Le diplôme du secondaire: un enjeu de réputation pour le ministère de l’Éducation

Etudiants_GlobeLe taux de décrochage au Québec est parmi les pires taux au Canada. Dans le réseau public, un jeune homme sur deux ne termine pas son secondaire en cinq ans alors que c’est le cas pour une fille sur trois.

« La lutte contre le décrochage scolaire au secondaire sera l’objet d’une première politique nationale”, a annoncé en novembre dernier la ministre de l’Éducation, Mme Marie Malavoy. Elle répète le même message depuis: elle souhaite que d’ici 2020, deux jeunes du secondaire sur trois décrochent leur diplôme dans le temps requis et que 80% des élèves l’obtiennent avant l’âge de 20 ans. Elle ajoute aussi que le Québec devienne l’une des nations ayant le meilleur taux de diplomation au monde.

Les actions concrètes pour véhiculer son message sont multiples

* Semaine des professionnelles et professionnels de l’éducation, peu après sa déclaration. Elle souligne leur rôle-clé d’entrée de jeu.

*Injection de 5.2 millions de dollars en éducation pour accroître -sur une période de quatre ans- à 600 le nombre de professionnels de soutien direct aux élèves en difficulté d’apprentissage. Il y a cohérence entre le message et l’action, ce qui ajoute à sa crédibilité.

*Semaine des enseignantes et enseignants (4 au 8 février derniers) sous le thème: À l’écoute de nos profs.  La ministre donne l’occasion aux professeurs de s’exprimer sur leur réalité au quotidien et d’unir ainsi leurs efforts pour combattre le décrochage. En s’impliquant personnellement et en les écoutant, Mme Malavoy envoie une très belle image publique. J’espère que ces quatre jours n’étaient pas seulement une opération de maquillage mais une opportunité réelle à consolider des liens entre les deux parties.

*Cinquième édition des journées de la Persévérance scolaire (10 au 14 février) avec l’auteur-compositeur Alexandre Poulain, le fondateur de la fondation du même nom Christian Vachon et le joueur de hockey pour l’équipe de Phoenix Alexandre Sills,  comme ambassadeurs auprès des jeunes. Plus de 400 activités et plusieurs conférences sont au programme afin de motiver les jeunes à poursuivre leurs études.

*Le site internet nelâchepas.ca est spécialement conçu pour leur donner envie de réussir et envoie comme message que le gouvernement est disponible pour eux.

Pour la première fois, le taux de décrochage a chuté sous la barre des 20%.  La stratégie semble fonctionner mais il reste du chemin à faire.

Marie Malavoy

Mesurer les perceptions

Une des mesures aussi prise par la ministre est de diminuer les possibilités de redoublement dans les deux premières années du secondaire en diminuant le nombre d’unités requises pour passer. Dans son message, la ministre semble concernée par l’enjeu: “Si les étudiants sont constamment mis en situation d’échec, ils perdent l’estime d’eux-mêmes. S’ils décrochent, ils ne peuvent se trouver un emploi faute d’avoir leur diplôme, éducation minimale requise par les employeurs. Mon défi est qu’ils restent dans le parcours sans en sortir ».

Si j’étais la ministre, je porterais une attention particulière au potentiel de dommage que cette réforme peut causer sur la valeur académique du diplôme du secondaire. Il faudrait tout de même s’assurer que les connaissances élémentaires soient maîtrisées. La réussite est importante mais non au détriment des compétences.

Pour amoindrir l’impression que le diplôme semble plus facile à obtenir, il faudrait que la ministre trouve des moyens d’en rehausser la valeur.

Par exemple, à tous les trois ans, l ‘OCDE publie le rapport international de l’enquête PISA où elle évalue les jeunes de 15 ans de chaque province et pays dans les domaines de la lecture, des maths et des sciences. La nouvelle a presque passée inaperçue ici mais, encore une fois, les élèves du Québec sont arrivés premiers au Canada en maths et quatrième en sciences. La ministre aurait dû profiter de l’occasion pour mettre en valeur l’excellence de leur performance ainsi que la qualité de l’enseignement de nos professeurs et de nos programmes. Il y a une concordance indéniable entre le curriculum enseigné et ce que mesure PISA.

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4 commentaires pour Le diplôme du secondaire: un enjeu de réputation pour le ministère de l’Éducation

  1. Lynda Doucet dit :

    Parlons en du Ministere de l Éducation et des écoles secondaires publiques. Depuis l école élémentaire, j ai tellement vu des Injustices parmies les éleves, ex: un éleve indésirable qui faisait des (intimidations) envers d autres éleves, a cause que son pere était un proche de Monsieur Parizeau a l époque et qu en plus le pere avait un poste haut placer, avait des prévileges aupres des professeurs de l école et recevait toujours des résultats scolaires tres élevés, et pourtant ses problemes séveres de comportement,démontraient clairement que ce petit monstre n aurait jamais été un premier de classe. en plus il se vantait qu il n étudiait Jamais ! Cela est sans compter que j ai déja été obliger de demander une révision (recorrection de notes ) car j étais persuadée avoir un résultat supérieur a la note que j avais eu, et apres vérification j avais bien eu un résultat de 12 points supérieurs ! Comment faire confiance envers les correcteurs , Aucune! En plus, a l éducation des adultes, lorsque les étudiant (e)s vont faire leurs cours sur place, les professeurs sont tellement (débordés) que lorsque certains ont besoin plus de soutien, ils doivent attendre en ligne et cela en décourage plusieurs, puisqu ils (elles) n avancent pas a un rihme plus accéléré. Et aussi la question des matieres Exigées pour le choix du (DEP), certaines matieres comme ex: mathématiques sec 4, pour un DEP en secrétariat, c est Abusif, car il faudrait remplacer les maths qui sont des calculs

  2. André Cyr dit :

    Bon survol de la situation. De la ministre, nous attendons toujours les actions concrètes qui feront la différence, dans le taux de décrochage des élèves. Pour l’instant, la ministre n’en est qu’au stade des annonces, promesses, formules pour rassurer la population docile, mais qui ne satisferont aucunement ceux et celles qui ont du sens critique, qui veulent que les élèves aient le goût d’aller à l’école. Entre nous, chacune des analyses de Gabriel Nadeau Dubois est dix fois plus crédible que les annonces de la ministre, actuellement. Récemment sur internet, un article parlait des commissions scolaires qui veulent banaliser la valeur du diplôme, pour simplifier leur entrée dans le marché de l’emploi. Réaction de la ministre, là-dessus ? Pas encore lu quoi que ce soit à ce sujet, pourtant essentiel. Rien pour rassurer ceux et celles qui se donnent corps et âme chaque semaine, à transmettre des valeurs et des connaissances à ceux qui nous suivront, forgeant la culture de ceux qui écriront les règles de la société de demain et qui disposeront de nous, devenus vieux. Vous voyez le topo, madame la ministre ? André Cyr

    • Dominique dit :

      Sujet trop large pour l’embrasser (l’embraser?) par un simple commentaire. Mais si je devais n’en faire qu’un seul, ce serait celui-ci. Nous devons réinventer constamment l’école pour « permettre » au plus grand nombre de réussir car de moins en moins de jeunes n’acceptent de se conformer au système, malgré d’innombrables réinventions quotidiennes de ses principaux acteurs, les profs. La famille québécoise d’aujourd’hui accorde moins d’importance aux valeurs éducatives et aux devoirs (au sens large) qu’aux émissions de télé-réalité, aux téléphones intelligents et autres tablettes interactives. Qui s’intéresse encore à la vraie culture, pas celle de nos réseaux de télé, pas les jeux électroniques sous toutes leurs formes, pas les réseaux sociaux, pas le cinéma des effets spéciaux au service du vide, pas la musique hip hop aux vidéoclips sexuels et débilitants. Le théâtre, la littérature, ne serait-ce que de lire un livre en dehors de ses cours et ouvrages obligatoires. Mais une fois sur deux, papa et maman québécois n’ont pas ce qu’il faut, ne serait-ce que pour viser plus haut ou simplement être conscients que l’école n’est pas responsable des lacunes de leur éducation et n’a pas les moyens de réparer ce qui a été si mal assemblé au départ. Le problème ne vient pas de l’école; son origine est culturelle.

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