Le « First Kiss » de 20 étrangers

Tatia Pilieva - 20 Strangers First Kiss

Il y a maintenant deux semaines que la vidéo « First Kiss » a été postée sur le Net et que les vues ne cessent d’augmenter de jour en jour. Tatia Pilieva est passée du statut de réalisatrice inconnue à celui d’une artiste accomplie, multipliant les entrevues sur les plateaux télévisés et radios. Cette réalisatrice géorgienne, ayant fait ses études dans le cinéma à Los Angeles, est passionnée par l’émotion que dégage un baiser. Elle adore visionner, dans son passe-temps, des photos d’elle et de son mari.

Tout commence dans les années 90, à New York, quand Tatia fait la rencontre de Melissa Cocker. Cette dernière devient rapidement une amie et les deux jeunes femmes réfléchissent alors à la possibilité, qu’un jour, elles travailleront ensemble. Ce n’est que des années plus tard qu’elles collaboreront sur le projet de Melissa, fondatrice de la compagnie de vêtements WREN, afin de faire la promotion de sa nouvelle collection pour l’automne 2014. C’est en joignant l’obsession de Tatia pour les baisers à la nouvelle collection de vêtements créée par Melissa, qu’est née l’idée de produire « First Kiss« .

En plein émoi… 

D’un point de vue des relations publiques, « First Kiss » semble être un concept qui n’atteint pas forcément son public cible, malgré l’ampleur qu’a pris la vidéo. En effet, vingt personnes, qui ne se sont jamais rencontrées auparavant, formeront 10 « couples » et devront s’embrasser pour la première fois. La majorité de ces personnes sont des amis, acteurs ou mannequins faisant partie de l’entourage de la réalisatrice ou de celui de Melissa. Mise à part la belle apparence des 20 « étrangers », le film ne met pas vraiment l’emphase sur les vêtements WREN, ni sur la marque elle-même, ce qui peut étonner sachant que ce film est en premier lieu une publicité. Sur YouTube, le titre ne donne aucun indice publicitaire et n’évoque que ce que l’internaute s’apprête à visionner.

Alors, était-ce volontaire de n’avoir mis que l’accent sur la beauté des « couples » et de leurs baisers, et non pas sur la marque WREN en tant que telle?

Je pense que oui. Cependant, le pari était risqué, car le lien entre les images de « First Kiss » et WREN est mince. Il serait facile de croire que Tatia Pilieva aurait réalisé ce film dans le but de se faire connaître auprès du grand public.

Le pari réussi d’une promotion cachée!

Le génie réside, en revanche, lorsqu’on prend conscience que ce film est en fait une publicité. Cela donne un tout autre aspect à cette vidéo! C’est comme si elle reprenait un second souffle et une nouvelle signification. Toutefois, il est difficile d’établir un lien entre la gêne et la maladresse d’une rencontre potentiellement amoureuse et une marque de vêtements prêts-à-porter, surtout que la majorité des « étrangers » portent leurs propres vêtements.

L’internaute, moindrement curieux, qui sait que « First Kiss » est une publicité, prêtera peut-être un autre regard aux images et au message diffusés par WREN et Tatia Pilieva. D’ailleurs, je me suis surprise à visiter, par après, le site Internet officiel de WREN! Cependant, je ne sais pas si ce sont mes études en relations publiques, ma curiosité féminine ou simplement mon goût prononcé pour la mode qui m’ont amenée à m’intéresser à la nouvelle collection de Melissa Cocker. Peut-être était-ce les trois réunis? D’ailleurs, je n’ai pas trouvé ces vêtements mirobolants, comparativement à l’impression que m’a laissée la vidéo…

Je dois toutefois avouer que « First Kiss » est une réussite en elle-même, si l’on suppose que son but premier était d’atteindre un maximum de publics — y compris son public cible — en touchant leur corde sensible, afin de les encourager à découvrir les vêtements WREN. Le seul bémol de ce mini « conte de fée » serait que le public soit tellement ému par ces images, qu’il en oublierait l’aspect publicitaire… S’il le remarque.

Conclusion

Lorsqu’on visionne « First Kiss » pour la première fois, on se demande où cette vidéo nous mènera, mais on embarque volontiers dans l’ambiance créée par ces belles images et par la musique de fond.

Le monde entier, ainsi que le public cible, a été touché par la beauté des premiers baisers entre ces 20 individus. Par contre, malgré l’intérêt suscité par ce film, la publicité n’a peut-être pas résonné jusqu’aux oreilles des inconditionnels de la marque WREN. Finalement, on risquera davantage de retenir le nom de Tatia Pilieva pour son magnifique travail visuel, plutôt que le renom et la nouvelle collection « automne 2014 » de la marque WREN, elle-même la base de cette vidéo publicitaire.

Margaux Sadoun


Pour plus d’informations:

http://www.huffingtonpost.com/tatia-pilieva/the-story-behind-first-ki_b_4980015.html?1395077960

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6 commentaires pour Le « First Kiss » de 20 étrangers

  1. laurencecardinal dit :

    J’abonde dans le même sens que ton billet quant à la difficulté de faire le lien entre la vidéo et la compagnie de vêtement. J’avais vu la vidéo sur internet il y a quelques jours et n’avais pas compris que c’était un objet « promotionnel ». Peut-être n’est-on qu’au début de l’histoire que cette marque racontera? D’où notre confusion. Comme vu avec Luc Panneton cette semaine, il faudra sans doute la production de plusieurs vidéos intéressantes pour que le consommateur fasse le lien entre le produit et l’émotion ressentie en visionnant. Aussi, j’ai été curieuse de voir la collection et suis malheureusement restée sur ma faim, les vêtements ne m’ont pas paru aussi rafraichissants que la promesse faite. Laissons la chance au coureur! Peut-être que la grande visibilité de cette soudaine popularité poussera ses créateurs à présenter ses collections avec autant de charme que « First kiss ».

    • margauxsadoun dit :

      Tiens, j’aime bien ta façon de voir les choses! Je ne me suis pas imaginée que la compagnie pouvait effectivement donner une suite à cette vidéo… En même temps, je pense que si la publicité avait été vraiment réfléchie dans ce sens, je pense qu’on aurait vu écrit dès le début « Part One », ce qui n’est malheureusement pas le cas… Ton idée a de la suite! Peut-être devrais-tu la leur soumettre?

      Je te fais suivre le lien, au cas où tu aurais le cran de le faire?
      http://wrenstudio.com/content.html

  2. soniast21 dit :

    Après avoir visionné la vidéo, j’ai aussi bien apprécié ce petit documentaire. Je me doutais bien qu’il y avait un message derrière, mais je ne pensais pas que ce serait pour une ligne de vêtement. Du coup, cela m’a fait réfléchir. Les gens aiment se faire raconter des histoires, qu’on soit enfant ou adulte. C’est donc un bon moyen pour une entreprise d’utiliser ce concept pour se rapprocher des gens, de montrer un côté humain et non commercial. Je crois que c’est assez réussi, car la vidéo a retenu l’attention sur le web. Même si la marque de vêtements ne plait pas à tous, on peut dire que sa notoriété est à un autre niveau. On peut donc qu’espérer mieux pour la suite…

    • margauxsadoun dit :

      Comme tu le soulignes, je pense qu’effectivement, et avec du recul, le succès de la vidéo tient dans le fait que les gens aiment se faire raconter des histoires, et si possible, leur histoire! Ce que je trouve dommage, c’est qu’on ne retrouve pas forcément cette histoire dans les vêtements de la nouvelle collection en question… Dommage.

  3. ameliebelair dit :

    First kiss séduit et donne envie d’embrasser sur-le-champ…un peu, beaucoup, PASSIONNÉMENT!Seulement, comme tu le soulignes, le lien est difficile à faire avec WREN: l’auteur aurait au moins pu nous mettre sur la piste de la marque, sans nécessairement oublier toute subtilité. Concernant l’aspect innovateur du concept, on repassera. Un court-métrage intitulé « Le Baiser », réalisé par la réalisatrice française Pascale Ferran en 1990, proposait la même recette―avec des acteurs nettement moins « hot »! L’oeuvre avait d’ailleurs remporté plusieurs prix internationaux.

    • margauxsadoun dit :

      Le concept n’a peut-être rien de nouveau mais c’est certainement le plus bel hommage au travail de la réalisatrice Pascale Ferrand et c’est la touche la plus fraîche que l’on pouvait lui donner en le revisitant!

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