Groupe Lafarge, buisness is buisness!

Quand le fournisseur de ciment, numéro un mondial, pactise avec le mal.

Le Groupe Lafarge est un gros joueur dans l’industrie de la construction. Fournisseur principalement de ciment, le groupe Lafarge possède des centaines d’usines, disséminées à travers le monde, y compris au Québec. Malgré son statut, l’entreprise traverse une période de crise suite à de lourdes accusations quant à ses relations avec l’État islamique. La tempête médiatique n’étant pas encore passé que l’entreprise replonge la tête la première en se portant volontaire pour fournir les matériaux du futur mur « Anti-migrants » de Trump…

Quand la responsabilité sociale d’une entreprise devient une blague.

Si on fait un rapide retour sur les faits. En juin 2016, Le Monde publie une enquête sur les arrangements qu’aurait passés la multinationale avec l’organisation terroriste dans le but de ne pas fermer son usine malgré les combats en Syrie. Prendre des arrangements douteux, au milieu d’un pays en guerre, avec la pire organisation terroriste ayant jamais existé, en étant signataire d’un code d’éthique qui s’engage à respecter les droits de l’homme, c’est la pire des mauvaises blagues . En plus, renchérir en proposant de fournir les matières premières pour construire le mur « Anti-migrants » de Trump, c’est assez inconcevable.

Certainement un cas qui devrait faire jurisprudence en matière de gestion de crise.

Seulement, les relationnistes de Lafarge sont restés vagues et  peu actifs. Pour se justifier, l’entreprise envoie un seul courriel à l’agence de presse britannique Reuters, précisant que la priorité de l’entreprise était de maintenir ses employés en sécurité alors que les combats se rapprochaient de l’usine. Il a été prouvé que les dirigeants ont été contacté par l’EI qu’ils ont rencontré pour négocier les termes d’une entente. Même s’il n’était pas question de ça au début, Lafarge a tout de même financé indirectement l’organisation terroriste.

Priorité aux affaires

Début Mars, Lafarge réitère avec un nouveau scandale. Suite à l’annonce du futur investissement de Trump, à hauteur de mille milliards de dollars pour sa politique de grands travaux, Lafarge, qui possède plusieurs usines aux États-Unis, se porte volontaire comme fournisseur de ciment. La sentence est sans appel, le gouvernement français réagit publiquement.

Hausse de ton et mise en garde…

À la suite de cet article, le gouvernement français a vivement réagis. Jean Marc Ayrault , ministre des Affaires étrangères, a rappelé à Lafarge que même si une entreprise ne fait pas de politique, elle a une responsabilité sociale, économique et environnementale.

Les intérêts économiques d’une entreprise sont-ils supérieurs aux enjeux diplomatiques?

Il est clair que pour Lafarge, c’est oui. Quand on sait que l’entreprise Vinci, leader mondiale du BTP,   préfère se tenir loin du mur de Trump pour la simple et bonne raison qu’elle veut respecter sa culture, ses employés et ses clients, c’est une orientation clairement en lien avec sa politique de relation publique. Il y a des projets qu’il ne vaut mieux pas toucher.

La politique de relation publique de Lafarge.

Comment est-ce possible qu’une entreprise de si grande envergure persiste dans un comportement intolérable et doive passer au travers de crises successives. L’argument « les affaires sont les affaires » y est surement pour quelque chose. On peut penser que les relationnistes de Lafarge doivent s’arracher les cheveux quant aux choix stratégiques de leur entreprise. Utiliser se prétexte revient à se dédouaner complètement de toute responsabilité sous couvert d’un argument qui n’est aujourd’hui plus valable, car oui, aujourd’hui une entreprise de cette stature fait de la politique et les relations publiques doivent être au coeur du processus décisionnel pour éviter ce genre de bavure à répétition.

Conséquence de ce comportement : La ville de Paris révoque le contrat « Paris-plage » qu’elle avait depuis 2002 avec le géant du ciment, car les Parisiens ne cautionnent pas une entreprise qui marchande avec les terroristes et soutient des projets inacceptables.

Ce n’est certes pas un énorme manque à gagner pour Lafarge, mais c’est une coup dur pour son image publique.

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