Le retrait volontaire du Guide Michelin par un restaurateur belge : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même!

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La notoriété offerte par un tiers résonne-t-elle d’un si joli timbre aux oreilles de chacun? Vaut-elle vraiment son pesant d’or? Être étoilé du célèbre Guide Michelin est-il si lucratif?

Au début du mois de mars, un restaurateur belge a décidé, lui, de faire les comptes autrement : il a écrit au célèbre Guide Michelin afin de demander qu’on lui retire l’étoile accordée et, du coup, sa présence dans le fameux livre rouge. Il a aussi écrit sur l’heure à Gault & Millau, un autre recueil de restaurants, afin qu’on y biffe aussi sa mention. La raison? Il voulait être « libre dans sa cuisine ». Remarquez, pour l’indépendance, il repassera, les compilations des précieux guides pour 2014 étant déjà envoyées aux presses! La conscience est cependant sauve, et le soulagement enfin au rendez-vous.

Une étoile pâlissante

Ce n’est pas la première fois qu’un restaurateur refuse cette distinction précieuse dans le monde culinaire. Au Japon, où les étoilés sont presque aussi nombreux qu’en France, certains chefs nippons ont refusé les honneurs redoutant de ne pas être à la hauteur de la récompense accordée. En 2005, un autre chef français a remis son étoile faute de fonds pour assumer le standing dû à son nouveau rang. Pourtant certains, dit-on, ont payé de leur vie pour ces lauriers que d’autres refusent. Ainsi, la notoriété accordée par un tiers serait-elle moins valable que celle que l’on s’accorde à soi en effleurant les miroirs?

La renommée du Guide Michelin a été secouée à maintes reprises depuis quelques années. On reproche aux critères de sélection d’être moins stricts, de distribuer comme confettis les astres si prisés, et aux méthodes de sélection (inspecteurs anonymes, critères aléatoires) d’être un peu passéistes. Et c’est maintenant avec un brin de nostalgie que l’on parle d’une grande époque révolue.

Nouvelles tendances et nouveau paradigme

Que cachent ces tendances? A-t-on affaire à quelques originaux aux nerfs trop fragiles? Ou, au contraire, à des créateurs aux égos surdimensionnés qui croiront attirer comme mouche sur miel les clients volages, peu importe la proclame? À des rebelles avec la liberté tatouée au cœur? Doit-on faire appel ici au principe de Peter cher aux années soixante-dix de l’atteinte inconfortable des plateaux d’incompétence? Ou, veut-on, croit-on, que les institutions critiques qui régissent certains secteurs d’activités n’ont plus lieu d’être?

Et c’est-ce sans doute là la pierre angulaire de ses désistements. Depuis l’explosion d’internet, de l’apparition de ses blogueurs-influenceurs, des applications s’appuyant sur les GPS des mobiles indiquant les services à proximité, de la récession récente faisant revisiter ou découvrir les marques moins renommées, de la circulation de l’information par les médias sociaux, la transparence recherchée en toute chose, un changement s’opère. Et comme tout changement, il puise sa source à plusieurs puits, ce qui la rend complexe… et durable!

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