Les modes de communication modernes dans les campagnes électorales

C’est bien connu, le scepticisme des électeurs envers les politiques ne date pas d’hier, notamment à cause du décalage observé entre les discours et la réalité. En politique, la communication pèse plus lourd que les programmes et pour cause, ces derniers ne sont jamais appliqués comme énoncés.

En campagne, le contrôle de l’image est le plus grand défi des représentants politiques. Chaque message, chaque attitude est minutieusement réfléchit par des spécialistes en communication, les fameux spin doctor. Ces derniers souffrent autant, si ce n’est plus, d’une mauvaise réputation auprès de l’opinion publique.

Pour autant, avec les nouveaux modes de communication existants, blâmer les communicants n’est-ce pas surestimer leur pouvoir d’influence ?

Comme l’explique si bien Hervé Monnier dans son article Communication Bashing, et si on arrêtait une fois pour toutes de tirer sur les communicants , « l’émergence d’Internet et à l’imprévisibilité des réseaux, dont les peuples se sont emparés et que nul ne peut contrôler » est en train de mettre fin à la communication politique démagogique comme elle était entendue dans le temps.

La multiplication des canaux de communication : au cœur des changements de pratiques en communication politique.

Plusieurs exemples me viennent à l’esprit lorsqu’il s’agit d’observer comment la communication agit sur l’électorat. Néanmoins, restons prudents, tirer des conclusions hâtives sur le candidat sortant d’une course politique serait une erreur, l’élection de Donald Trump en est l’exemple.

  • L’influence partielle des conseillers en communication politique

    En France, le discours de François Fillon après les scandales des emplois fictifs lors de la campagne présidentielle en cours, a été mal perçu et ont nuit aux intentions de vote pour le parti républicain, aujourd’hui en nette baisse. Les conseillers en communication du candidat ne sont pas parvenus à augmenter l’estimation des intentions de vote en sa faveur.

    presidentielle-les-francais-sont-ils-lasses-par-la-campagne_4

     

    A contrario, le Front National grâce à une stratégie de dédiabolisation de leur discours, Marine Le Pen incarne une image plus neutre qui tranche avec celle de du fondateur du parti Jean-Mari Le Pen. Se revendiquant comme un parti populiste, ils cherchent à se positionner et décomplexer les électeurs de leur accorder leur voix. A ce stade de la campagne, le Front National est un sérieux concurrent.

  • Des outils de communication sans précédent comme moyen d’expression du peuple

Contre toute attente, le dernier coup de communication en campagne a été lancé par la Serbie, avec son candidat fictif Retourne-Veste, qui a atteint plus de 9% lors du premier et dernier tour de l’élection présidentielle, le 2 avril dernier. Si Aleksandar Vucic a été réélu avec plus de 55 % des voix, c’est un candidat, sorti tout droit de l’imagination d’un jeune de 25 ans, Luka Maksimovic, sans programme, qui a su lui tenir tête. Même si c’est un moyen pour ces électeurs (majoritairement constitués d’abstentionnistes) de manifester leur mépris pour ces élites. Nous pouvons nous demander quel est l’intérêt pour la démocratie de voter pour un personnage imaginaire ?

retourne veste

Dessin de Vincent L’Epée

  • Le rôle stratégique des journalistes et des réseaux sociaux dans les campagnes présidentielles 

     

    Les médias jouent un rôle déterminant lors de campagne électorale. Loin de se contenter de relayer une information, ils prennent position en vu d’influencer l’électorat.

    Aux Etats-Unis, de nombreux médias pro-Trump ont véhiculé des messages anxiogènes sur l’état de l’Amérique : l’immigration clandestine, menace terroriste. S’ils ont été peu mentionnés, le rôle des médias dans l’avènement de Trump à la présidence des États-Unis a été essentiel.

     

    De même, l’utilisation de Trump des réseaux sociaux, notamment Twitter a été inattendue et influencé l’opinion publique.

    Persister à passer sous silence ce phénomène serait quelque peu démagogique. Il serait temps que les journalistes et les influenceurs, reconnaissent leur part de responsabilités dans la formation des opinions.

breitbartDC

Publicités
Cet article, publié dans Travaux étudiants, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s