Messages confus au PQ

Un des premiers enseignements en relations publiques est l’importance d’avoir des messages clés clairs et cohérents dans l’ensemble des communications d’une organisation. Ce n’est toutefois pas ce que met en application le Parti Québécois depuis le début de la campagne électorale.

La question de la souveraineté était plutôt passée sous silence durant la campagne électorale jusqu’à la nomination de Pierre Karl Péladeau comme candidat pour le Parti Québécois dans la circonscription de St-Jérôme. C’est un PKP, poing en l’air, qui a lancé le bal en disant : «Je m’engage au Parti québécois parce que j’ai la conviction extrêmement profonde de faire du Québec un pays». Le Parti Québécois s’est alors lancé dans une suite confuse de messages clés, parfois contradictoires, parfois flous, mais surtout inefficaces.

Pauline-Marois-Quebec-Ayoye-685x275Confusion après confusion
Pauline Marois qui avait commencé la campagne en stipulant que «ceux qui ne veulent pas de référendum peuvent voter PQ», a dû modifier quelque peu ses propos. La chef du Parti Québécois a ensuite répété ad nauseam durant le débat sur les ondes de Radio-Canada qu’il n’y aurait «pas de référendum tant que les Québécois ne seront pas prêts». Un message qui ne s’est pas avéré des plus efficaces, car tous ont relevé l’épineuse question : Mais quand seront-ils prêts? Pour ajouter à ce manque de clarté dans les communications de la Première Ministre, Jean-François Lisée a tenu un tout autre discours en se disant «pressé de tenir un référendum le plus rapidement possible dans le prochain mandat». Bref, on assiste présentement à une certaine confusion par rapport à la position du Parti Québécois sur la possibilité d’un futur référendum.

Besoin d’unité
Que ce soit dans une organisation, une entreprise ou au sein d’un parti politique, avoir des messages clés clair et cohérents est primordial. La cohérence des outils de communication permet de développer la voix de l’organisation. Sans cette unité des messages clés au sein de l’organisation, on laisse la porte ouverte à la confusion et à une interprétation des faits différente par notre public. Voilà ce qui se passe présentement pour le Parti Québécois, comme leur position n’est pas communiquée efficacement, le public l’interprète à sa guise au détriment du parti.

Des messages clairs et cohérents :

  • assurent la crédibilité de l’organisation;
  • évitent la confusion;
  • font sauver du temps.

On voit avec le Parti Québécois que les journalistes et le public sont mitigés par cette divergence des communications. La crédibilité d’une organisation s’appuie en partie sur la qualité et l’efficacité de la formulation du message clé. Le Parti Québécois n’arrive pas à faire passer leur message sur la possibilité d’un futur référendum. Il doit donc s’attarder sur cette question, ce qui met de côté plusieurs enjeux d’importance de la campagne électorale.

Pour bien transmettre les messages au public, que ce soit au sein du Parti Québécois ou dans toute autre organisation, il doit avoir :

  • un positionnement unique transposé dans des messages clés clairs;
  • de la cohérence entre les propos des porte-paroles;
  • de la cohérence entre les propos et l’image de l’organisation.

Une question d’identité?
D’après moi, le manque de clarté et de cohérence dans les communications du Parti Québécois découle du fondement même de l’organisation. Un questionnement plus profond sur l’identité propre du Parti Québécois est peut-être à considérer. Un parti peut-il se dire souverainiste sans toutefois vouloir tenir de référendum sur le sujet? Tant que l’identité et la raison d’être du Parti Québécois ne seront pas clarifiées, ses messages seront dilués dans la confusion.

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2 commentaires pour Messages confus au PQ

  1. jadebourdages dit :

    Bien que je trouve le ton de votre article un peu intransigeant (L’incompréhension et la vague de peur du référendum ne vient pas seulement – selon moi – de messages clés «incohérents»), il est vrai que les messages clés du Parti Québécois par rapport au référendum ont changé depuis le début de la campagne. Vous auriez pu ajouter son discours au débat des chefs d’hier sur les ondes de TVA et de LCN. Mme Marois a modifié encore son message clé qui – je trouve – est cette fois-ci beaucoup plus clair et cohérent.
    «Les Québécois en veulent-ils un référendum? Non? Bien il n’y en aura pas !», avait-elle martelé plus tôt lors du débat.
    «Je suis une femme déterminée, vous le savez, mais je suis une femme capable d’écoute. À ce moment-ci, je suis bien consciente que les Québécois ne veulent pas de référendum et s’ils n’en veulent pas, je vais être capable de les écouter», a-t-elle exposé lors d’un point de presse en fin de soirée.
    Pour la vidéo et l’article de Régys Caron sur le sujet: http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/electionsquebec2014/archives/2014/03/20140328-071730.html

    • clemenceha dit :

      Bien sûr, la vague de peur du référendum ne vient pas seulement des messages clés incohérents du PQ et s’inscrit dans un cadre politique beaucoup plus large que les relations publiques.
      Les messages clés de Pauline Marois pour le débat se sont en effet avérés plus clairs. Par ailleurs, je crois que si le Parti Québécois avait été plus clair et cohérent dès le début de la campagne actuelle, il aurait perdu moins de temps à devoir se justifier sur la question et aurait pu aborder d’autres aspects de leur plateforme électorale.

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