    Tout ça est vraiment un beau gâchis car au départ, l’idée de Bixie à Montréal était une très bonne idée. Denis Coderre a bien réagit en décidant de ne plus injecter aucun dollar de plus et en réussissant à sauver la saison d’été 2014. J’espère qu’il trouvera un moyen pour garder Bixie et la rendre rentable. C’est à suivre…

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