Les larmes de crocodile de Julie Snyder

La directrice des Productions J a annoncé plus tôt cet été qu’elle était dans une situation qui ne lui permettait malheureusement plus de poursuivre sa carrière dans le monde de la production télévisuelle. Apparemment, son indépendance financière découlant de sa situation conjugale ne lui permettrait plus de bénéficier des crédits d’impôts du gouvernement.

 

 

Tous les médias étaient rivés sur Julie lors de l’annonce de la nouvelle : une vraie bombe médiatique était lancée, une femme d’affaire en pleurs se retrouvait dans l’actualité du Québec. Certains croient au coup d’éclat téléguidé par le PQ en réponse au coup bas des Libéraux…

Une décision préméditée?

Malgré les protestations du gouvernement Couillard, de nombreux partisans de Mme Snyder continuent de croire que cette décision a été imposée dans le seul but de discriminer la productrice. Puisque son mari, Pierre Karl Péladeau, se trouve à être le chef du Parti Québécois, il est sous-entendu de l’avis de plusieurs médias que la situation était prévue en partie pour faire mal au parti adverse.

 

« […] Croyez-le ou non, c’est ma situation conjugale qui empêche Productions J d’avoir accès à l’aide à la production indépendante. » – Julie Snyder, 2015

 

Une « offre » refusée du public…

Julie Snyder nous sort l’artillerie lourde : crier au sexisme et à l’injustice à l’égard d’une femme indépendante et forte, maître de son avenir, c’est aussi parler à un Québec encore sensible, un Québec qui se rappelle s’être durement battu pour gagner le droit des femmes. Mme Snyder nous jouerait-elle une sérénade?

C’est plus de la moitié des Québécois qui ne croient pas aux violons de Mme Snyder, et ce, malgré sont appui du public depuis des années. Sur les médias sociaux, les commentaires sont crus et parfois blessants.

En effet, 56% des répondants ont confirmé ne pas croire que la productrice serait une victime, mais plutôt qu’elle devrait se conformer aux règles préétablies, comme tous les autres! On parle même de « peopolisation de la politique » pour décrire la situation conjugale de PKP et Snyder, et plusieurs sont d’avis rien ne changera : les lois sont les lois.

 

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« […] Julie Snyder n’est pas seulement une productrice. Elle est devenue une figure politique en soi et indépendamment de Pierre Karl Péladeau, ne jouons pas la corde de la « femme victime des choix de son mari », s’il vous plaît… » – Joanne Marcotte, avril 2015

Heureusement, le sort des employés des Productions J ainsi que celui des émissions ne semble pas menacé pour autant. Bien que la patronne se doive de quitter le milieu dans les prochaines semaines, elle soutient son point dans toutes les conférences et toutes les entrevues : la programmation annoncée ne sera pas modifiée et aucun emploi, espérons-le, ne sera retranché!

A propos caroline lachapelle

Coro très frisée qui aime pas mal trop de choses dans la vie! La nature m'énergise, les voyages me transforment, le maquillage me passionne. J'essaie de vous livrer tout ça dans mes écrits : bonne lecture!
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3 commentaires pour Les larmes de crocodile de Julie Snyder

  1. Un sujet très chaud qui a fait le tour du Québec en peu de temps. En effet, plusieurs se sont lancés dans des allocutions de tout genre et disant haut et fort ce qu’il pensait. Il n’est pas question de se pencher d’un côté de la médaille plus qu’un autre, mais plutôt de comprendre l’enjeu. En ce sens, il faut se questionner à savoir si la relation PKP et Snyder représente un lien d’indépendance. Julie Snyder est la propriétaire de Productions J et PKP est le propriétaire de TVA qui diffuse les Productions J. Il s’agit d’un lien d’affaires entre une productrice et un diffuseur. Si Productions J cesse de faire profiter TVA de ses productions, c’est TVA qui sera touché par le manque de côte d’écoute incroyable que lui fait valoir Productions J. Il faut aussi comprendre que chaque entreprise est indépendante de l’autre: ce sont deux personnes différentes qui contrôlent les deux sociétés. Chacun son pouvoir et son champs de bataille. Je crois que parfois il faut arrêter d’aller chercher trop loin et seulement voir le problème comme il est, c’est-à-dire dans toute sa simplicité. Car, oui, ce problème, au départ est une question de simplicité : si nous poussons le problème c’est là que nous divaguons.

    Dans un article parut dans Le Soleil, et reprit par La presse, en juillet dernier, quelqu’un faisait valoir son opinion en disant ceci : « Alors que Productions J soit privé des crédits d’impôt alloués aux producteurs indépendants est une injustice et un contresens. Bernard Landry est venu expliquer à 24/60 que ces crédits d’impôt ont pour but le développement des productions cinématographiques et télévisuelles. Et que l’intention du législateur était d’en exclure les diffuseurs. En quoi le fait d’enlever les crédits d’impôts à productions J sert-il l’intérêt commun et favorise-t-il la vie économique, ce qui est sensé être la marque de fabrique du Parti libéral? ». Je pense que cette citation résume bien la situation.

  2. sabrinaf77 dit :

    Après tant d’années, il est triste de voir que Julie Snyder doit quitter Productions J à cause de son mari. Par contre, comme la plupart des Québécois, je me demande si ce n’est pas un coup monté pour favoriser le parti de Monsieur Péladeau. D’après un article paru dans le Journal de Montréal, Julie Snyder aurait dit : «Il s’agit d’une formule anti-Julie Snyder ». Est une attaque personnelle?
    Lui demander de quitter la direction de son entreprise à cause de sa situation conjugale avec le chef du Parti Québécois est désastreux. Il est vrai que Julie Snyder était à la tête de son entreprise bien avant sa relation avec son conjoint. Dommage de constater qu’elle doit remettre son entreprise entre les mains de quelqu’un d’autre. Elle a affirmé : «C’est super dur. C’est mon bébé. C’est vraiment comme si tu donnais ton bébé à quelqu’un d’autre. J’ai sacrifié mes jours, mes nuits, toute mon énergie, mes vies sentimentales, qui étaient n’importe quoi». Il s’agit peut-être de conditions inéquitables, car selon l’article sur CNW le gouvernement oblige aux productions J «que plus de 50% de ses productions soient diffusées ailleurs que chez un même diffuseur. Si cette règle s’appliquait à tous, beaucoup de producteurs se verraient refuser l’aide financière car plusieurs ont largement plus de 50 % de leurs productions chez un seul diffuseur.»
    http://www.newswire.ca/fr/news-releases/julie-snyder-forcee-dabandonner-les-activites-de-production-televisuelle-de-productions-j-518033891.html

    C’est bien triste tout ça, mais honnêtement, nous les téléspectateurs ont espère que la programmation télévisuelle sous le nom de Productions J ne changera pas et que les employés concernés garderons leurs emplois.

  3. suzielafrance dit :

    Julie Snyder fait couler énormément d’encre ces derniers temps.
    On ne peut pas parler de Julie Snyder sans mentionner l’influence de son conjoint, Pierre Karl Péladeau, le chef du parti québécois.
    Même un simple mariage, a pris une tournure politique lorsque les médias ont accusé le couple de s’être mariés pour faire mousser la popularité politique de PKP alors que le but premier d’un mariage est de fêter l’amour. Mais là n’est pas le débat.
    Je déplore simplement le fait d’utiliser le statut d’une personne afin de faire valoir son point de vue.
    On peut en effet se questionner sur le fait que Julie Snyder, détentrice de Productions J, a pu se faire une place sur le marché grâce à l’aide de son mari, détenteur de l’empire Quebecor. Mais elle crie au scandale lorsqu’on retire les crédits d’impôts pour sa production indépendante en raison de sa situation financière. Je crois qu’en effet elle bénéficie ou a déjà bénéficié de l’aide de son conjoint, mais maintenant qu’on lui retire de l’argent, elle mentionne son indépendance… Mais si je ne m’abuse, même si chacun possède une compagnie, lors d’une union, on met les avoirs de chacun dans le même panier et entre conjoints on s’entraide. Je comprends sa démarche légitime pour conserver les fonds versés à sa compagnie, sauf que je n’y crois pas, pas après tout ce qui circule dans les médias sur le couple. J’ai tendance à croire à une stratégie politique et médiatique. Et comme le mentionne ma collègue, à voir les sondages, je ne suis pas la seule à ne pas y croire.

    D’ailleurs en fouillant un peu, Productions J a été pris en charge par Benoît Clermont, ancien vice président de l’entreprise. Encore là, pour reprendre les propos de Marie-Josée Roy dans le Huffington Post : «Sur Twitter, des internautes ont relevé que la boîte Productions Déferlantes a été immatriculée par le Registraire des entreprises du Québec le 23 juin, soit six jours avant que Julie Snyder ne convoque les médias, le 29 juin, pour annoncer qu’elle cessait ses activités en production télévisuelle.»

    Il est donc difficile à croire que Julie restera loin de «son bébé» comme elle l’appelait et continuera d’exercer une influence dans le milieu télévisuel malgré le changement de cap de son entreprise.

    http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/07/13/julie-snyder-productions-j-nouveau-nom-deferlantes_n_7787914.html

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