Fausses nouvelles : quels impacts sur la pratique des relationnistes?

Le phénomène des fausses nouvelles est, sans contredit, une réalité qui a pris une tout autre ampleur suite à la baisse des effectifs des médias traditionnels et à la révolution numérique. En effet, l’instantanéité des nouvelles, la multiplication des plateformes pour partager du contenu et la possibilité pour n’importe qui de le faire sous le couvert de l’anonymat changent radicalement la donne. Les fausses nouvelles prolifèrent et elles sont amplement reprises sur les grands réseaux de distribution, tels Google et Facebook, semant ainsi la confusion quant aux faits véritables et menaçant par le fait même la démocratie.

Source: https://www.youtube.com/watch?v=bdO9Kl555-o

Qui plus est, le phénomène des fausses nouvelles a atteint son paroxysme lors des élections américaines de l’automne 2016. En effet, lors des derniers mois de la campagne, les interactions sur le réseau Facebook concernant les fausses nouvelles ont été largement plus importantes que celles véhiculées par les médias traditionnels et plusieurs d’entre elles étaient crues dans une large proportion comme en témoignent les deux graphiques suivants :

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De plus, depuis l’élection du président américain, ce phénomène a pris une nouvelle tournure suite aux déclarations mensongères incessantes de la conseillère Kellyanne Conway.

sourceSource: https://media.giphy.com/media/26xBtWPqbDxVW8naU/source.gif

Par conséquent, j’estime qu’il est vital que les relationnistes s’adaptent à cette nouvelle réalité. Les exemples que j’ai invoqués illustrent le lourd impact que peuvent avoir de fausses nouvelles sur l’image d’une organisation et, corolairement, sur l’opinion publique à son égard. Ce faisant, je crois qu’il est essentiel de reconnaitre le phénomène comme étant un risque potentiel de crise. Or, dans toute gestion de crise, une réaction rapide est de mise et cette réaction ne doit pas être improvisée.

Comment alors envisager une préparation adéquate?

En faisant de la prévention, principalement à deux niveaux :

1- La veille

Il est essentiel de s’assurer que les mécanismes de veille mis en place par l’organisation qui nous occupe sont efficaces pour repérer et identifier les fausses nouvelles à son égard ainsi que celles concernant le domaine dans lequel elle œuvre. Par conséquent, dans un premier temps, il  faut revoir les outils qui nous permettent de faire une revue de l’actualité pour s’assurer qu’ils puissent capter ce genre de nouvelles affectant l’organisation de près ou de loin. Dans un deuxième temps, il faut tenir compte du fait que la gestion de crise doit faire partie de la culture de l’organisation. En ce sens, les employés doivent non seulement être sensibilisés à cette réalité, mais également contribuer à la veille de toute crise potentielle et savoir comment réagir en cas de besoin[1].

2- Le plan de gestion de crise

Le plan de gestion de crise devrait être revu pour y ajouter ce type de risque potentiel ainsi que les mesures à prendre advenant sa réalisation[2]. À ce titre, il faudra prévoir deux approches : une pour les situations où une information est véhiculée ou reprise par des médias traditionnels (demande d’erratum) et une pour les médias non traditionnels (danger que la nouvelle devienne virale). Dans tous les cas, les médias sociaux ne seront pas à négliger puisqu’il s’agit d’un moyen de communication très efficace pour relayer directement de l’information au public.

En somme, le dynamisme de notre environnement illustre encore une fois ici le besoin fondamental d’adapter la pratique des relationnistes pour que la profession conserve son statut de fonction stratégique. Ce faisant, les fausses nouvelles constituent un risque réel pour l’image d’une organisation, voire d’une industrie ou d’un domaine, risquant d’influencer l’opinion publique. Il relève donc du devoir des relationnistes de se préparer adéquatement et d’être proactifs en la matière.

[1] LAGADEC, Patrick, La gestion de crise, outils de réflexion à l’usage des décideurs, MCGRAW-HILL, MARS 1991, p. 163-166.

[2] THIBAULT, Richard, Comment gérer la prochaine crise, 2008, Les Éditions Transcontinentales et les Éditions de la Fondation de l’entrepreneurship, Collection entreprendre, p. 79-82.

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