La cyberdépendance : En souffrez-vous ?

La technologie, les écrans et les réseaux sociaux font, depuis une dizaine d’année, partie de notre quotidien. Il est considéré normal d’avoir un téléphone intelligent et d’y être branché à plusieurs reprises durant la journée. Par contre, à quel moment est-ce que cela devient un problème ? Pour des utilisateurs réguliers, il est assez ardu de tracer cette ligne, comme nos appareils intelligents font quasiment partie de nous et que la société banalise l’utilisation excessive de ce type d’appareils. Par contre, la cyberdépendance est une vraie dépendance, tout comme la drogue ou l’alcool. Ses effets psychologiques, sociaux et physiques sont tout aussi ravageurs que d’autres substances addictives. Environ 1.5% à 2% de la population souffre de cette dépendance aujourd’hui.

Une utilisation normale versus une utilisation problématique

 En terme d’heures, une utilisation normale des appareils technologiques intelligents et du web serait de maximum deux heures par jour, donc quatorze heures par semaine. La moyenne d’utilisation d’internet en ce moment est de vingt-cinq heures par semaine. Par contre, des adolescents cyberdépendants navigueraient sur le web de quarante à soixante heures par semaine, et chez les adultes avec une cyberconsommation problématique, ce chiffre augmente à soixante-six heures. Par contre, une dépendance n’est pas seulement évaluée sur le nombre de temps que les gens y consacrent. Des comportements compulsifs et obsessionnels sont aussi un bon indicateur de dépendance. Lorsque cette dépendance prend trop de place dans la vie de quelqu’un et qu’il y a des conséquences sur les autres sphères reliées au quotidien de la personne, cela devient problématique. Des comportements qui affectent négativement le travail, les études, les relations interpersonnelles, le sommeil ou même l’hygiène sont le genre de négligences à observer.

De nombreuses conséquences reliées à la cyberdépendance

 Plusieurs conséquences importantes sont en lien avec la surconsommation des écrans et du web. Celles-ci se retrouvent au niveau psychologique, social et physique. Le côté psychologique est celui le plus touché avec plusieurs problèmes différents associés à la cyberdépendance. Des troubles du sommeil sont occasionnés par la lumière bleue projetée par les différents écrans qui inhibent la sécrétion de mélatonine (l’hormone du sommeil). De plus, une constante stimulation du cerveau par les écrans n’aide pas non plus au sommeil. Des problèmes de concentration et de productivité sont aussi très importants de nos jours à cause des technologies et réseaux sociaux. Les utilisateurs consultent leur téléphone en moyenne cent-cinquante fois par jour, soit une fois à toutes les six ou sept minutes, ce qui brise facilement la concentration et la productivité, comme la plupart des gens ont de la difficulté à laisser de côté leur téléphone intelligent. Puis, du stress et de l’anxiété peuvent être occasionnés par deux phénomènes : le FOMO et la nomophobie. Le FOMO, qui vient de l’expression anglophone « Fear of missing out », cause de l’anxiété et du stress aux utilisateurs lorsqu’ils ne sont pas sur les réseaux sociaux ou à l’affût des dernières nouvelles, car ils ont toujours peur de manquer quelque chose. Deux tiers des internautes ressentent cette peur. La nomophobie, tant qu’à elle, vient du terme anglophone « No mobile phobia », ce qui est décrit par la détresse ressentie lorsqu’un utilisateur n’a pas accès ou ne peut pas utiliser son téléphone mobile. Cela est bien entendu créé par la fréquence trop élevée d’utilisation des appareils mobiles auprès des utilisateurs. Du point de vue social, la cyberdépendance peut inciter à l’isolement social, à moins vivre et apprécier le moment présent et à provoquer un manque de contact visuel, et donc une diminution d’intelligence émotionnelle. Pour finir, sur le plan physique, des problèmes oculaires, musculo-squelettiques, des maux de cou, des maux de dos, des migraines et le syndrome du canal carpien peuvent tous être des problèmes observés à moyen ou long terme chez les utilisateurs excessifs des écrans et du web.

Les enfants en bas de 4 ans ; le groupe d’âge le plus à risque

Les enfants sont généralement le groupe d’âge le plus touché par les conséquences psychologiques et sociales. Comme leur cerveau est en plein développement, la surexposition aux écrans les met vraiment à risque au niveau des déficits de l’attention et de l’hormone de croissance qui se trouve dans le sommeil. De plus, de mauvaises habitudes dès la tendre enfance peuvent les inciter à continuer ce genre de comportement plus tard et ils pourraient développer les problèmes physiques qui viennent avec cette dépendance au fil du temps. Il est recommandé de ne pas exposer les enfants de zéro à deux ans aux écrans. Pour les enfants de deux à quatre ans, il faut limiter le temps d’écrans à une heure par jour. Puis, pour les utilisateurs de quatre ans et plus, incluant les adultes, il faut limiter à deux heures par jour.

Dominic Arpin avoue sa cyberdépendance pour aider les autres

Dominic Arpin a récemment accordé une entrevue à Guylaine Tremblay dans le cadre de l’émission « Banc public » sur les ondes de Télé-Québec. Il voulait s’ouvrir sur le sujet et avouer sa cyberdépendance pour pouvoir aider d’autres utilisateurs qui pourraient avoir ce même problème. Du point de vue des relations publiques, Dominic Arpin a posé un geste humain et informatif auprès des téléspectateurs, ce qui pourrait apporter un sentiment de confiance de la part de ceux-ci et aider les autres. Il pourrait même utiliser cette porte d’entrée pour faire un article sur son propre blog ou même être porte-parole pour cette cause plus tard. Ces suggestions seraient de bonnes idées sur le point de vue des relations publiques par rapport au sujet de la cyberdépendance.

Sources:

Émission « Banc public » partie 1

Émission « Banc public » partie 2

Article sur la cyberdépendance – Radio-Canada

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Influenceurs 2.0: quand le contenu sponsorisé remplace les stratégies de relations publiques

Parlons des influenceurs: ces blogueurs et youtubeurs du web, que personne ne connaissait il y a cinq ans. Arrivée au Québec comme un vent de fraîcheur, cette niche s’est vite fait connaître par des publications au contenu amateur. Aujourd’hui, le réseau de certains est non négligeable, atteignant même les 600 000 abonnés dans la province.

Cette explosion d’influenceurs a toutefois un énorme impact sur le travail quotidien des relationnistes. Survol d’une industrie qui amène son lot de défis dans les relations publiques des entreprises.

Moins de stratégies, plus de publicités

Face à ce mouvement grandissant, les compagnies veulent à tout prix exploiter l’influence des blogueurs et youtubeurs auprès de leurs publics cibles. Le problème, c’est qu’ils le font à travers des stratégies de marketing et de publicité.

Placements médias grandissant, ces entreprises rangent au tiroir leurs vieilles stratégies de relations publiques pour exhiber leurs meilleurs tactiques de marketing auprès des influenceurs. Une étude américaine menée cette année par Traackr auprès de plus d’une centaine de stratèges marketing employés au sein d’entreprises mondiales révèle que seulement 16% des entreprises désignent leur département de relations publiques comme responsable du marketing d’influence.

Il faut repenser cette approche, et aborder l’influenceur non pas comme un marché à acheter, mais bien comme une relation à entretenir. Au-delà du nombre d’abonnés, blogueurs et youtubeurs du Québec valorisent d’abord l’étendue de leur influence, et c’est ce sur quoi les relationnistes doivent miser pour tirer leurs épingles du jeu.

L’influence s’entretient, et ceux qui en jouissent le savent. Dans cette optique, le rôle des relationnistes est d’engager la conversation avec ces influenceurs afin de les aider à enrichir leur contenu et à connecter avec leur auditoire. Les compagnies ont tout à gagner à investir davantage dans la stratégie de relations publiques, plutôt que dans la publication en soi.

Human to human, le nouveau B2C

Ainsi, le véritable potentiel du marketing d’influence réside dans la relation d’influence, et doit aller bien au-delà de la transaction. Une approche centrée sur l’influenceur en tant qu’individu, et axée sur sa personnalité et sa ligne éditoriale captera non seulement l’attention du public cible, mais ouvrira aussi la porte à une relation durable entre l’influenceur et le relationniste.

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L’approche Business to Consumer est chose du passé, voilà l’héritage des réseaux sociaux. La raison pour laquelle des centaines de milliers de spectateurs se rivent devant leur écran pour suivre assidûment un youtubeur est la suivante: ils s’identifient pour la première fois à un égal atteignable plutôt qu’à un idéal inatteignable comme toutes autres célébrités.

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Deux ministres dans la tempête

La tempête de neige qui s’est abattue le 14 et 15 mars dernier sur le Québec, laissant entre 40 à 45 centimètres sur son passage, a été un véritable cauchemar pour certains. 300 automobilistes se sont retrouvés pris au piège toute la nuit sur l’autoroute 13 sans aucune information sur l’évolution de la situation. Même si la tempête avait été annoncée depuis plusieurs jours, les services d’urgence, le ministère des Transports et celui de la Sécurité publique n’ont pas été en mesure de venir en aide à ces victimes.

Passer deux ou trois heures dans le trafic sur l’autoroute, c’est une situation exceptionnelle, mais passer dix à douze heures en arrêt total dans le blizzard, c’est une situation d’urgence. Une avalanche de critiques ont été formulées à l’endroit du ministre des Transports, Laurent Lessard, et du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui ont tardé à réagir mercredi malgré l’ampleur de la tempête. Ils auraient supposément appris mercredi matin en arrivant au bureau l’état de la situation. La performance des porte-paroles, soit les deux ministres responsables, a été catastrophique. Comment ont-ils géré la situation?

Quoi faire en cas de crise

 En gestion de crise, les premiers instants sont cruciaux. Même si les crises ont des origines multiples, voici le top 7 des pratiques à adopter.

  • La mise en œuvre rapide d’une communication est nécessaire : il faut prendre la parole rapidement et rassurer les gens pour qu’ils sachent que l’évènement est pris en charge
  • La communication exige suffisamment de rigueur (aucune place à l’improvisation ni au hasard)
  • Il faut donner l’information disponible et vérifiée aux médias au fur et à mesure
  • Employer un porte-parole crédible qui fait preuve d’honnêteté et de transparence
  • Mettre l’accent sur la dimension humaine : maintenir la confiance, prendre en compte les inquiétudes
  • Le dirigeant doit prendre la parole et assumer pleinement les actes de son entreprise
  • Le but d’une gestion de crise est de restaurer la confiance

Autopsie d’une gestion de crise ratée 

La façon dont les ministres responsables ont géré le cafouillage de l’autoroute 13 a été un flop monumental.

  • Aucune mise en œuvre de communication : il y a eu une absence totale de réaction, ce qui est la pire solution en période de crise
  • Lors de leurs premières apparitions, on ne pouvait que constater l’improvisation des ministres dans cette gestion de crise
  • Dans les premières 24h, aucun communiqué de presse n’a été émis
  • Les ministres ne semblaient pas du tout être en contrôle de la situation
  • Lorsqu’on demande au ministre Lessard s’il a des excuses à donner aux gens qui ont passé la nuit dans leur voiture, on ne sent aucune compassion de sa part et un manque total d’empathie
  • Les ministres ne se sont pas excusés une seule fois. Il aura fallu attendre plus de 24h pour que le premier ministre Philippe Couillard s’excuse lui-même auprès des victimes au nom du gouvernement
  • Le ministre des transports, Laurent Lessard, était arrogant et engueulait même les journalistes :

Leçons à tirer

Si la communication avait été meilleure, la réaction populaire aurait été bien moins grande. Les ministres Coiteux et Lessard auraient bien à apprendre de Colette Roy Laroche, ancienne mairesse de Lac-Mégantic. Même si la situation du 14 mars dernier n’a pas eu l’ampleur de la tragédie ferroviaire, je crois que la façon de gérer une crise reste la même. La gestion de la mairesse était irréprochable : dès les premières heures, elle était partout à la fois. Véritable rockstar dans cette histoire, elle fut une porte-parole de grande qualité, en contrôle de la situation, incarnant responsabilité et sagesse. Messieurs les ministres, lors de la prochaine tempête, attachez vos tuques…

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Groupe Lafarge, buisness is buisness!

Quand le fournisseur de ciment, numéro un mondial, pactise avec le mal.

Le Groupe Lafarge est un gros joueur dans l’industrie de la construction. Fournisseur principalement de ciment, le groupe Lafarge possède des centaines d’usines, disséminées à travers le monde, y compris au Québec. Malgré son statut, l’entreprise traverse une période de crise suite à de lourdes accusations quant à ses relations avec l’État islamique. La tempête médiatique n’étant pas encore passé que l’entreprise replonge la tête la première en se portant volontaire pour fournir les matériaux du futur mur « Anti-migrants » de Trump…

Quand la responsabilité sociale d’une entreprise devient une blague.

Si on fait un rapide retour sur les faits. En juin 2016, Le Monde publie une enquête sur les arrangements qu’aurait passés la multinationale avec l’organisation terroriste dans le but de ne pas fermer son usine malgré les combats en Syrie. Prendre des arrangements douteux, au milieu d’un pays en guerre, avec la pire organisation terroriste ayant jamais existé, en étant signataire d’un code d’éthique qui s’engage à respecter les droits de l’homme, c’est la pire des mauvaises blagues . En plus, renchérir en proposant de fournir les matières premières pour construire le mur « Anti-migrants » de Trump, c’est assez inconcevable.

Certainement un cas qui devrait faire jurisprudence en matière de gestion de crise.

Seulement, les relationnistes de Lafarge sont restés vagues et  peu actifs. Pour se justifier, l’entreprise envoie un seul courriel à l’agence de presse britannique Reuters, précisant que la priorité de l’entreprise était de maintenir ses employés en sécurité alors que les combats se rapprochaient de l’usine. Il a été prouvé que les dirigeants ont été contacté par l’EI qu’ils ont rencontré pour négocier les termes d’une entente. Même s’il n’était pas question de ça au début, Lafarge a tout de même financé indirectement l’organisation terroriste.

Priorité aux affaires

Début Mars, Lafarge réitère avec un nouveau scandale. Suite à l’annonce du futur investissement de Trump, à hauteur de mille milliards de dollars pour sa politique de grands travaux, Lafarge, qui possède plusieurs usines aux États-Unis, se porte volontaire comme fournisseur de ciment. La sentence est sans appel, le gouvernement français réagit publiquement.

Hausse de ton et mise en garde…

À la suite de cet article, le gouvernement français a vivement réagis. Jean Marc Ayrault , ministre des Affaires étrangères, a rappelé à Lafarge que même si une entreprise ne fait pas de politique, elle a une responsabilité sociale, économique et environnementale.

Les intérêts économiques d’une entreprise sont-ils supérieurs aux enjeux diplomatiques?

Il est clair que pour Lafarge, c’est oui. Quand on sait que l’entreprise Vinci, leader mondiale du BTP,   préfère se tenir loin du mur de Trump pour la simple et bonne raison qu’elle veut respecter sa culture, ses employés et ses clients, c’est une orientation clairement en lien avec sa politique de relation publique. Il y a des projets qu’il ne vaut mieux pas toucher.

La politique de relation publique de Lafarge.

Comment est-ce possible qu’une entreprise de si grande envergure persiste dans un comportement intolérable et doive passer au travers de crises successives. L’argument « les affaires sont les affaires » y est surement pour quelque chose. On peut penser que les relationnistes de Lafarge doivent s’arracher les cheveux quant aux choix stratégiques de leur entreprise. Utiliser se prétexte revient à se dédouaner complètement de toute responsabilité sous couvert d’un argument qui n’est aujourd’hui plus valable, car oui, aujourd’hui une entreprise de cette stature fait de la politique et les relations publiques doivent être au coeur du processus décisionnel pour éviter ce genre de bavure à répétition.

Conséquence de ce comportement : La ville de Paris révoque le contrat « Paris-plage » qu’elle avait depuis 2002 avec le géant du ciment, car les Parisiens ne cautionnent pas une entreprise qui marchande avec les terroristes et soutient des projets inacceptables.

Ce n’est certes pas un énorme manque à gagner pour Lafarge, mais c’est une coup dur pour son image publique.

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MAYDAY! MAYDAY! Quoi NE PAS faire en gestion de crise selon Bombardier

La polémique entourant la multinationale québécoise, qui s’est vu offrir un temps média incroyable dans la dernière semaine, n’a plus besoin de présentation. Malheureusement pour Bombardier, la gestion de cette crise est probablement l’une des pires dans l’histoire du monde des affaires québécois. Afin d’éviter un autre écrasement spectaculaire comme celui-ci, voici une liste non exhaustive d’éléments qui n’ont pas très bien fonctionné dans le pilotage de cette crise.

1. Un communiqué de presse qui s’autocoupe les ailes

Monsieur Jean C. Monty, président du Comité des ressources humaines et de la rémunération chez Bombardier, a publié un communiqué de presse qui se veut une « lettre ouverte » samedi, le 1er  avril. Monsieur Monty espérait rétablir les faits, mettre en contexte et cherchait désespérément à justifier ces bonifications et à défendre la position prise par la compagnie. Malheureusement, ce n’était pas un poisson d’avril et ce fut, en effet, un échec. Plusieurs journalistes, analystes et chroniqueurs politiques ont dénoncé le manque de transparence de la multinationale et se sont indignés devant tout le verbiage et les arguments séduisants mais fautifs retrouvés derrière la plume de Monty. Celui-ci laisse plus de questions qu’il donne de réponse et la population québécoise et les gouvernements restent insatisfaits, insultés et encore plus en grogne contre la compagnie – ce qui est exactement le contraire de ce qui était recherché avec ce type d’intervention.

2. Le silence radio dans la tempête

Bien que le président du conseil d’administration, Pierre Beaudoin, a annoncé vendredi qu’il renonçait à son augmentation, c’est le silence total quant à la suite des choses chez les autres membres de la direction et au département des communications de Bombardier. Tel que l’explique la stratège en réputation chez Weber Shandwick, Leslie Gaines-Ross, dans son article « What CEOs Should Know About Speaking Up on Political Issues » publié dans le Harvard Business Review, il est impératif pour une compagnie d’être proactive en cas d’une attaque publique (surtout celle d’une telle ampleur) et le silence n’est en aucun cas une route à prendre. Les dirigeants et l’équipe de communication d’une compagnie doivent avoir, au préalable, anticipé les questionnements, les menaces, les crises possibles suivant une décision et doivent toujours être prêts à répondre avec des messages-clés.

3. Aller à contre-courant de l’opinion publique 

Ce n’est pas seulement Bombardier qui doit jongler avec la mauvaise presse relativement à ce dossier. Malgré cette crise de confiance et la colère des contribuables, les gouvernements Couillard et Trudeau se sont positionnés de la même manière, ne disant que « fondamentalement, c’est une question qui regarde l’entreprise et ses actionnaires » et ne semblent pas s’indigner plus qu’il faut de l’indécence de la hausse des salaires – contrairement à la majorité des Québécois.

Bon coup : utiliser le momentum médiatique

À l’opposé des gouvernements au pouvoir, les autres partis politiques profitent du momentum et prennent des actions à l’encontre de la décision de Bombardier et montre du doigt les équipes de Couillard et Trudeau de ne pas mieux réagir à cette crise politique et d’être aussi déconnectés de l’opinion publique. Le Parti Québécois, par exemple, a passé en mode attaque et a lancé une motion demandant à tous les dirigeants à renoncer à l’augmentation de leur rémunération.

Québec Solidaire, quant à lui, a organisé une manifestation dénonçant les hausses de salaires des hauts dirigeants le dimanche 2 avril, où ont protesté quelque 200 personnes devant le siège social de l’entreprise à Montréal.

Une leçon à tirer de ce tollé ?

La réponse à cette question est simple : TOUJOURS ÊTRE PRÊT. Bombardier aurait dû l’être et prévoir un plan A, B, C, D et surtout prévoir l’imprévisible, ce qui n’a pas été fait dans le présent dossier.

Est-ce que cela causera la fin de l’amour inconditionnel entre le fleuron et les Québécois ? À suivre!

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Via Rail déraille, malgré ces bonnes intentions

Via Rail annonce une promotion monstre dans le cadre du 150e anniversaire du Canada : 150$ pour une passe donnant le droit aux jeunes (12-25 ans) de voyager par train, partout au Canada, illimité pendant tout le mois de Juillet.

Par contre, la compagnie ne semble pas avoir évalué l’étendue de la popularité de sa promotion.

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D’un angle de Relation Publique, je ne crois pas que les conséquences avaient été suffisamment considérées. En effet, il ne semblait pas y avoir un plan d’action élaboré en cas de problème. De plus, il n’était pas suffisamment clair que le nombre de billet était limité.

De toute évidence, ils ont choisis le meilleur public cible pour être populaire . Le mardi ils lançaient la vente des passes. Le Mercredi, Via Rail annonçait que dû à la trop grande demande, ils devaient suspendre la vente. Finalement, le jeudi matin Via Rail annonçait que toutes les passes disponibles avaient été vendues (1867 chanceux initialement, pour ensuite en avoir vendu 4000 à cause de la grande demande!)

Les clients ne sont pas satisfaits 
Ça aurait dû être écrit en caractère gras que les passes étaient limité, pour éviter de la confusion et de la déception. Une cliente insatisfaite à fait part à CBC que les supports de services à la clientèle n’étaient pas suffisent et qu’elle a été mal informé.

Parce qu’il faut garder en tête qu’il est très rare lorsqu’une promotion comme celle-ci est offerte, même si elle peut sembler généreuse, qu’elle est nécessairement bonne pour la compagnie.
Dans un sens, le nombre personne satisfaite est pauvre en comparaison au nombre de personne déçu. Parce qu’il faut prendre en compte les gens exclue du groupe d’âge, les gens qui n’ont pas pu avoir de passe et aussi il ne faut pas oublier que les places sont limités même pour ceux ayant pu avoir une passe.

Nous sommes agréablement surpris et, surtout, enchantés de voir que notre offre a causé une si forte réaction. Nous voulions aller rejoindre les jeunes dans leur endroit de prédilection, soit les médias sociaux. C’était un franc succès qui nous permet de constater une fois de plus la force de frappe des médias numériques, incluant les médias sociaux. a déclaré le président et chef de la direction de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano.

Même s’il est vrai que la nouvelle s’est très vite répandue sur les médias sociaux, les réactions des gens se répandent aussi rapidement! L’opinion publique est un couteau à double tranchant !

 

Bref, est-ce qu’il est prudent d’offrir de grande promotion pour promouvoir nos services si on ne peut pas en faire profiter une grande majorité ?
Ou est-ce un cadeau empoisonné ?

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Dénouement décevant pour VIA Rail suite à la promotion annoncée dans le cadre du 150e anniversaire du Canada

 

L’organisation a annoncé la mise en vente de passes au coût de 150$ en vue de souligner le 150e anniversaire du Canada. Avec cette passe, les jeunes de 12 à 25 ans peuvent voyager partout à travers le Canada durant le mois de juillet. 

Que s’est-il passé?

En se rendant sur le site Internet de VIA Rail, les jeunes tombaient sur une page leur annonçant que la vente n’était pas disponible en raison de difficultés techniques. Pourtant, sur le compte Twitter de l’organisation, on rassurait les gens inquiets de ne pas pouvoir se procurer la passe puisque le nombre disponible était illimité.  Ensuite, c’est en raison de la demande élevée que la vente a été suspendue sur le site Internet. Un autre tweet publié plus tard annonçait la vente de 986 passes et qu’il était encore possible de s’en procurer une jusqu’à ce que le nombre total atteigne 1867, après quoi la vente cesserait pour de bon. On passait donc de promettre une passe à tous les jeunes qui en désirent une à limiter le nombre de passes disponibles.

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Vous devez donc vous douter que le déroulement de ces événements a occasionné de l’insatisfaction. C‘est le cas, mais ce n’est pas ici que la saga se termine. Malgré que l’information divulguée par l’équipe des réseaux sociaux soit erronée, il n’en a pas été mention dans le communiqué divulgué par VIA Rail le lendemain, ce qui a alimenté la flamme chez les personnes qui étaient déjà déçues de ne pas avoir pu se procurer leur passe. Il est évident qu’ils auraient dû s’attendre à autant d’engouement de la part des jeunes de 12 à 25 ans, qui représentent d’ailleurs une partie non-négligeable de la population canadienne.

Est-ce à quoi nous devons nous attendre pour le futur de la gestion de crise?

Autrement dit, VIA Rail n’a pas été efficace dans sa gestion de crise qui a placé l’organisation encore plus dans l’eau chaude qu’elle ne l’était déjà pour les raisons énumérées ci-dessus. Elle s’est mise les pieds dans les plats en proposant une solution, soit celle de rouvrir la vente jusqu’à 4000 passes. Ce faisant, VIA Rail a omis de reconnaître qu’elle avait sous-estimé la popularité de cette offre et qu’elle n’était pas adéquatement préparée afin de répondre à cette demande sans précédent. Je crois qu’il aurait été préférable pour l’organisation d’assumer pleinement ce faux pas afin d’éviter autant de frustration du côté du public et ainsi ne pas affecter son image.

Selon moi, le public aurait préféré que l’organisation reconnaisse l’erreur qu’elle a commise et qu’elle annonce un autre événement semblable dans un délai raisonnable. Cependant, elle a vaguement adressé ce problème sans toutefois assumer la pleine responsabilité. Nous avons vécu récemment, au Québec, une piètre gestion de crise se rapprochant de celle dont il est question dans ce billet. Lors du cauchemar de l’autoroute 13, le ministre des Transports, le ministre de la Sécurité publique, le maire de Montréal et autres se sont renvoyé la balle un après l’autre pour trouver une personne à blâmer.

À mon avis, et je suppose que je ne suis pas la seule, une gestion de crise efficace devrait avant tout reposer sur le regain de la confiance du public. Ce n’est pas en pointant d’autres acteurs du doigt qu’il est possible d’arriver à ce résultat, mais plutôt en travaillant à trouver des solutions pour minimiser les dégâts.

Pour lire le communiqué de presse, cliquez ici.

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La LNH ne participera pas au Jeux olympique de 2018

Nous ne verrons pas de Carey Price ou de Sidney Crosby. Le verdict est tombé aujourd’hui, les joueurs de la LNH ne participeront pas aux prochains Jeux olympiques de PyeongChang en 2018.

Une Guerre qui perdurait depuis déjà un bout depuis que le nouveau président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, avait mentionné, l’été dernier, que le CIO ne couvrirait plus les frais de dépenses des joueurs de la Ligue nationale de hockey (transport, assurances, allocations), lui qui les absorbe depuis les cinq derniers Jeux d’hiver.

D’un côté le commissaire de la ligue avoue qu’aucune équipe de la (LNH) n’a envie d’assumer ces dépenses assez exubérantes, il faut le dire. Bien qu’il soit comprenable que les propriétaires d’équipes ne voient aucune avantage à faire participer leurs joueurs à un tournoi qui met en péril leur saison régulière  dû au risque de blessures, les joueurs se disent très déçus de la situation. Évidemment, pour un joueur comme Crosby, Toews, ou Price qui carbure aux défis, ne pas pouvoir avoir la chance de représenter son pays et gagner une médaille est assez embêtant.

« Je ne vois pas le bureau des gouverneurs accepter de payer pour avoir le privilège de prendre part aux Jeux olympiques. D’autant que nous devons interrompre notre saison et que nous n’avons pas accès aux joueurs pendant la durée des Jeux et que nous ne détenons pas les droits de faire la promotion de leur participation à l’événement. », a déclaré le commissaire Bettman.

Ce dernier s’attend donc que les Comités olympiques prennent en charge les couts ou qu’ils trouvent un terrain d’entente avec la Fédération internationale de hockey (FIHG). Malheureusement, le Comité olympique canadien ne possède pas les moyens pour acquitter une telle somme.

De son côté, René Fasel, président de FIHG, trouve regrettable l’absence des joueurs d’élite aux Jeux olympiques et tente par tout les moyens de trouver une solution. On se rappelle que Fasel avait mentionné que les joueurs de la LNH ne pourraient pas participer aux Jeux de 2022 s’ils n’y allaient pas à PeyongChang, en 2018.

« Les Jeux olympiques, c’est le plus gros évènement sportif sur la planète. Cette une énorme plateforme avec une grande visibilité pour notre sport. Un évènement d’une si grande envergure comme le tournoi de hockey sur glace masculin mérite de mettre en compétition les meilleurs joueurs au monde. Je me sens dans l’obligation de m’assurer que nous continuions à offrir le meilleur niveau de compétition, pas seulement au bénéfice des amateurs de hockey sur glace, mais aussi pour montrer à toute la planète notre sport à son meilleur », a-t-il déclaré sur IIHF.com.

Nous risquons d’assister une fois de plus à un conflit entre les joueurs et les propriétaires de Ligue ce qui n’est jamais de bon augure. Rappelons-nous des deux derniers « lock-out » en 2004 et 2012. Par contre, certains joueurs, dont Alexander Ovechkin, ont mentionné vouloir aller représenter leur pays à n’importe quel prix.
Espérons que d’autres suivront son exemple pour le bien du sport.

 

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Jérémy Gabriel au festival Amnesia Rockfest 2017: Tête d’affiche ou tête de turc?

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Fondé en 2005, le festival Amnesia Rockfest de Montebello accueille 200 000 personnes par édition. Le Rockfest est aujourd’hui considéré comme le plus grand festival rock au Canada et l’un des plus grands festivals toute catégorie confondue à travers l’Amérique du Nord. C’est par son ambiance déjantée mélangeant camping et « moshpit »  et par sa programmation d’artistes rock, métal et death métal internationaux que le Rockfest a su se démarquer et devenir ce qu’il est.

C’est aujourd’hui à midi qu’était présentée la tant attendue programmation 2017 du fameux festival. Au menu : Rammstein, Alexis on fire, Queen of the stone age, Megadeath, Offspring, Iggy Pop et… Jérémy Gabriel!

La nouvelle étant à peine sortie, les réseaux sociaux débordaient déjà de commentaires de protestation mais surtout de commentaires mesquins à l’égard de Jérémy.

Ce festival a un public très niché. La population (je m’inclus) ne semble tout simplement pas comprendre le lien. Il n’y a pas de « fit » naturel entre Jérémy et le Rockfest.

Respectant profondément Jérémy Gabriel pour sa force de caractère, son excellente élocution et sa détermination, je ne peux malheureusement pas m’empêcher de me questionner.

En quoi Jérémy et le Rockfest sont-ils gagnants dans une telle association? Quel sera l’impact sur la réputation de chacune des parties? Qui saura gagner en capital de sympathie? Qui perdra en crédibilité?

Du côté de Jérémy :

Étant classé dans la catégorie « humour » du festival, Jérémy chantera à la blague une version métal de sa chanson « I don’t care ».  Il profitera donc de la notoriété du Rockfest pour se promouvoir et taper sur le clou du message qu’il souhaite passer : Je me fou de ce que vous pensez. La carte de l’autodérision et de la parodie ne me semble pas être la plus pertinente à ce stade-ci de sa carrière. Jeremy n’a pas d’image de marque en tant qu’artiste et sa réputation a été ternie par la récente saga Ward-Gabriel. Jérémy devrait d’abord se positionner en tant qu’artiste et choisir quelle apparition publique serait le plus profitable à son image et à sa réputation.

Du côté de l’organisation du Rockfest :

Qu’arrivera t’il si Jérémy se fait huer et insulter lors de sa prestation? Le Rockfest se fera probablement accuser d’un manque d’empathie et d’avoir directement jeté Jeremy dans la gueule du loup. En outre, certains artistes n’ont tout simplement pas leur place partout. Il me semble improbable que Rammstein fasse la première partie du spectacle de Céline Dion. Aussi respectable et grandiose soit-elle, Céline Dion n’a pas non plus sa place au Rockfest. Ce n’est tout simplement pas cohérent. Comme mentionné plus tôt, le choix de la programmation est ce qui a fait le succès du festival. C’est aussi ce qui pourrait entacher gravement sa réputation et sa crédibilité.

Sur le plan des relations publiques, cette association était très délicate. Après avoir constaté la réaction des fans, je crois qu’il serait impératif de la part du Rockfest d’expliquer sa décision et de « spinner » positivement la situation en sa faveur et en faveur de Jérémy Gabriel.

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Un mot de trop pour New Balance?

La compagnie américaine New Balance vit présentement des moments très difficiles subissant une énorme crise depuis que le vice-président des affaires publiques, Matthew LeBretton ait peut-être échappé quelques mots de trop en entrevue. Évidemment, une gestion de crise des plus serré est présentement en exécution pour ramener l’organisation sur la route le plus vite possible. C’est dans des cas comme ça qu’on réalise qu’une toute petite erreur, une toute petite maladresse peut entrainer d’énormes conséquences sur une organisation d’où l’importance du travail du relationniste de préparer son équipe et surtout son porte-parole de manière méticuleuse.

Au lendemain de l’élection présidentielle américaine, Matthew LeBretton a été interrogé par Sara Germano, une journaliste du quotidien Wall Street Journal sur l’Accord de partenariat transpacifique (PTP). C’est à ce moment précis que le vice-président des affaires publiques de New Balance s’est mis les pieds dans les plats allant d’une affirmation choc qui a littéralement enflammé les médias sociaux mais surtout Twitter. Matthew LeBretton a reproché à Barack Obama d’avoir fait «la sourde oreille à New Balance en rajoutant que le sentiment de l’entreprise était que les choses iraient dans la bonne direction avec le nouveau président Donald Trump», qui veut abolir le PTP. Ce commentaire était de trop dans un contexte où l’élection de Donal Trump ne fait pas l’unanimité aux États-Unis. L’équipe des communications de New Balance ont du immédiatement se mettre au travail pour limiter les dégâts de Matthew LeBretton. En effet, dès la déclaration sortie, une avalanche de tweets colériques en ont suivis car les américains mécontents reprochent à New Balance de soutenir publiquement Donald Trump.  Plusieurs vidéos ont été publiés montrant des personnes brûler ou jeter leurs vêtements ou leurs souliers New Balance en guise de protestation. À ce moment, New balance n’avait pas d’autres choix que de réagir. Deux communiqués de presse ont été publié très rapidement pour calmer la situation. Dans ces communiqués, l’organisation tient à rappeler à la population que l’abolition du PTP est «une position défendue par le président Trump, mais aussi par Hillary Clinton et Bernie Sanders et que de soutenir la position de Donald Trump sur le PTP n’équivaut pas à soutenir l’ensemble de ses déclarations.» Malheureusement pour New Balance qui semblait avoir fait du bon travail de gestion de crise, un blogueur suprémaciste blanc du nom de Andrew Anglin a déclaré que les New Balance sont «les chaussures officielles du peuple blanc». Immédiatement, l’organisation a fait un pas en arrière et est de nouveau dans l’embarras. L’affirmation a été démenti sur toutes les plateformes le plus rapidement possible pour rassurer la population.

Leçon à retenir?

Cette crise aurait pu très bien être évité par New Balance avec une meilleure préparation du porte-parole et une meilleure connaissance de la société américaine actuelle. Selon Silvie Letendre, vice-présidente de l’agence de relations publiques Capital-Image, «un communicateur expérimenté, qui doit normalement défendre les valeurs et la bonne réputation de l’entreprise, aurait dû savoir que ses propos risquaient d’aliéner la moitié des clients de New Balance. On peut entrevoir qu’il y aura sûrement une baisse des ventes aux États-Unis à court et à moyen terme.» Cette maladresse aurait pu être évitée si Matthew LeBretton avait été plus attentif à ses publics cibles et à leurs valeurs. Une organisation peut encourager des valeurs positives comme l’environnement, la justice sociale ou le féministe par exemple mais il est déconseillé d’encourager ou de s’identifier à un mouvement politique ou à un leader politique. Il est mieux de rester neutre face à ce genre de débat si on ne veut pas affecter notre marque de commerce. Silvie Letendre rajoute: «avec l’ascension de Donald Trump à la présidence, on peut s’attendre à de nombreuses autres tempêtes de réputation de marque qui ne seront tristement que le reflet de la société américaine actuelle».

http://www.infopresse.com/article/2016/11/17/new-balance-d-une-maladresse-a-une-controverse

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