Harper et les Syriens; ou l’art de mal gérer une crise en campagne.

Le 3 septembre dernier, une photographie allait changer le cours de l’histoire, mais également celui de la campagne électorale fédérale. L’image du petit Alan Kurdi, gisant face contre terre sur une plage de Bodrum, en Turquie, a bouleversé le monde entier; mais qu’en a-t-il été de la réaction de nos chefs de partis?

L’émotion contre la raison
Nous avons eu droit à deux écoles de pensées. Messieurs Trudeau et Mulcair ont tous deux affiché leur intention de laisser de côté la politique partisane pour se concentrer sur cet enjeu humanitaire de taille. Ils attendaient de leur premier ministre des actions concrètes et succinctes. M. Harper se l’est plutôt joué « chef du Parti conservateur », exprimant sa première réaction publique entouré de ses partisans, qui applaudissaient de façon enthousiaste ses propos. Aucune annonce concernant l’accueil de réfugiés ne se fit entendre; à la place, un discours militant sur la nécessité de faire la guerre au groupe État islamique…

VIDÉO : https://www.facebook.com/

Un objectif trop modeste?
Préconisant l’intervention militaire et la sécurité du pays, Stephen Harper n’a pas prévu augmenter l’objectif préalablement invoqué, lequel était d’accueillir 10 000 réfugiés supplémentaires d’ici quatre ans. Quand on compare ce nombre à l’Allemagne, qui compte accueillir un total de 800 000 réfugiés, c’est très peu. Les chefs libéral et néo-démocrate n’ont d’ailleurs pas manqué de déclarer le « manque de volonté politique » de la part de M. Harper. Une grande majorité de Canadiens a également réclamé l’action, l’empathie et l’ouverture d’esprit de son premier ministre vis-à-vis de la crise.

Harper forcé d’agir
Malgré l’appui des adeptes du Parti conservateur à l’idéologie de la sécurité nationale, les médias ont plutôt misé sur l’insensibilité d’Harper à travers leurs diverses chroniques. Celui-ci n’a alors eu d’autre choix que d’agir, sans quoi il perdait une proportion importante de ses électeurs. Le gouvernement fédéral a finalement exposé son plan d’égaler le montant des dons octroyés par les Canadiens à des organismes venant en aide aux réfugiés, jusqu’à concurrence de 100 millions de dollars. Il a de surcroît fait la promesse de devancer l’accueil des 10 000 réfugiés syriens, soit 15 mois plus tôt que prévu.


VIDÉO : http://ici.radio-canada.ca/

Et la poussière retombe…
Peut-on dire que Stephen Harper a écouté l’opinion publique? Peut-être. Mais peut-on dire qu’il a tout fait en son pouvoir pour répondre adéquatement à sa demande? Non.

Le scandale maintenant considéré « du passé », je demeure curieuse de voir les prochains développements à ce sujet. C’est à savoir si cette gestion de crise aura eu raison du succès de la campagne d’Harper; un dénouement qui sera dévoilé le 19 octobre prochain.

A propos charelleb

Future bachelière en communication, désire percer dans le fabuleux domaine de l'événementiel. Intérêts personnels : photographie, architecture, mode, relations interpersonnelles, voyages...
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