Bell Cause : mettre des mots sur des maux

Depuis plusieurs années, la responsabilité sociale des grandes entreprises canadiennes est essentielle à l’image de leur marque. Plusieurs d’entre elles s’impliquent de plus en plus, comme Tim Hortons avec le Club des petits déjeuners, Avon avec Run for the cure, les médias avec la Guignolée et le mouvement Desjardins avec la lutte contre le changement climatique. Bell, l’une des principales compagnies de télécommunications du Canada, ne fait pas exception.

Le 25 janvier 2017, la journée Bell Cause pour la cause a établi un nouveau record avec un taux de participation sans précédent : 131 705 010 interactions ont été partagés avec les mots-clics #BellCause ou #BellLetsTalk permettant ainsi de ramasser 6 585 250 $ de plus pour la santé mentale au Canada. Notons qu’un Canadien sur cinq est touché par une maladie mentale au cours de sa vie. Cette campagne a deux volets : tout en faisant une différence dans la communauté, elle représente également une des façons les plus efficaces de rejoindre le consommateur.

  • Impact pour la communauté :

En parlant de plus en plus de la santé mentale et en encourageant la population à détruire les tabous qui y sont reliés, les victimes ont de moins en moins peur de sortir de l’ombre. Nous avons eu droit à des témoignages touchants de personnalités publiques qui se sont confié sur leur propre expérience et sur leur rétablissement. L’olympienne Clara Hugues, six fois médaillée, est le porte-parole de l’évènement depuis ses débuts. Par la suite, Bell a fait un bon coup en ayant eu l’idée de recruter des porte-paroles québécois comme Étienne Boulay, Marie-Soleil Dion, Michel Mpambara et Stefie Shock. Depuis 2011, des millions ont été amassés pour vaincre les maladies mentales au Canada. Bell vient également de s’engager pour atteindre la cible d’au moins 100 millions $ fixée pour la fin de 2020 : maintenir ses actions à long terme est un élément gagnant lorsqu’une entreprise s’implique pour une cause.

  • Impact pour Bell :

Pendant son déroulement, la campagne est omniprésente : sur la route en affiche extérieure, sur le web, à la télévision et à la radio ; en plus de Facebook et Twitter, on a intégré cette année les réseaux sociaux Snapchat et Instagram qui touchent davantage les plus jeunes. Tout ceci a entrainé une visibilité imbattable pour Bell : #BellLetsTalk a été le mot-clic le plus utilisé au monde lors de cette journée. Aussi, le logo de Bell apparait en gras automatiquement après avoir fait un « tweet » avec les mots-clics « BellLetsTalk » ou « BellCause » sans compter le mot « bell » qui se retrouve dans le mot-clic même. Autre bon coup pour Bell d’obtenir toute cette publicité gratuite sans ne rien avoir à faire! Ce sont les gens qui font le travail d’autopromotion du bout de leurs doigts.

De nos jours, plusieurs entreprises, dont Bell, voient la confiance des consommateurs diminuer. Certains leur reproche leur monopole aux tarifs outranciers, leur tendance à restructurer sauvagement, leur sous-traitante généralisée et les délocalisations, pour n’en nommer que quelques uns. La responsabilité sociale de l’entreprise est sans doute l’un des meilleurs outils pour rehausser l’image corporative : le consommateur est plus enclin à choisir une entreprise qui est plus engagé socialement. De plus, les clients actuels peuvent apprécier les efforts émis par leur fournisseur et ceci devrait aider à les fidéliser. Même si Bell prend soin de communiquer ses bons coups, on peut toutefois se demander si les consommateurs canadiens seront réellement sensibilisés par tous les investissements publicitaires de Bell…


 

A propos Laurence Dubois

Étudiante en publicité
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3 commentaires pour Bell Cause : mettre des mots sur des maux

  1. sarahbl13 dit :

    Bonjour Laurence, je crois qu’il est très juste de souligner l’importance de l’enjeu de la responsabilité sociale des entreprises au quotidien. De nos jours, l’obligation de rendre des comptes et de faire un bilan (tant au niveau économique, que social, environnemental et/ou durable) quoique non formelle, constitue une attente des parties prenantes dont les organisations ne peuvent plus faire fit. Par conséquent, comme tu le mentionnes, l’image de marque et l’opinion publique y étant associée sont tributaires de la responsabilité sociale de l’entreprise.

    À la fin de ton billet, tu t’interroges néanmoins sur le retour sur investissement réel de la campagne de Bell. La question est effectivement légitime, mais j’estime que les investissements publicitaires de Bell en ce qui a trait à la maladie mentale auront au moins permis de développer un capital de sympathie du public à l’égard de l’entreprise, ce qui n’est pas négligeable!

  2. sandrinequiniou dit :

    Je suis également d’avis que la campagne Bell Cause pour la cause a dû aider à développer un capital de sympathie envers cette organisation. Toutefois, je ne suis pas convaincue qu’il pourra perdurer. En effet, je ne crois pas que cette association avec la cause de la santé mentale soit suffisante pour en observer des répercussions à long terme. Un appel au service à la clientèle de Bell serait suffisant pour pour changer de perception quant à l’organisation. De plus, rappelons-nous que le 25 janvier dernier, une employée de la radio K93 FM (qui appartient à Bell Media) a été congédiée après avoir donné une note du médecin attestant qu’elle souffre d’anxiété. Une simple coïncidence?

  3. Benjamin Dubois dit :

    Bonjour Laurence, comme tu le mentionnes, il est de plus en plus fréquent pour les entreprises d’octroyer temps et argent dans plusieurs activités de bienfaisances. Mais aujourd’hui il est très rare que les grandes compagnies donnent sans s’attendre à recevoir. Évidemment ces entreprises tirent plusieurs avantages de cet investissement, mais aussi les employés. Oui d’un côté marketing, les contributions aux organismes de bienfaisance sont utilisées pour bâtir la marque et la réputation de leur entreprise auprès des consommateurs. Aussi, il renforce l’image « de bon employeur » dans le sens ou ça démontre que les valeurs de l’entreprise vont de pair avec celles des employés. Ensuite, pour une entreprise qui souhaite réussir, elle se doit d’être acceptée et valorisée par les collectivités. Il est évident que le soutien aux organismes communautaires crée du capital social et de sympathie parmi les citoyens. Ce qui est encore plus intéressant c’est qu’il favorise l’engament sociale et qu’il est très bénéfique pour la rétention des employés, car il est évident qu’il stimule le sentiment d’appartenance. Il est important pour les employés de sentir valorisé en s’investissant dans l’entreprise.Il favorise l’engagement des employés à l’aide d’une expérience plaisante et positive. Aussi, il brise l’isolement entre les groupes et favorise la résolution de problèmes en équipe, puisque les équipes de bénévoles travaillent entre eux dans des conditions inhabituelles et peut-être qu’il n’interagirait ensemble dans l’environnement de travail normal.

    Très bon biais !

    Merci.

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