Une transparence calculée

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2017 sera l’année de la légalisation du cannabis au Canada et le sujet, sensible, continue de diviser et de faire réagir. Néanmoins, on constate une augmentation des prises de positionnement des personnalités publiques et politiciennes qui admettent plus facilement en avoir déjà consommé. Cela traduirait-il un simple désir de transparence envers le public ? Pas vraiment, ce choix est devenu pour certains un but stratégique en soi, l’appropriation d’un contre-courant qui forge le capital de sympathie de l’opinion publique.
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La classe opportuniste

Beaucoup de politiciens ont récemment admis avoir déjà fumé du cannabis. Avec entre autre Justin Trudeau, qui, aura courtisé l’électorat québécois en intégrant la légalisation de la marijuana aux thèmes principaux de son programme. Ce qui a fonctionné.
Obama, le summum de la coolitude, a lui aussi admis avoir déjà fumé des joints lors de ses années universitaires.

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En France, c’est Benoît Hamon, qui a remporté les dernières primaires de la gauche en vantant les mérites d’une législation plus souple. Il serait temps.
C’est donc devenu une tendance d’admettre d’avoir déjà fumé en politique, ou du moins de prendre position sur ce sujet, car c’est un sujet qui fait le buzz et qui ramène des voix positives surtout chez le jeune électorat. C’est donc un pari honnête, mais un pari calculé.
De plus, il y a là aussi un choix pro-actif. Privilégier l’honnêteté au scandale, dévoiler soi-même un argument qui pourrait être plus tard utilisé contre soi par les concurrents et éviter de se décrédibiliser.
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Positionner son image sur l’avenir

On le voit, les institutions nationales penchent de plus en plus vers une légalisation. Et elles suivent une tendance bien réelle de la perception qu’ont les gens de la marijuana. Le courant actuel tend vers une dédiabolisation, dû à un lassement des injustices sociales qu’a créé cette prohibition contre-productive.
Mark Zuckerberg, le président de Facebook, a tenu à se positionner suite à une visite dans les prisons des États-Unis où il a déploré ces injustices. Bill Gates et bien d’autres CEO investissent des milliers de dollars dans des associations qui soutiennent des programmes de propositions de lois et de réinsertions sociales.
Enfin beaucoup de personnalités publiques comme Oprah Winfrey ou Richard Branson ont tout simplement admis avoir fumé, et ce depuis longtemps. Sur cette question de justice sociale, beaucoup de personnes influentes ont déjà pris position en faveur de la légalisation, ou du moins la dépénalisation.
Ces engagements démontrent donc une volonté des organisations de s’engager aux côtés causes sociales et de belles valeurs en faveur de la justice sociale. Ici encore, c’est une prise de risque calculée.
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Un public cible grandissant de jour en jour

Les études le montrent. Selon cette  étude, chez les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans, 26 % ont déjà fumé. Et les autres ? Il existe tout simplement un lassement, les non-fumeurs sont devenus plus acceptants. La preuve en France :

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Le sujet se démocratise et la tolérance vis-à-vis du cannabis est grandissante. En tout cas, le fait de se positionner en faveur de ce sujet n’est plus un tabou destructeur de carrière comme ce le fut d’antan.

Et même si cela reste encore un sujet controversé, la tendance démontre donc une certaine facilité, un certain avantage à être plus transparents sur la question, afin d’accroître leur capital de sympathie. En tout cas calcul ou pas, c’est un besoin de l’opinion publique, moins d’hypocrisie et plus de transparence. Et c’est sûrement que le début de cette tendance.

http://fortune.com/2015/09/30/ceos-marijuana-smoking/

http://vator.tv/news/2016-06-30-what-the-tech-world-thinks-about-marijuana

 

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Un commentaire pour Une transparence calculée

  1. Luis-Philippe Leal Mora dit :

    L’idée de s’octroyer une image positive avec la marijuana en politique me semble bien farfelue, mais elle fonctionne. Je ne déplore en rien l’idée, je suis d’accord avec la légalisation et j’espère qu’elle sera appliquée de manière ordonnée et logique.

    Ce qui me dérange plus, c’est cette nouvelle tendance du politicien cool et près de ses co-citoyens. C’est positif à première vue, mais dans le cas de Justin Trudeau, utiliser son image de premier ministre vedette pour accumuler les votes et finir par revenir sur la majorité de ses promesses est extrêmement irritant. Il joue la transparence? Facile à dire quand il s’en sort en affirmant simplement qu’on a mal compris ses propos ou qu’après une étude approfondie, la promesse n’est plus possible.

    J’accueillerai la mode de transparence des politiciens quand elle sera accompagnée de sa meilleure amie, l’honnêteté. D’ici la, M. Trudeau restera probablement une autre déception, un peu comme un autre premier ministre qu’on connaît bien…

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