La parole est d’argent, mais le silence est d’or …

« Sans information, il ne peut y avoir de débat véritable sur les enjeux d’intérêt national. Sans information, les citoyens ne peuvent pas participer et voter de manière éclairée. Il est grand temps qu’Ottawa en prenne conscience. » – Collectif d’auteurs, Le Devoir

Depuis le début du mandat qui l’a mené au pouvoir en 2006, le premier ministre Stephen Harper a souvent fait l’objet de critiques concernant son manque d’ouverture envers les médias et sa politique de contrôle de l’information. Ses plus fermes opposants lui accordent même certaines tendances totalitaristes.

Hitler vs HarperSource : boomersnotsenior.blogspot.ca

« Pas de commentaires »

Sans aller jusque-là, il est vrai que jamais un gouvernement canadien n’aura autant limité l’accès privilégié auquel les journalistes avaient historiquement droit. N’est-ce pas inquiétant qu’un chef de parti au pouvoir se sente assez à l’aise dans sa position pour restreindre le plus possible les questions qui lui sont posées en pleine campagne électorale? Certains diront qu’il fait tout de fois mieux que lors de celle de 2012, où il limitait à cinq par jour les questions qui pouvaient lui être adressées. Or, sa peur de perdre le contrôle se fait toujours sentir, particulièrement en conférence de presse où il choisit de répondre avec son propre message, portant sur l’économie bien entendu, plutôt que de s’engager sur le sujet glissant des réfugiés Syriens.

La place des relations publiques

Dans une société où l’accès à l’information et la transparence sont des valeurs privilégiées par la majorité, Harper ne se met-il pas les pieds dans les plats en agissant de la sorte? Certes, il bénéficie d’autres plateformes pour se faire valoir en dehors des médias traditionnels, mais cette information reste extrêmement contrôlée. Dans l’intérêt du public, les sources d’informations se doivent d’être variées, vérifiées, remises en question et c’est là où intervient le journaliste. Il est donc présomptueux de ne pas se préoccuper de ce rôle important que constitue l’intermédiaire entre le dirigeant et ses électeurs. Particulièrement lorsque ses adversaires adoptent une stratégie tout à fait à l’opposé de celle-ci.

Enjeu assez important?

Il faut cependant se rappeler que Stephen Harper a adopté cette attitude par le passé et a été réélu majoritairement en 2012. La question de l’influence réelle des médias dans la société d’aujourd’hui se pose. Reste à voir si l’enjeu que représente le contrôle de l’accès à l’information sera assez important auprès des électeurs pour justifier, du moins en parti, de voter pour quelqu’un d’autre.

« On dit que le peuple a toujours raison. C’est faux. En fait, le peuple a tous les droits, y compris celui de se tromper. » – Gilles Duceppe

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Un commentaire pour La parole est d’argent, mais le silence est d’or …

  1. Ablanchette dit :

    Hier soir, Harper était à en mode Salvail, j’en ai entendu parler et j’ai ouvert ma télévision pour regarder, car honnêtement, je crois que c’est la première fois que je le vois en entrevue. L’entrevue m’a donné l’impression que c’est son équipe qui avait écrit les questions, qu’ils avaient appris son texte par cœur et qu’il n’en délogerait pas, il le réciterait jusqu’au bout. Un peu comme en conférence de presse. Tout était ‘’fake’’, son sourire, sa présence, son ‘’discours’’, c’était horrible. Son équipe de communication est vraiment mauvaise, car si le but d’être à En mode Salvail, quatre jour avant les élections, était de le rendre humain, agréable et sympathique aux yeux de la populace, moi je n’ai pas été berné. Au contraire, sa tentative de charme qui l’amène à la fin de l’entrevue à jouer du piano et à chanter à démontrer encore plus à quel point tout était imposture, il ne semblait pas à l’aise et semblait avoir un peu honte de devoir se plier au jeu de l’interview.

    Pourquoi à En mode Salvail et pas à Tout le monde en parle comme les autres candidats?Est-ce qu’il avait dicté ses questions et que le seul prêt à les poser était Éric Salvail? Afin de rejoindre une autre portion des électeurs? Reste que pour un premier ministre, à la tête d’un parti qui a des candidats ouvertement homophobes (référence : http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-canada-2015/2015/10/06/012-conservateur-jagdish-grewal-therapies-homosexuels-homosexuels.shtml) , qui abandonne littéralement la classe moyenne pendant les élections (référence : http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-canada-2015/2015/10/06/012-conservateur-jagdish-grewal-therapies-homosexuels-homosexuels.shtml) c’est trop facile d’aller simplement livrer son message de :votez pour moi je suis gentil, dans un talk-show du jeudi soir à 22h.

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