Fausses nouvelles, vrais problèmes

Les fausses nouvelles sont sur toutes les lèvres. Pourtant, les alternative facts ne sont peut-être pas aussi effarants qu’on tend à nous le faire croire. Leur côté insidieux fait de nous de potentielles victimes faciles à hameçonner.

Lorsque je vous parle de fausses nouvelles, je ne fais nullement allusion à La Pravda, au Journal de Mourréal ou aux sorties fracassantes de ce cher président à la chevelure dorée. Il appert que le traitement de l’information ne soit pas aussi empreint de rigueur qu’il devrait l’être. Des faits à peine vérifiés, puis largement interprétés, sont publiés tous les jours dans l’impunité, voire l’indifférence la plus totale.

Il y a de cela quelques jours, le Conseil de presse du Québec a rendu une décision selon laquelle la publication d’informations fausses n’était pas jugée grave dans la mesure où celles-ci relevaient de nouvelles dites secondaires. Voilà une atteinte grave au principe d’exactitude auquel les journalistes sont soumis dans le guide de déontologie en place. La désinformation vient donc s’immiscer dans cette brèche entrouverte.

Que peut-on faire pour corriger une situation où notre organisation est victime d’une couverture de presse biaisée ou présentant des informations fausses? Je vous propose quelques pistes de prudence, inspirées des actions proposées par Pierre Gince, ARP, président de Mesure Média et DIRECTION Communications stratégiques.

Assurez une veille médiatique

Avant d’être surpris par une nouvelle qui tend davantage vers l’interprétation que l’exactitude, mieux vaut être aux aguets. Non seulement votre e-réputation et votre image de marque sortiront gagnantes de cette stratégie, mais vous serez mieux outillé dans le cas d’une éventuelle crise. Bien connaître son organisation commence par être au fait de ce qu’on en dit.

De nombreux outils, en passant par Hootsuite et les fils RSS, peuvent vous aider à garder le cap sur ce qui est écrit à propos de votre organisation. Toutefois,  vous assurer d’avoir une personne responsable de cette veille vous garantira un esprit tranquille, car les robots ont leurs limites!

Exigez l’erratum

Même si la planète info roule à un rythme effréné, rien ne vaut la prévalence du principe d’exactitude. Constater une erreur dans les médias à votre sujet est une chose, demander réparation en est une autre. Nous pouvons nous asseoir sur la croyance que l’honnêteté intellectuelle est de mise dans les médias, mais les corrections, quelles qu’elles soient, reflètent le désir de rigueur des publications envers leurs journalistes.

Le quotidien The Globe and Mail publie des rectificatifs comme les suivants :

  •  The late Toronto developer Murray Menkes received a kidney transplant at the Mayo clinic in Rochester, Minn. An obituary article on Friday incorrectly referred to Rochester, N.Y. (25 mai 2013)
  •  A Wednesday news story on gene-editing included an incorrect age for Laval University microbiologist Sylvain Moineau who was presented with the John C. Polanyi Award. He is 51, not 53 as published. (9 février 2017)
(Exemples de rectifications tirés du billet Absolution pour une fausse nouvelle de Michel Lemay, publié le 29 mars 2017, wapizagonke.com)

Il ne faut pas sous-estimer l’importance de ces modifications. Mêmes publiées le lendemain, elles demeurent la preuve que le journal, le site Internet, etc. adopte un standard d’exactitude. Votre crédibilité en sera garante.

Soyez transparents sur le Web

Une autre voie à emprunter pour éviter les approximations à votre sujet est de faire de vos plateformes Web une source d’informations claires et exactes. Fournissez les données, les statistiques et les faits vous concernant avant qu’ils ne soient repris sans vérification.

Plus que jamais, il faut assurer une présence significative dans les médias traditionnels et sociaux, afin de dire et redire des faits.

Ce sont toujours ceux qui diront la vérité qui seront les plus solides devant les fausses nouvelles et «faits alternatifs» qui leur seront lancés au visage.

De plus, n’hésitez pas à publier des communiqués de presse afin de rectifier le tir si vous jugez que les faits doivent être rétablis. Qui plus est, un gazouillis ou un statut sur votre page Facebook ont une portée inestimable. Vous lancerez un message clair: la communication avec vos clients ou vos abonnés est primordiale.

Au-delà de ces conseils, le constat est le suivant: le traitement de l’information est malmené et le rappel à l’ordre est le devoir de tous. Le Conseil de presse du Québec interprète ce que la rigueur journalistique se doit d’être. La crédibilité de la profession journalistique est mise à mal et les organisations sont plus exposées au risque de la manipulation de l’information. Il n’y a pas de place pour l’impressionnisme et l’approximation. Nous devons encourager les faits et non la bonne histoire qui génère des clics.

Quelques cas de désinformation à découvrir:

[Article de journal] Chantal Hébert, It was shoddy journalism that cost Andrew Potter his job, Toronto Star (24 mars 2017)

[Billet de blogue] Michel Lemay, Autopsie: le Toronto Star et Gardasil (8 février 2017)

 

 

 

 

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A propos Marie-Ève Gionet

Rédactrice-réviseure, chargée de communication et ancienne prof de français, je croque dans la vie. La bouffe est au cœur de mon ventre... et de ma plume.
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Un commentaire pour Fausses nouvelles, vrais problèmes

  1. sandrinequiniou dit :

    Bonjour Marie-Ève, je crois que ton billet devrait être lu en grand nombre. Comme tu dis, il faut rester vigilant et prudent sur les réseaux sociaux étant donné la vitesse à laquelle les nouvelles se propagent. Il est primordial de savoir ce que le public pense de l’organisation en vue d’agir pour rester en contrôle de l’image qu’elle projette. Les organisations ne peuvent se permettre de transmettre de l’information erronée ou qui porte à confusion. C’est un peu dans le même ordre d’idées que j’ai rédigé mon billet sur les événements de VIA Rail de la semaine dernière (https://rep2100.wordpress.com/2017/04/04/denouement-decevant-pour-via-rail-suite-a-la-promotion-annoncee-dans-le-cadre-du-150e-anniversaire-du-canada/?iframe=true&theme_preview=true). Plus que jamais, il faut prendre le temps de rectifier l’information qui est publiée au nom de l’organisation.

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