Un prix cher à payer pour de la bonne télé

Les productions Aetios de Fabienne Larouche ont une mauvaise réputation depuis longtemps pour avoir des plateaux de tournage où les conditions de travail sont non sécuritaires et le rythme de travail est effréné. Le 4 septembre, la situation s’est envenimée suite à un malaise d’un assistant-réalisateur et au manque d’effectifs sur deux des plateaux de tournage, l’AQTIS a alors conseillé aux artisans de quitter les lieux. Quelques jours plus tard, un cantinier d’une des productions meurt d’un accident d’auto, l’exténuation au travail serait en cause.

À qui la faute

Déjà en juin dernier, une plainte avait été portée à l’AQTIS concernant les conditions de travail de ces mêmes deux productions. Fabienne Larouche s’était exprimée à la suite ces accusations :

« On respecte les conventions collectives. On dépense de l’argent public et il faut être vigilant. Je me sentirais mal à l’aise d’aller quêter plus d’argent à un moment où ça coupe partout. Je considère que l’on est capables de s’organiser avec ce que l’on a ». [i]

Aucune mesure concrète n’avait été portée par la production à la suite de la première plainte. Après l’incident récent, les Productions Aetios durent accepter les conditions de l’AQTIS afin de reprendre les tournages.  Fabienne Larouche et sa compagnie de production se sont faites étrangement silencieuses cette fois-ci.

Briser le silence

Il aura fallu attendre au Gala des prix Gémeaux pour que Mme Larouche se prononce sur les évènements :

«Quand je vais parler, je vais tout dire, tout raconter. Mais pour le moment, je ne peux pas parler».[ii]

Malgré son silence, d’autres artistes se sont positionnés et plusieurs partageaient l’opinion de Martin Matte pour qui les compressions budgétaires ne sont pas une raison de mettre en danger les artisans. On y peut lire quelques-uns de leurs commentaires.

Pas de changement de si tôt

Je n’ai jamais travaillé sur leurs productions, mais quelques collègues dans le temps me parlaient déjà de l’ambiance médiocre sur leurs plateaux. Même si les Productions Aetios  ne prennent pas une part de responsabilité dans la mort du cantinier, leur présence aurait été nécessaire pour donner suite aux ententes prises avec l’AQTIS. Le problème a toujours été présent, les compagnies de production désirent un résultat de top qualité, mais ne mettent pas le budget nécessaire. Cela amène une accélération dans la production donc un risque d’accident plus élevé.  Un examen de conscience doit être fait par Fabienne Larouche, mais aussi par les gens de l’industrie.

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2 commentaires pour Un prix cher à payer pour de la bonne télé

  1. Selon mon humble avis, la décision de Fabienne Larouche de garder le silence au moment où Martin Matte prenait la parole contre les conditions de travail de certains plateaux de production en plein gala des prix gémeaux est stratégique. Elle qui avait boycotté ce gala depuis des années faisait son retour et a préféré qu’on parle de ses prix plutôt que de sa compagnie de production.

  2. Il s’agit là d’un excellent choix de sujet étant donné le peu d’information disponible. Reprenons le cas du 4 septembre, où les techniciens se sont plaint de la chaleur insoutenable, ainsi que de l’absence notoire de toilette. L’incident n’était en fait que la goutte faisant déborder le vase. Ces mêmes techniciens affirment que les conditions de travail et le surmenage sont à l’origine du malaise. Ces derniers, se voyant enterrer par la notoriété de Madame Larouche, n’osaient probablement pas se plaindre à haute voix. La peur de perdre leur emploi déjà rendu précaire par les nombreuses coupes dans le domaine étant suffisante pour garder le silence. Toutefois, le Conseil des ressources humaines du secteur culturel est clair: « Toute personne a droit de travailler dans un endroit sécuritaire. ».

    Le problème, selon moi, réside dans la conception erronée que se fait le public du milieu de la télévision et du cinéma. Il s’agit en effet d’un milieu excitant où il est donné de travailler avec des personnalités connues dans un optique de divertissement. Néanmoins, les techniciens présents sur les plateaux de tournages sont des êtres humains qui ont droit aux mêmes normes de sécurité que d’autres. La C.S.S.T. est très claire à ce niveau. Son rapport sur les Règles de sécurité pour l’industrie du cinéma et de la vidéo du Québec comptenant une close sur le choix des lieux, les cascades ainsi que l’accès aux premiers soins. Ces trois éléments ont été bafoués par les Productions Aetios. Faut-il vraiment attendre que des accidents surviennent avant de réagir?

    J’espère sincèrement que l’auteure préférée du public québécois aura une très bonne explication à ce sujet. J’espère également que le public ne tombera pas dans le piège attendrissant d’un manque flagrant de subventions versus le désir de lui fournir du contenu de première qualité. À cet effet, il n’est pas sans rappeler que Madame Larouche a catégoriquement refuser de « quêter de l’argent dans ce période de crise ». Peut-être que cette décision, faite au détriment des droits de la personne, devrait être repensée par l’équipe des Productions Aetios.

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